Terrae, Une nouvelle ère commence...

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[EVENT-1] L'eau vive | Mekaro
#   Mer 6 Déc 2017 - 17:01
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Le monde se déchaine, lointaine elle l’observe s’écrouler.

L’alerte a été donné, tous pensent avoir un rôle à jouer. Elle ne joue pas. Elle ne veut pas être le personnage principal d’une tragédie. Elle les juge, silencieusement, elle est habituée depuis son plus jeune âge à la violence. Elle a grandit dans un pays violent, un pays où être une femme condamnait à la violence. Elle a été protégée par la force de sa mère tant qu’elle n’était qu’une enfant, elle l’a ensuite été par sa faiblesse et sa crainte. Ne se dressant que pour protéger sa sœur, l’entrainant à sa suite quand elle savait le combat perdu d’avance.

Des pleutres et des déserteurs il s’en sauve toujours quelques-uns en temps de guerre… Et la guerre elle connait, combien de fois se sont-elles cachées tremblantes avec Adjambo dans l’unique placard de leur taudis ? Trop. Quand les hommes crient la haine sous couvert du changement, les enfants saignent pour eux. Elles n’auraient été que des victimes collatérales, comme l’avait été Sitah leur voisine, la mort ce jour là n’était passée qu’à une taule de là.

Elle les regarde courir à leur perte, ils se croient forts ? Ils mourront juste les premiers. Elle ne confond pas force et témérité. Pour se protéger ils s’exposent, elle ne les comprend pas.

Afya marche telle une ombre, avec discrétion elle se glisse dans les cuisines par l’arrière. Elle connait ce chemin, elle l’emprunte régulièrement pour aller travailler. Elle aide aux cuisines, elle connait les codes, a les clefs. Elle remplit son sac de nourriture non périssable. Qu’elle vienne la prendre ce soir ou maintenant… ce n’est pas du vol car cette nourriture on la lui aurait donnée. Et si les vivres viennent à manquer, elle pourra fournir ses amis.

Elle ne les comprend pas eux non plus, pourquoi s’exposent-ils ? Pourquoi se portent-ils volontaires pour des tours de garde… pourquoi manquent-ils de prudence malgré ses avertissements ? Elle n’a point de réponse, aussi la noire agit-elle pour eux sans comprendre. S’ils s’en sortent, elle veut leur offrir un endroit sécure où rentrer. Une cachette.

Elle reprend sa route rapidement. Elle a beau être certaine que ce n’est pas du vol, elle ne veut pas qu’on s’en prenne à ses réserves plus tard quand les vivres manqueront. Silencieuse, elle tourne à l’angle d’un couloir et percute quelque-chose. Quelqu’un. Elle reste étourdie un instant assise sur son séant.




Dernière édition par Afya Soubagamousso le Lun 8 Jan 2018 - 15:39, édité 1 fois
#   Mer 6 Déc 2017 - 18:41

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Mekaro sait qu'il est étrange... Au bout d'une année à Terrae, il a fini par enfin l'assimiler. Il a fallu que l'hiver arrive pour qu'il comprenne qu'il devait mettre un pantalon. Enfin, "devait", parce qu'il avait beau être un guerrier, il aurait jamais cru avoir vraiment froid un jour. L'humidité de la jungle la nuit n'est rien à côté du froid de ce pays. Par contre, il n'arrivait pas à mettre quoi que ce soit sur son torse. Ça le grattait, c'était insupportable. Il faisait de l'effet dans les dortoirs. Les gens fixaient ses tatouages kayapos, ce serait faux de dire qu'il en ressentait pas un minimum de fierté... En parlant de dortoir, il vit les gens aller et venir à mesure des arrivées de novices et des départs de ceux qui recevaient leurs pouvoirs... Mekaro n'était pas inquiet. Il est le Jardin de la Pluie, en plus d'être le Mangeur d'Âme. Il prenait son temps... Et au vu de ce qu'il se passait, il était content de ne pas en avoir, de pouvoirs. Ce jour-là, dans la cour, il a vu tellement d'âmes s'effondrer de chagrin, de colère,... Il ne sut d'abord où aller pour aider ceux qui semblaient déchirés par leur état jusqu'à ce qu'il tombe sur un enfant en pleurs... Il l'a pris dans ses bras et la mené vers un groupe où d'autres enfants se trouvaient, tout en lui chantant des airs apaisants de chez lui.

Depuis, il ne faisait que ça. Le couvre-feu était un rappel de ce qu'il avait vécu dans la jungle ; il ne fallait pas sortir la nuit sinon on risquait de se faire dévorer. Pour une fois, il appliqua les règles. Ensuite, de jour, il faisait des rondes. Il observait les gens et ceux qui semblaient perdus, ou sur le point de pleurer, il allait leur sourire, les guidant jusqu'à un endroit qui leur plaisait, contant ses histoires de guerriers de la jungle, chantant parfois, jouant de sa flûte ou simplement en les écoutant. Mekaro était le calme. Mekaro était les oreilles et le cœur apaisé. S'il pouvait aider ceux dans le besoin, au moins une fois, il était bien heureux de le faire... même s'il était étrange pour eux. Ce n'était plus ce qui importait dans leur situation. Il comprenait à peine ce qu'il se passait, mais il restait à l'affût... C'est pourquoi il continuait à faire ses rondes, presque obstinément, murmurant la Mawaca, comptine de son enfance, imitant les cris des oiseaux de sa jungle natale.

Puis au détour d'un couloir, quelqu'un le percute. Il baisse ses yeux. Une femme est tombée tandis qu'il est resté droit. Il lâcha une onomatopée surprise avant de se baisser pour lui tendre une main secourable. Son sac s'était ouvert, faisant tomber de cette nourriture étrange dans des boîtes de fer ou des sachets que les kubes appellent "plastique". :

-Pardon mekrare... euh... madame. Vous allez bien ?

Puis il tiqua. Ce n'était pas la couleur de peau plus foncée que la sienne, non, même si Mekaro était toujours choqué de voir des gens plus clairs que lui, se demandant de quel élément autre que l'eau ils pouvaient sortir... C'était le regard aussi clair qu'un ciel en colère... et toute la nourriture qu'elle avait mis dans son sac. Avait-elle faim ? Puis sa gentillesse reprit le dessus... :

-Vous voulez de l'aide ? Je peux porter si vous voulez.


#   Mer 6 Déc 2017 - 22:14
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Elle met un moment à lever les yeux vers la forme qui devient un homme. Son sac ouvert laissé s’échapper des boites de conserves dans un bruit qui à lui seul aurait suffi à l’apeurer. Elle n’aime pas les bruits soudains, elle n’aime pas les bruits forts. Le bruit la surprend plus que l’impact du sol sur son séant. Elle ne se saisit pas de la main tendue. Elle lui fait peur cette grande main noire. Elle recule imperceptiblement.

« Tout va bien. »


Elle n’a pas dit qu’elle va bien. Elle ne va pas bien, son cœur s’affole, et la peur pulse dans ses veines un instant. Une peur qu’elle semblait avoir oubliée, ici, à Terrae. Les hommes blancs sont moins violents que les noirs a-t-elle conclue. La distance interpersonnelle socialement acceptable sur ce continent est plus grande que chez elle, et ça lui convient tout à fait. Les années de réconfort ont entamé sa méfiance, mais trop de chocs simultanés l’ont réactivée.

Elle se calme pourtant seule et en un laps de temps assez bref. Malgré les temps troubles, elle est à Terrae. Elle n’a rien à craindre de lui… N’est-ce pas ? Ici, les hommes ne violentent pas les femmes… Mais il ne vient pas d’ici. Elle ne connait pas ses tatouages. Les hommes des autres contrées se tatouent, il n’est pas rare d’en croiser même dans le bidon ville. Les gens y passent et en repartent trop vite pour qu’elle n’apprenne à tous les connaitre mais ceux qui y naissent y meurent souvent.

Elle aimerait refuser, refuser qu’il l’aide, mettre fin à cette entrevue qui la met déjà mal à l’aise. Elle ne le fait pas. Refuser l’aide de quelqu’un c’est attirer son attention, elle ne veut pas attirer l’attention. Elle veut qu’il l’oublie, qu’il oublie qu’elle a de la nourriture. Alors elle ne s’opposera pas à lui.

« Si tu veux. »

Elle a eu du mal à le dire. Du mal à se forcer à accepter la présence de cet homme si grand à ses côtés. Elle se force, elle cache et calme sa peur en se répétant mentalement qu’elle est à Terrae et que même en ces temps trouble aucun des habitants des lieux ne lui fera de mal. Folie. Elle le sait, c’est justement en des temps troubles que l’homme redevient un lion pour l’homme. Elle n’est pas en sécurité, mais elle ne le sera pas plus s’il se souvient d’elle. Alors la timide, l'insipide, se fait plus ombre qu'elle ne l'est. Elle ramasse les boites roulées au sol et les range rapidement dans le sac avant que quelqu'un d'autre attiré par le bruit n'arrive.

« Allons-y ? » dit-elle en lui tendant le sac.


#   Ven 8 Déc 2017 - 20:24

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Elle a, dans son regard de ciel gris, l'expression d'une proie acculée. Mekaro, même en tant que chasseur, n'a jamais apprécié créer ce genre d'émotion chez les gens, chez les animaux, chez n'importe quel être capable de ressentir cette peur bien particulière. Il retira tout doucement sa main, la garda contre lui... Il avait gardé l'habitude, bien de chez lui, de s'exprimer par les gestes plutôt que par les mots, quitte à souvent être incompris. Mais on ne pouvait pas le retirer de sa jungle aussi facilement. Comme cette femme semblait revivre des événements d'une vie douloureuse, en disant pourtant que tout allait bien. Il hocha la tête lentement. Si elle était plus à l'aise avec les mots, il l'écouterait. Il se redressa après elle. Elle lui passa son sac et seulement il tendit la main pour le récupérer avec un sourire et un son grave de la gorge. Celui qui acquiesce. Il passa son épaule large dans la bandoulière et la laissa passer devant, puisqu'il n'avait aucune idée de l'endroit où elle voulait aller.

Les couloirs avaient beau être animés, la mekrare passait presque inaperçue dans la foule... Elle se déplaçait comme l'anguille dans le fond d'une rivière, imperceptible pour le regard des inattentifs. Tout le contraire de Mekaro en somme, qui devait s'excuser chaque fois qu'il devait passer dans un endroit trop bondé ou étroit... Ça l'angoisse un peu, autant de monde dans un lieu si clôt... Mais il s'y fait, il s'y plie. Sinon il n'aurait jamais appris à marcher parmi les kubes. D'ailleurs, au détour d'un couloir un peu moins bondé, des meprires s'approche sourire immense sur les lèvres. Mekaro met le sac dans son dos lorsqu'il s'accroupit, pour ne pas qu'ils voient ce qu'il se trouve à l'intérieur... Vu la réaction défensive de la mekrare un peu plus tôt, il se dit que c'est une bonne idée. :

-Je suis occupé à aider cette jeune femme, meprires...

-Oui mais dis ! Dis ! Juste- Fais le bruit de l'eau !

-Oui ! Celui que tu fais quand tu chantes !

Mekaro soupire mais avec un sourire attendri et il s'exécute. Il fait le bruit de la rivière qui coule entre les pierres, le bruit de la matrice d'où vient chaque Mebêngôkre. Et devant les gloussements des petits, il ajoute le cri d'un oiseau chanteur, appelant sa famille dans la cime des arbres de la jungle. Il y a un bruit d'admiration unanime avant qu'il ne se relève en tapotant la tête d'un tout petit. :

-Maintenant c'est fini. Retrouvez votre chemin petits meprires.

Ils repartent tout joyeux et Mekaro fait un petit signe de la main avant de se tourner vers la mekrare. :

-Pardon pour ça. dit-il en amenant doucement une main à ses lèvres qu'il frôle. Je te suis.


#   Sam 9 Déc 2017 - 16:04
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Est-ce qu’on vous a appris à ne jamais ramener un inconnu devant chez vous quelle qu’en soit la circonstance ? La confiance n’a jamais été un du, mais un acquis qui venait avec le temps. Le temps lui manquait. Insouciante, elle ne l’est plus assez. Elle aimerait penser, mes les mots s’envolent trop rapidement pour former des phrases et les phrases sont trop lointaines pour être comprises. Elle est mal à l’aise, et c’est bien triste qu’elle soit à ce point fermé à la douceur de l’homme qui l’accompagne. C’est un affront qu’elle lui fait de ne voir la gentillesse avec laquelle il la traite, peu se seraient proposés de l’aider en ces temps troubles. Peu ne l’auraient pas accusé de vol pour simplement faire d’elle un défouloir à leur tension.
Elle n’y arrive pas. Il est là, trop imposant. Trop noir. Trop ce qu’il est. Trop proche de cauchemars devenus souvenirs ou de souvenirs devenus cauchemars. Elle est silencieuse, aux aguets. La nourriture n’est plus importante, plus autant que la sournoise sensation de danger qui s’instille comme un poison dans son regard. Elle ne voit point la beauté de l’homme et de sa langue, elle ne voit point leurs similitudes s’arrêtant sur une vision de lui qui ne lui ressemble pas. Une vision qu’elle projette sur lui.

Les enfants stoppent leur chemin et la tension s’estompe un instant. Trop bref, ses pensées reviennent assez proches pour être saisies. Elle pense que c’est beau, mais l’instant est fini avant même d’avoir gagné en présence et les craintes reviennent, elle les éloigne parce qu’elle a saisi un conte en devenir.

« Tu peux recommencer ? »
demande-t-elle.

Le conte n’est pas loin mais les mots sont légers, elle essaie de se concentrer puis elle saisit, ce n’est pas à elle de le raconter. Ce n’est pas son histoire, c’est celle d’un autre. Lui aussi a une histoire et cela la calme en captant son intérêt.

« D’où vient le chant de ta rivière ? »
finit-elle par demander.


#   Mer 27 Déc 2017 - 12:22

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Quand il s'est redressé et excusé, la sombre mekrare n'avait plus tout à fait la même expression. Elle est toujours craintive mais aussi intéressée, les yeux qui brillent d'une curiosité qu'il n'a pas vu depuis longtemps dans un regard adulte. Il bat plusieurs fois des paupières se demandant s'il ne rêve pas, mais non... Elle lui demande bien de recommencer, d'imiter à nouveau les sons de sa jungle, des esprits qui l'habitent... de sa maison. Il a un sourire timide, baissant légèrement les yeux, mais il s’exécute tout de même l'instant d'après, content. Le bruit de la rivière, il le fait avec sa langue et sa gorge. L'eau qui roule sur les pierres, d'un claquement de doigts sur ses joues. Recréer les échos de la matrice de son peuple lui est aussi naturel que de respirer. Il continue encore un peu, en fermant les yeux... Il revoit la rivière non loin de son village, celle où, lorsqu'il y avait encore du poisson, il allait pêcher avec les meprires avec les tiges de timbo, et où, lorsqu'elle était encore claire et vive, il allait se baigner avec ses frères et sœurs. Le souvenir pourrait être douloureux, mais il le chérit tant qu'il sourit à nouveau. Apaisé.

Quand il rouvre les yeux, elle lui demande d'où vient son chant. Il ne se souvient pas qu'on lui ait posé la question... à part Petite Lumière qui était venu le chercher et qui faisait tout pour se montrer respectueux des traditions, ici, on faisait peu de cas de son identité... tant qu'il mettait un pantalon pour couvrir les parties intimes dont les kubes ont apparemment très peur. Mekaro superpose ses deux immenses mains, l'une sur l'autre, et unit ses doigts les uns les autres, les faisant glisser. :

-Mon peuple s'appelle Mebênkôgre, le peuple de l'eau. Nous vivions de l'eau, nous étions l'eau de la jungle ; à la fois vif et pur, puissant et calme, et vivant. Et un jour, la terre nous a appelé, mais les esprits de la jungle sont forts, parfois fourbes, nous le savions. Alors mon peuple a chanté les esprits de la jungle pour les apaiser, il a chanté la terre pour la remercier de nous accueillir et il a chanté l'eau, notre berceau, pour tout ce qu'elle a fait et continue de faire pour nous. Alors le peuple chante encore, toujours pour apaiser et remercier.

Mekaro expire lentement... Ça lui fait du bien de parler de l'histoire des kayapos. L'eau, leur mère et la terre, leur père, en quelque sorte. Les deux lui manquent énormément. :

-On chante souvent le chant premier, mais surtout quand on reçoit nos prénoms. Si on reçoit nos prénoms, l'on devient entier alors chanter l'eau et la terre, c'est important pour nous à ce moment.

Et puis c'était son chant préféré... Il avait toujours préféré ses prénoms faisant référence à la pluie plutôt que celui du Mangeur d'Esprit.


#   Dim 31 Déc 2017 - 0:22
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Il est étrange pense-t-elle. Jamais elle n’a croisé de tel phénomène, mais avec un peu de distance elle ne peut qu’admirer la façon dont il tend son visage, les expressions qu’il prend lorsqu’il ferme les yeux pour chanter sont douces. Trop peut-être pour son visage, cela ne le rend que plus étrange, harmonieux peut-être ? Elle ne sait quel terme offrir à sa bizarrerie alors elle décide qu’il n’en aura pas. Elle trouvera plus tard, la crainte quitte son regard, la curiosité la remplace. Bien loin se sont éloignés les tambours de guerre, leur son a faibli devant celui d’une lointaine rivière.

L’histoire est simple, un peu trop peut-être. Elle laisse un gout de rapidité, un manque de détails qui sonne comme une absence pour la jeune conteuse. Des questions se formulent et debout au milieu d’un couloir ou passent les gens vacant à leurs occupations elle ne voit pas comment se retenir de les poser.

« Pourquoi la Terre vous a-t-elle appelée ? Qu’attendait-elle de vous ? »

Les esprits ne mobilisent pas les hommes sans buts, et leurs dessins sont une partie importante de l’histoire. Une partie qui lui manque mais peut-être la Terre n’a-t-elle pas jugé bon de les communiquer à son peuple. La Terre est comme mère obscurité, souvent capricieuse, elle ne se plie que trop peu aux conseils de l’enfant univers. Les gens passent, elle se pousse doucement dans un sens puis dans l’autre pour ne pas entraver leur course, peu lui chaut. Elle attend la fin de son histoire, et les histoires ça n’a pas de prix à ses yeux.

Pourtant avant que le conteur n’ai finit son histoire une autre âme vient la renverser, concentrée qu’elle l’est sur l’histoire elle ne l’a pas vue venir. Elle ne tombe pas pourtant, ployant cette fois sans chuter.

« Tu pourrais sortir du passage tu gènes ! »

Elle ne réplique pas, elle est dans le passage et elle gène, et même si la remarque ne lui fait nul plaisir elle doit s’en remettre à sa justesse. Ils sont visiblement au milieu du couloir, à la croisée de nombreux chemins. Elle aurait pu soupirer mais cela n’est pas dans sa culture.

« Je peux t’offrir une boisson chaude si tu veux ? C’est vrai qu’on gêne un peu, on n’a qu’à parler dans ma chambre. »

Loin des propositions que pourraient faire Aria, elle invitait le jeune homme en oubliant qu’il était un jeune homme… Et elle ne souhaitait nullement apprendre à sa voisine qu’elle invitait quelqu’un dans sa chambre par des râles d’amour…


#   Lun 1 Jan 2018 - 14:45

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Elle a ses yeux posés sur lui. Il y voit de la curiosité qu'elle tente d'assouvir en posant des questions. Mekaro sourit de toutes ses dents. Ça lui fait un bien fou, à la fois un peu étrange et compréhensible. On ne lui demande pas vraiment de développer les pans de sa culture, il avait appris à en faire un résumé pour satisfaire les kubes qui  ne sont peut-être pas à ce point intéressé par ça... ou peut-être qu'ils ont une degré d'attention différent ?... Il ne sait pas trop. :

-L'eau nous a fait, la terre nous a accueilli pour nous voir grandir. Comme des parents, je pense. Enfin ça, c'est mon avis. Pour le Wayanga, il nous dit lors des chants que la terre nous a appelé car nous, seuls, avons les capacités de rendre hommage aux esprits.

Mekaro ne pense pas que c'est faux, mais il n'est pas tout à fait d'accord. Les prédateurs régulent la population de proies dans la jungle. C'est une manière de rendre hommage aux esprits...

Il n'a pas le temps d'ajouter quoi que ce soit d'autre. Quelqu'un la percute et leur signale qu'ils sont dans le passage. Mekaro amène le bout de ses doigts à ses lèvres et dit simplement. :

-Pardon.

La personne bat des paupières, levant la tête devant sa masse, puis fronce des sourcils avant de repartir sans rien ajouter. Il penche la tête sur le côté en la voyant partir... Il ne comprenait pas une telle véhémence pour si peu de chose... même après avoir reçu une excuse. La voix de la mekrare le ramène à elle, il baisse la tête. Elle l'invite à prendre une boisson chaude. Il hésite un instant... Il n'a confiance en la nourriture des kubes. Il ne sait pas d'où ça vient, où ça a été chassé, si on a chanté pour la proie. Mais il n'avait pas le choix. Alors il chantait deux fois plus, aux abords du dortoir, quand le soleil se couchait, pour protéger les jeunes novices des esprits mauvais de la nuit et de la nourriture qu'ils n'ont pas chanté. Pareil pour les boissons du coup. Il en buvait des chaudes dans sa tribu, ça lui manquait, vu qu'il ne s'autorisait que l'eau. :

-Je connais pas les boissons chaudes de... d'ici. Mais je veux bien... essayer ?


#   Lun 8 Jan 2018 - 15:38
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Elle devine que le wayanga est un marabout, un sage qui transmet les légendes. Ou peut-être n’est-ce qu’un passeur comme elle ? Le mot n’a pas de sens dans sa langue, sinon la puce l’aurait traduit. Elle le sait, souvent quand elle se présente la puce traduit son prénom, si bien que nombre de fois elle ne comprend pas non plus quand on l’appelle… Ombre ce n’est pas son prénom, Afya sonne bien mieux. Elle aime ce prénom choisi par sa mère, c’est un cadeau qui a accompagné celui de sa vie.
Elle retient donc le mot dans un coin de son esprit pour pouvoir poser la question plus tard, car les évènements les bousculent, et si l’homme ressent le besoin de s’excuser ce n’est pas son cas. Elle reconnait la justesse de la remarque, mais nullement celle de la façon dont elle a été faite. Pourtant la timide n’osera pas lever la voix et se faire plus remarquer. Elle n’aime pas quand l’on crie, elle n’aime pas quand on lui crie dessus. Pourtant elle ne trouve jamais rien à dire, elle se mortifie un instant et plie l’échine. C’est ainsi que l’on apprend à disparaitre dans le décor.
Pourtant quand le grand homme s’excuse, elle a envie de dire quelque-chose. Envie de lui dire que ce n’est pas à lui de le faire, que c’était à cet autre de faire attention. Elle ne dira rien, elle n’osera pas et ses pensées seront rapidement dispersées.

« Oh peut-être que tu connais le bissap ? Je n’en ai pas trouvé à Terrae, mais j’ai demandé à ma sœur si elle pourrait m’en envoyer quelques pétales séchés dans une enveloppe… Si elle le fait je pourrais t’en donner un peu ! »

Elle aimait donner, c’était quelque-chose de normal. Cependant elle doutait que sa sœur ne s’exécute, cela sous-entendrait qu’elle ait trouvé quelqu’un pour lui lire la lettre d’Afya. Cela n’était pas certain. Elle emmena Mekaro jusqu’à sa chambre bariolée. Des pagnes multicolores semblaient recouvrir chaque surface, ici les murs n’étaient plus blancs et ternes mais couverts de teintures aux motifs colorés, de même que le lit, les étagères et le bureau. Elle avait eu du mal à réunir tous ces tissus et beaucoup ne venaient pas de chez elle… Mais ils étaient à ses yeux tous beaux.

« Entre je t’en prie. »
l’invite-t-elle après avoir ouvert la porte.

Elle fouille derrière un bout de tissu qui telle une nappe recouvre une chaise et tombe jusqu’en bas, ménageant un espace de rangement. Elle en sort une bouilloire qu’elle remplit au robinet de la minuscule salle de bain où l’on ne peut utiliser les WC qu’en entrant dans la douche… Et elle met de l’eau à chauffer.

« J’ai du thé au thé, et euh… J’ai du chocolat ? Mais je sais pas si c’est bon dans l’eau… Tu en dis quoi ? »


#   Lun 29 Jan 2018 - 19:03

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La mekrare lui demande si elle connaît le bissap. Il secoue la tête négativement mais l'écoute attentivement. Mekaro aime la nature et découvrir des plantes qu'il n'a jamais vu dans sa jungle natale lui a ouvert les yeux quand à la taille du monde et sur tout ce qu'il ne connaît pas. Il n'en ressent aucune honte toutefois, il est juste prêt à faire mille découvertes à la fois. :

-J'en serais ravi. dit-il lorsqu'elle propose de lui en faire goûter.

Elle le mena jusqu'à sa chambre. C'était la première fois qu'il entrait dans l'une d'entre elle, mais la transition entre le couloir simple et les murs colorés le surprit et il ne put retenir une onomatopée brève. Quand elle l'invita à entrer, ses yeux sombres se mirent aussitôt à briller devant les parures aux mille nuances et mille textures. Il sourit soudain. :

-Tes murs ressemblent aux parures des oiseaux chanteurs.

Mekaro revint petit à petit sur terre pour poser le sac de la mekrare près de la chaise d'où elle avait sorti un étrange appareil. Il réagit quand elle lui propose du chocolat... Il bat des paupières... Il connaît le chocolat en vérité, c'est la mixture épicée et amère à la fois que sa mère fait avec des fèves de cacao et divers piments. Les kubes aimaient ça ? Étrange. Mais avant le chocolat, elle lui proposa du thé. :

-Thé ? Je connais le maté. C'est différent ?

Ça, il voulait bien goûter. Le maté est bien mieux que le chocolat pour sûr ! Il se pencha un peu en avant pour observer la machine qu'utilisait la mekrare, mais il n'osa pas s'approcher de peur de la gêner dans son espace. :

-Qu'est-ce que c'est ? Je peux te regarder faire ?

Dans sa tribu, l'apprentissage de la vie passait par les mots et les gestes. Les mots venant des histoires du Wayanga et les gestes que faisaient les aînés pour les reproduire ensuite. Mekaro avait l'impression que, dans le monde des kubes, tout le monde devait savoir tout faire d'instinct, et l'ignorance était une honte qu'on devait cacher en plus d'être une chose irréparable. Il y avait tellement de choses qui lui échappaient, autant dire qu'il était un imbécile aux yeux des autres sans doute.


#   Sam 10 Fév 2018 - 22:11
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Les gens ne sont que rarement ravis de découvrir sa culture. Du moins c’est ce qu’elle avait cru ces dernières années, elle ne croisait que rarement des Terraens qui s’intéressaient à elle. Elle était plus habituée à être regardée de loin avec curiosité, mais depuis le début de l’année, depuis qu’Ariana avait aménagé dans la chambre d’à côté elle avait pu rencontrer d’autres personnes que la master qui lui avait appris à écrire et ses collègues de travail. Elle avait commencé à sortir de sa chambre et si cela ne faisait pas d’elle la personne la plus sociable du monde. Alors elle était heureuse qu’on ne lui oppose pas un froid « non merci, » elle va même jusqu’à sourire en se disant que si elle n’avait jamais proposé elle n’aurait jamais su. C’était grâce à Ariana tout ça, elle prenait de plus en plus de risques.

« Les oiseaux chanteurs ? » demande-t-elle en échos aux paroles de l'homme.

Ce nom l’intrigue, elle y imagine une histoire colorée comme ses murs… Mais peut-être que leur histoire existe déjà ? Elle aimerait qu’il parle plus. Elle sent beaucoup d’histoires à découvrir.

« Je sais pas… Je ne connais pas le maté… » deplore-t-elle avant de se rappeler qu’elle a acheté un thé qui s’appelait maté dans sa précipitation « mais j’en ai ! » se réjouit-elle.

Elle sort tous les thés qu’elle a acheté, ce qui se résume à son thé au thé, un thé aux fleurs, et… Du matcha ! Elle lève un regard complètement désolé vers Mekaro.

« Désolée je me suis trompée, je croyais que c’était du maté mais c’est du matcha… Et je ne sais pas ce que c’est que le matcha en plus, j’croyais que c’était du thé… C’était dans le même rayon, peut-être que ça se cuisine même pas de la même manière… »

En voilà une complètement perdue, elle avait pris trois boites différentes pour offrir du choix à Ariana si elles restaient enfermées dans sa chambre longtemps pendant la guerre civile de Terrae. Elle n’avait pas fait attention, elle était pressée. Voilà ce qu’il se passait, elle paniquait maintenant. Surtout que bien évidement il n’y avait pas de mode d’emploi en français, ou même en lettres romaines qu’elle comprenait. Juste écrit « Matcha » et un truc en anglais peut-être vu qu’elle reconnaissait le mot « warning ». En plus il sentait bizarre, elle ouvrit la boite un nuage de fumée verte la fit éternuer. Elle referma la boite rapidement.

« Euh oui, je vais faire du thé. C’est simple. Ca c’est une bouilloire, ça permet de faire chauffer de l’eau sans faire du feu et sans faire crier toutes les alarmes de l’institut parce que ça fait pas de fumée. Je crois que ça fonctionne avec l’électricité… »

Elle appuya sur bouton et un petit voyant orangé s’alluma. La première fois elle avait oublié de brancher et elle avait dit à Ariana qu’elle s’était fait avoir, que c’était cassé. Bien entendu sa voisine avait réglé le problème en une poignée de secondes. Elle sortit deux verres et y posa un sachet de thé au thé, ne prenant aucun risque. Quand l’eau bout et que le voyant s’éteint elle la verse dans les verres qui se couvrent de buée et une odeur un peu amère commence à s’en échapper.

« Maintenant il suffit d’attendre que l’eau ait un peu refroidi et qu’on ne se brule pas en prenant les verres. »


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[EVENT-1] L'eau vive | Mekaro

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