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On va dire que ça restera entre nous [solo]
##   Mer 17 Jan 2018 - 0:35

Personnage ~
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Huo Zhang
Huo Zhang
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Humeur : Ca va, ça vient... Et quand ça vient, ça va très bien~

Est-ce que j'ai hésité ? Oui. Est-ce que j'ai envie de faire demi-tour et de faire comme si j'étais jamais venu ? Aussi. Mais je suis là. Je sais pas si j'ai bien fait mais je suis devant la porte et j'ose pas entrer. C'est idiot. Quelque part, je sais que j'en ai besoin, que je devrais le faire, et pourtant je n'arrive pas à pousser la porte. Je fais partie de ceux qui ont dit qu'on aurait besoin de plus de psy à Terrae mais j'avais pas fait ça en me disant que j'en avais autant besoin que d'autres.

J'ai un peu honte de me retrouver là. Je sais que Aaron a des séances régulièrement. Pas que lui d'ailleurs. Ca a rien de honteux d'aller voir "quelqu'un". Alors pourquoi j'ai peur de pousser la porte ? La dernière fois, j'ai même admis que j'en aurais besoin si j'étais honnête. Cette formulation est nulle. Mais voilà, j'essaye d'être honnête avec moi-même, avec Aoi aussi. Je lui ai dit que j'allais essayer. Alors essayons. C'est qu'une salle d'attente.

***

— Bonjour Huo. Vous permettez que je vous appelle Huo ?
— Je préférerais même qu'on se tutoie si c'est possible. J'aime pas trop qu'on me vouvoie.
— Tu trouves que ça te vieillit ? Il demande avec un sourire.
— J'sais pas ? Un peu peut-être ? Fin tous les gens que je cotoie me tutoie, puis j'aime pas trop les politesses. Ca fait hypocrite.

Il me signe de développer et je soupire un peu. Allons-y sur la politesse alors.

— Je considère pas que j'ai besoin de vouvoyer quelqu'un pour lui montrer mon respect ? Y en a qui disent que c'est une marque de considération mais moi… Enfin, ça me rappelle juste mes parents qui me disaient de me tenir tranquille, d'être sage, obéissant et poli. Et c'est pas du respect ça, c'est de l'hypocrisie. J'suis pas comme ça. J'ai pas besoin de dire vous et madame ou monsieur pour montrer que je respecte la personne en face.
— Même si c'est plus facile de respecter une convention sociale ? Tu travaille avec des adultes plus âgés ou plus haut placé hiérarchiquement parfois, non ? Tu ne les vouvoie pas ?
— Si j'ai l'impression qu'ils vont mal le prendre et que j'ai pas envie de me prendre la tête, ça peut arriver, ouais.
— Et pour toi, ce n'est pas de l'hypocrisie.
— Ha si, totalement, je hausse une épaule. Mais j'imagine que bosser dans la diplomatie amène ce genre de trucs. J'me considère pas inférieur à eux mais s'ils le croient bah tant mieux pour eux ?
— Tu as un problème avec l'autorité alors ?
— J'ai un problème avec ceux qui me jugent sans savoir qui je suis. Et avec le principe de hiérarchie, ouais, un peu. Fin… J'ai été sous les ordres d'hommes que je tutoyais en les appelant "grand frère" et ça les a pas empêché de me la faire à l'envers. J'ai vouvoyé un vieil homme qui m'a servi de modèle paternel et qui m’appelait "petit con". Alors je crois que les noms, l'apparence, les conventions sociales… Tout ça a pas vraiment de sens. On est tous des humains, on a tous droit au respect. Pas besoin de politesse pour ça.

J'étire un sourire amusé.

— J'peux très bien rester très poli avec un mec et lui foutre mon poing dans la gueule quand même s'il me les brise. Fin, ça a pas de sens pour moi. D'ailleurs c'est pas parce que je frapperais ce mec que je vais pas le respecter. C'est un peu confus, nan ?
— Non, je crois que je comprends ce que tu veux dire. Tu me disais que ça vient de tes parents ?
— Surement ? Fin, si je le voulais je pourrais être irréprochable socialement. Je sais comment on fait. Etre poli et courtois, bien se tenir, et tout. Mais j'en ai pas envie.
— Est-ce que c'est une façon de prendre ta revanche sur ton éducation ?
— Oui. Totalement. Mais je l'assume ? Je crois. Est-ce que ça fait de moi un sale gosse ?
— Ca dépend ? Est-ce que tu penses que ne pas respecter les conventions sociales est ce qui défini un sale gosse ?

J'éclate de rire franchement. Il m'a piégé. D'accord. Je suppose que j'aurais appris quelque chose.

— Ce qui compte c'est d'être en accord avec moi-même et mes proches ?
— En essence, je pense que c'est ça. Tu connais le proverbe : "la liberté s'arrête là où commence celle des autres".


##   Ven 27 Avr 2018 - 22:57

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Je m'assois brutalement sur la chaise, me laissant tomber sur le siège avec un soupire agacé. Il relève les yeux vers moi et hausse un sourcil. Il était en train de remplir un papier quand il m'a dit d'entrer. J'attends qu'il termine, la mâchoire serrée.

— Bonjour Huo.

Je ne réponds pas, me contente de grogner un salut indistinct.

— Quelque chose t'a contrarié ce matin, il affirme. Tu veux en parler ?
— Ca va pas forcément résoudre mon problème.
— Non, pas forcément. Mais ça peut t'aider à apporter un regard lucide sur ce qui t'agace.
— Tout m'agace.
— Et là maintenant en particulier ?
— Un petit con m'a juste pris à parti sur une déclaration que j'avais fait aux grilles cet hiver. J'ai eu envie de le frapper. J'ai eu beaucoup de mal à pas le faire.
— Et comment tu le gères ? Quand tu as envie de frapper quelqu'un.
— Je le gère pas. Je me contiens. Si ça passe pas, je me défoule sur la personne responsable ou sur un sac de frappe.
— Et ça te convient ?
— J'ai conscience que c'est pas la bonne façon de gérer ma colère. C'est pas "sain", comme on dit.
— Ce n'est pas le "on dit" qui m'intéresse. Ce que je veux savoir c'est si toi ça te va de gérer tes pulsions de cette manière.
— Je sais pas ? C'est… Je me fais l'effet d'un gosse capricieux quand j'arrive pas à me gérer. Je le regrette toujours après coup parce que je me sens faible d'avoir cédé à mes pulsions.
— Pourtant tout le monde a des pulsions. Toi, moi, tes amis. Ca arrive d'être en colère, c'est même normal. Ca veut dire que tu reconnais la situation devant toi comme quelque chose de contraire à tes principes ou tes croyances.
— Même si ça implique de frapper le type responsable pour le faire taire ?
— Tu me dis toi-même que tu n'as pas envie de céder à tes envies de violence. Tu sembles y réussir même assez bien, en général.

Je me recale sur ma chaise, appuie mon dos contre le dossier.

— J'ai… Un rapport compliqué avec la violence. C'est mon premier réflexe quand quelque chose m'agace. Ca me donne envie de frapper, de décharger ma frustration de façon physique.
— Pourquoi ?
— Parce que c'est comme ça que je devais faire ? Pour survivre pendant mon adolescence. Quand j'étais avec le gang ou la Triade… Je devais montrer ma supériorité, affirmer que j'étais le dominant. C'est comme ça que ça marchait. Si on se laissait faire c'est qu'on était faible. Etre faible c'est être mort.
— Et maintenant ?
— J'essaye de ne pas le faire. C'est difficile parfois, de me contenir. Et quand… Si je dois me retenir de frapper, je peux devenir cruel. C'est un mécanisme de défense, je crois ? Je n'ai pas envie que les autres se rendent compte que ce qu'ils ont fait ou dit me touche, donc je me blase ou bien je blesse.
— Pourquoi tu ne veux pas que les autres réalisent que tu es touché par ce qu'ils disent ? S'ils ne le savent pas ils vont continuer de te blesser, non ?
— Oui mais- Je ne peux pas ?

Je réalise que je viens de mettre le doigt sur un truc qui me serre la gorge et j'essaye de remonter le fil.

— Je ne peux pas autoriser les autres à me blesser, à me faire du mal. Si je montre que c'est le cas, ils vont recommencer.

La séance continue encore quelques minutes. Je suis extrêmement perturbé. Je viens de réaliser que quelque part j'ai un petit garçon roux qui pleure parce qu'il s'est écorché le genoux. Et moi j'ai envie de pleurer pour lui maintenant que je suis adulte. Parce qu'on lui a redit et répété de plein de façon différentes qu'il devait être un homme. Parce qu'être un homme veut dire ne pas pleurer, ne pas montrer ses blessures ni ses faiblesses. Alors à un moment je m'arrête dans une phrases sans raison et je réalise que j'ai les yeux humides de larmes contenues. Pas de rage, de tristesse ou de joie. Juste des larmes pour toutes ces fois où je me suis pas autorisé à pleurer alors que j'aurais pu en avoir besoin.


##   Ven 17 Aoû 2018 - 12:04

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Humeur : Ca va, ça vient... Et quand ça vient, ça va très bien~

Je toque doucement avant d'entrer, un peu hésitant. C'est rare que je planifie de venir plus d'un jour à l'avance. Mais j'ai eu besoin de quelques jours pour réfléchir avant de parler. Il hausse un sourcil neutre et me fait signe d'entrer, il est en train de remplir un papier. Je m'assois sur ma chaise habituelle en attendant qu'il termine. Il se lève et vient s'asseoir en face de moi.

— Bonjour Huo.
— Bonjour.

Je me sens mal à l'aise, incertain. Je ne sais pas comment commencer. Est-ce qu'il s'attend à ce que je commence, d'ailleurs ?

— Est-ce que tu veux commencer par me dire pourquoi tu as voulu me voir aujourd'hui ?
— J'peux essayer. C'est encore un peu flou.
— Dis le avec tes mots.
— D'accord. Ok...

Je respire lentement, essaye de rassembler mes idées. J'hésite encore. Je ne sais pas comment en parler. C’est comme beaucoup de choses. Je suis pas quelqu’un d’introspectif et mettre le doigt sur une sensation, la comprendre… Parfois j’y arrive pas.

— Si tu ne te sens pas prêt, on peut reporter la séance. Tu n'as pas d'obligation à venir me voir, tu te souviens ?
— Oui, mais là c'est- J'en ai besoin. J'ai juste du mal à savoir comment le dire.
— Prend ton temps, alors.

J'expire lourdement, détourne le regard pour fixer un détail du décor derrière lui. Pas moyen de le regarder. J'peux pas. Pas pour ça. J'inspire encore, profondément. Le nœud dans ma gorge se défait un peu. Juste assez.

— L'autre jour, Aoi s'est fait faire un tatouage. Un très joli, dans le dos. Avec des coquelicots et un symbole zen je crois. Et un petit lotus. C'est- Ça m'a énormément touché. Pour moi, c'est- C'est une preuve physique, tangible de son acceptation. Ça veut dire qu'elle me voit en entier. Même avec le mauvais côté. Je crois. Ça m'a bouleversé.

J'ai pleuré. J'en ai encore mal presque quand j'y repense. C’était comme réaliser pour la première fois ses sentiments. Sauf que je le savais déjà, elle me le dit souvent. Mais là c’était vrai, c’était comme la bague ? Et je m’y attendais tellement pas que je me suis senti tomber amoureux encore plus ?

— C'était le plus cadeau qu'on m'ait fait depuis des années. J'suis pas sûr de le mériter.
— Pourtant, tu l'aimes, non ? Pourquoi tu ne mériterais pas qu'elle te le rende ?
— Parce que j'suis un voyou. Mais c'est pas de ça que je voulais parler. Ça c'est- Enfin c'est un sentiment habituel, une pensée automatique. Je sais le gérer. C'est pas ça.

Il incline la tête doucement, sourit gentiment pour m'inviter à continuer.

— Je vois Aaron assez régulièrement. Et… Enfin j'suis à un âge où voir un pote avec sa gamine en bas âge, ça me donne des idées. On était bien avec Aoi, j'ai essayé d'aborder le sujet mais je- J'm'y suis pris comme un manche. J'ai dit des choses de travers et j'ai encore mal compris ce qu'elle me disait et je- Enfin je sais plus. Peut-être que c'était pas le plus important. J'ai pleuré. J'ai eu peur et j'ai pleuré.

J'expire encore lentement, chasse la boule dans ma gorge qui revient encore.

— J'ai peur. J'ai une trouille monstre de la perdre. J'ai jamais tenu à personne comme ça avant. Même si je sais qu'elle est forte et que nous, ça va très bien, je- J'arrive pas à me raisonner, à penser à autre chose quand je l'ai plus avec moi. C'est obsessionnel, j'arrive pas à me contrôler.
— D'accord. Huo, te laisser aller à tes sentiments, ce n'est pas une faiblesse. Je pense que tu en es conscient mais ça ne fait jamais du mal de te le rappeler. Tu as le droit d'aimer ta fiancée et c'est normal d'avoir peur si tu l'aimes.

J'acquiesce doucement. C’est facile à comprendre et à conceptualiser. L’assimiler réellement c’est plus dur. Parce que j’ai toujours peur. Et je réalise que c’est pas quelque chose qui partira. Que je vais devoir vivre avec parce que ça fait parti de l’ensemble quand on aime quelqu’un comme ça.

— C'est juste que c'est la première fois que je me suis rendu compte que c'était… Aussi intense ? J'ai juste pris conscience d'à quel point ça me détruirait si- Je l'ai vu, visualisé totalement et ça m'a fait très mal.
— Tu le lui as dit ?
— Oui. Pas exactement comme ça mais… Je l'ai dit. Et elle m'a consolé. Ça m'a fait du bien.
— C'est une bonne chose. Si ça te fait du bien d'en parler avec elle, fais le. A plus forte raison si c'est quelque chose d'important.
— Je le ferai.
— Tu as le droit d'être vulnérable et d'avoir peur. Je ne pense pas qu'Aoi t'en voudras pour ça. Communiquer c'est important dans un couple, on ne peut aller nulle part sans ça.

Je hoche la tête en retenant un nouveau soupire. Avec Aoi, j’arrive à ne pas toujours faire le gros dur. J’ai surement plus pleuré devant elle que n’importe qui d’autre. Elle m’a vu triste, en colère, effrayé et même désespéré. Et ça me dérange pas tant que ça je crois ? Mais là, ce qu’il s’est passé… Je dois encore le digérer je crois mais je sais que c’était important. J’ai réussi à lui parler de quelque chose qui m’angoisse beaucoup. J’ai mis des mots sur un sentiment qui m’a toujours dérangé avec elle. Et ça, depuis que je lui ai offert mon premier cristal. Alors… Alors je vais apprendre à vivre avec, à profiter encore plus de ce qu’on a ensemble pour moins voir ce que je voudrais avoir. Je l’aime. Le reste restera toujours secondaire en face de ça.


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