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Life is a game. I've lost a lot. But I'm still playing game. [Solo]
##   Ven 27 Avr - 17:29

Personnage ~
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Soko - Peter Pan Syndrome

I refuse to grow
I refuse to get old
I have peter pan syndrome


La porte est devant toi. Tu n’as qu’à toquer. Quoi de plus normal, lorsqu’on ne veut pas grandir, que de vouloir retourner dans un cocon familial doux et réconfortant ?

Tu aurais pu supporter, mais tu n’as pas réussi. Tu aurais pu gérer tes peurs et tes craintes, mais tu les as enterrées et c’est à croire qu’au fond dans le sous-sol, elles ont grandi, se sont construites, sont devenues bien plus puissantes, contrairement à toi. Alors le jour où elles ont voulu ressortir et éclater, tu as lutté jusqu’à l’épuisement pour les bâillonner, les étouffer. Tu as réussi, mais c’était moins une. Sauf qu’ensuite, tu étais tout vide. Tout plat. Plus de lumière dans ce sourire historique.

Et cette envie folle, en toi. « Plus jamais je ne tenterai d’être adulte. ».

Enfant à vie. Ton idéal de vie.

Fuir les responsabilités. Ne plus avoir à essayer de t’occuper de toi. Ne plus grandir. Juste rire. L’innocence. L’ignorance.

« S’il vous plaît, rendez-les moi. ».


I am living it up
I am living in a dream


Depuis les attaques, ton regard naïf était devenu trop doux pour la dureté de ce qui t’entourait. Il l’était depuis toujours, mais avant tu t’adaptais. Aujourd’hui…tu te sentais ridicule. Isolé dans ce monde que tu t’étais créé. Alors tu voulais revenir aux origines. A l’endroit où tout s’était construit.

Tu as trouvé comment contacter tes parents. Un appel. Des voix si soulagées de l’autre côté.

Oui. Tu allais bien.
Oui. Tu allais venir.
Oui. Tu leur expliquerais.

Tu es allé voir la directrice, celle-là même qui avait disparu quelques temps auparavant. Tu aurais presque pu la supplier pour pouvoir y aller. Un Master t’a été assigné. Un Terre Titan à qui un cristal de Téléporteur avait été confié. Tu lui as indiqué l’adresse, et vous voici tout deux devant cette porte fermée.

« J’ai peur que mes parents veuillent voir leur enfant adulte quand cette porte s’ouvrira. ».

Les minutes s’écoulent, et finalement tes phalanges rencontrent le bois. C’est sur une dame à peine plus petite que toi que la porte s’ouvre. Deux bras qui s’accrochent à tes épaules, un cou dans lequel tu disparais. Un homme à l’allure minuscule arrive et s’empare de la femme et toi. Le Master vous observe, un peu ému peut-être, patient en tout cas, ils vous laissent à vos retrouvailles.


Oh let me be small
Oh let me be vulnerable
Let me be needy
Let me be a crybaby


Peu importe ton âge, tes actes, tu es leur enfant. Et c’est bien pour ça que tu es revenu maintenant.


Elodie Frégé - Mon sourire à l’envers

J'ai la peau trop pâle
Ces cratères minés
Sous mes yeux ravalent
Les mots envolés


Le doux regard bleuté d’Evina est posé sur toi. Son fils retrouvé, celui qu’elle pensait avoir perdu à jamais. Assise d’un côté de la table, sa main glissée dans celle de ton père à ses côtés, elle t’observe, détaille ces cernes creuses sous ton regard ambre, cette mâchoire qui ressort un peu trop, cette capuche qui cache ta chevelure qu’elle aimait tant. Pas besoin d’être Sensitif pour ressentir ce cœur blessé devant un fils abimé. Alors face à cette paire d’yeux inquiets, tu façonnes ce sourire qui plait tant et qui rassure, celui bien connu, cette mine pétillante et déterminée.


Je suis pas mal à dire vrai
Je promets de tout vous voiler
De pas m'emparer du vrai


- Faites pas ces têtes, voyons ! J’suis désolé de vous avoir laissé sans nouvelles si longtemps. J’ai eu des périodes un peu moins chouettes et j’ai eu du mal à l’avouer, j’voulais pas vous inquiéter, ni vous décevoir. Mais ça va mieux aujourd’hui !
- Tu ne nous aurais pas déçu, Asbjorn.

La voix grave de Vellek résonne en toi. Non, tu ne les aurais pas déçus. Tu l’as bien plus fait en faisant le mort. Ton père n’a jamais été très bavard, mais son regard l’est bien plus. Deux ambres durs qui défient tes fuyantes. Tu secoues doucement la tête et ta main rejoint les deux posées sur la table.

- Je suis désolé. J’ai mal agi.
- …en effet, répond la soucieuse Evina, mais tu es grand, nous n’allons pas te gronder comme un enfant. Juste…des explications seraient les bienvenues, Asbjorn.

Ce n’est pas facile. Faire face à ce qui t’ont toujours laissé croire en tes rêves et continuer de faire semblant. Savoir que s’ils le comprenaient, ils seraient bien plus blessés que ce qu’ils t’en voudraient. Tu sens le Master dans la pièce à côté qui prête un peu trop attention à votre discutions. Tu sais qu’il sait. Pourtant, tu ne lâches rien. Tu hausses des épaules. Rien n’est important. Rien n’est grave. Tout va bien.


Je mens mes visages
Toujours même en songe
Pose un vernis sage
J'voudrais pas qu'ça vous dérange


- Mon boulot a été plus dur que prévu, et j’l’ai pas très bien vécu. C’est là que j’vous ai moins parlé. Puis un jour quelqu’un, un homme comme celui qui m’accompagne aujourd’hui, est venu me parler d’un institut qui m’aiderait à aller mieux. C’est à Tokyo. Il y a beaucoup de monde qui au début n’va pas bien et apprend à se construire là-bas. Il y a des cours, on peut aller dans les universités autour, travailler, rencontrer des gens. J’me suis fait plein d’amis, j’ai une super bande qu’on appelle la Cool Patrol, aha ! Et. Et ouais, depuis, ça va mieux. Beaucoup mieux. Du coup j’me suis enfin senti prêt à vous en parler. Et à vous donner souvent des nouvelles. Etre là, en fait.

« Redevenir votre fils, s’il-vous-plaît. ».


C’est rapide. La moitié des informations manquent. Mais tu ne veux pas donner plus. Pourquoi parler de la drogue ? Pourquoi parler des tragiques incidents survenus à Terrae ? Pourquoi parler de choses qui sont passées et sur lesquelles plus personne ne peut agir, hein ? Mais tes parents ne sont pas idiots. Tu sens à leurs regards qu’ils comprennent bien que tu ne dis pas tout. Que ce n’est pas cohérent. Mais ce sont tes parents, et s’il y a quelque chose pour lequel tu peux leur être reconnaissant, c’est ce respect qu’ils ont envers toi, envers tout le monde. Ils acceptent que tout ne puisse être dit, ils comprennent que revenir vers eux est déjà un grand pas pour toi. Alors à leur tour, ils te donnent des nouvelles. Ils étaient inquiets mais n’ont pas cessé de vivre pour autant. Ils vont bien. Ta mère a eu quelques problèmes de santé durant un hiver un peu trop dur, et tu comprends que la tristesse d’un fils disparu associé à des problèmes d’argent a été un défi à relever, qu’elle est parvenue à gagner haut la main. Elle est forte, ta maman, et une nouvelle fois, tu te le dis. Et puis ils te parlent du village. Un village qui a eu son lot d’émotions apparemment à cause de la petite, qui avait en fait bien grandi mais peu importe l’âge, on reste toujours l’enfant de ses parents, qui avait disparu et a été retrouvée morte dans une ruelle sombre de la ville à côté. Celle-là même où tu avais fait tes études, où tu avais travaillé et, ils ne le savent pas, mais où tu t’étais drogué. La petite Anna, Anna Berg, tu la connais ? Asbjorn, ça va ? T’es tout pâle. Tu la connaissais ? Ça va aller ? Asbjorn, où est-ce que tu vas ? Tu sors ? Tu veux qu’on t’accompagne ? Elle est enterrée au cimetière du village, oui. Asbjorn, tu es sûr que tu veux y aller maintenant ? Tu as pas l’air en forme. Laisse-nous t’accompagner, au moins. Oui, c’est d’overdose dont elle est morte. Asbjorn, tu souris, mais tes yeux ont l’air de vouloir tuer le monde entier. Tu fais un peu peur. Asbjorn, laisse-au moins le monsieur t’accompagner, s’il-te-plaît. Tu repasseras avant de repartir à Tokyo, hein ? Asbjorn ?


Et si quelque fois je m'attriste
Si la colère en moi persiste
Puisqu'il faut faire plus optimiste
Alors je choisis, je préfère
Poser mon sourire à l'envers


La porte claque. Tu es parti en laissant derrière toi tes parents tremblants. Tu souriais, c’est vrai, mais ton corps entier transpirait la haine et la fureur.



##   Ven 27 Avr - 17:48

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How long will we let it go?
I think we should just let go


La pierre est froide. « Anna Berg – 5 janvier 1998 – 15 décembre 2017 ». Ton index effleure les gravures. Tu dois passer pour un taré, agenouillé devant une tombe que tu caresses presque. Et puis ta tête tombe lourdement en avant. Ton front rencontre tes genoux, le sommet de ton crâne posé conte la pierre.

Has melancholy taken you for good?


Anna est morte. Anna n’est plus là.

You know that I would save you if I could.


Plus de ses sourires. Plus de son rire.

Watched your laughter turn to tears


Plus de son regard froid lorsque tu faisais une connerie, se transformant en malice quand tu essayais de te rattraper. Plus jamais tu ne la prendras dans tes bras. Plus jamais tu ne dessineras avec elle.

Then you vanished in thin air.

Anna est morte.

How's it feel to be a ghost? You're the one I love the most


- Ce n’est pas possible.

Tu sais que la mort existe, tu l’as frôlée un bon nombre de fois. Mais toi, tu avais le droit de décéder. Pas elle. Pas sans que tu puisses essayer de la protéger. Pas sans que tu sois là pour lui tenir la main aux derniers instants. Pas comme ça, dans ton dos, sans prévenir, sans que tu ne le vois venir.

- Anna, t’avais pas le droit.

Tes yeux sont humides mais tu ne fais rien pour les sécher. Que ça coule, depuis le temps que tu les retiens. Pourtant, aucune larme ne vient se glisser sur ta joue. Ton champ de vision se floute sans que rien ne s’échappe. Incapable de pleurer, tu gonfles ta tristesse et ton chagrin en toi, sens les racines de la colère et de l’amertume se planter dans ton cœur. Cette fois-ci, tu ne sais pas comment tu t’en débarrasseras. Cette fois-ci, tu n’as pas le courage de les tailler en pièce avant qu’elles ne prennent trop. Tu commences à en avoir assez de te battre.


I want you back
Let's get back
Lay my weary head against your breast
Where all my troubles will be laid to rest


Et puis ça te prend. Tout commence dans un murmure, qui grandit, qui grandit, sans que tu ne puisses plus t’arrêter de parler :

- Je suis désolé, Anna. Je voudrais revenir en arrière, retirer beaucoup des paroles que je t’ai dite. Pardonne-moi, s’il-te-plaît. C’est ma faute si tu t’es droguée. C’est ma faute si t’a été tabassée. J’ai rien fait pour te rendre la vie meilleure. Si ta vie avait été meilleure, t’aurais plus eu besoin de la drogue, t’aurais plus eu besoin de moi. Anna, t’étais tout ce que j’avais à cette époque. Tallev rentrait chez lui, lui, la nuit. Tallev, lui, on savait qu’il allait s’en sortir. Toi, tous les soirs, t’étais là. Toi, t’étais ma raison de survivre. Je pouvais essayer de prendre soin de toi, de faire attention à toi, même si je foirais tout le temps parce que j’étais bon à rien, Anna. Au final, c’est toi qui m’a sauvé un bon nombre de fois… J’aurais tant aimé te rendre la pareil. Si je le pouvais…

I pushed and I pulled 'til I pushed you aside
Now all that is left are the tears that you cried
I'm sorry love for all of the damage done
I only hope that someday to be back beside you

- Si je le pouvais, j’échangerais nos places. C’est cliché, pas vrai ? Quand on voit un pauvre type dire ça dans les films, on lève les yeux au ciel en se disant « Ouais, ouais, on a compris. Tu l’aimes et tu veux pas qu’elle clamse, évidemment. Mais ça changerait quoi que t’échanges ta place avec, hein ? Tu la verrais pas plus. ». Mais je m’en fous, de pas te voir plus. La différence entre nous, c’est que toi tu mérites de vivre. Moi ? J’vaux pas grand-chose, Anna.
- Alors on parle aux morts, Asbjorn ?

Tu te retournes d’un coup, le regard bien plus glacé que ce à quoi tu as pu nous habituer. Mais tes yeux retrouvent leur douceur lorsqu’ils se posent sur le brun d’un mètre soixante maximum aux lunettes rectangulaires parfaitement perchées sur le bout de son nez.

- Tallev.

T’as la gorge serrée et lorsqu’il se penche sur toi, te serres dans ses bras, tu ne bouges pas pendant quelques instants avant de lui rendre son étreinte avec force.

- T’es vivant.
- Aha… Oui, oui je suis vivant, Asbjorn. T’en doutais ? Tu l’as pourtant dit toi-même. Vous saviez que je m’en sortirais !
- …Tu m’as entendu, alors ?
- Oui, je voulais pas te couper. Mais je me suis dit que j’allais pas vraiment avoir le choix. T’avais l’air bien parti pour parler un moment, là.
- Ouais…

Un soupir affaisse tes épaules et vous rompez finalement l’étreinte.

- Je peux rester un peu avec toi ?
- Oui. Oui tu peux, Tallev.
- D’accord.

Vous vous asseyez tous deux en tailleurs face à la tombe. Un silence s’installe durant lequel seul le bruit de ton briquet allumant ta cigarette résonne.

- Y a un mec chelou qui nous fixe plus loin au fait.
- C’est normal.
- …ok.

Tu tires une latte. Deux lattes. Trois lattes d’affilé. Respirant à peine entre chaque. Et finalement, quand ta cigarette est terminée, tu l’écrases et prends la parole tout bas, tout doux.

- On t’a déjà raconté comment on s’est rencontrés avec Anna ?
- Non. Jamais.


How long will we let it go?
I think we should just let go



##   Ven 27 Avr - 18:02

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Remember when the nights had no end
The moon was made for us to keep
The winter came the cold the rain
And we did nor complain
We had our empty streets

- C’est une histoire sympa. Enfin, sympa… Pas pour tout le monde j’suppose. Anna est la première personne à m’avoir défendu. J’faisais encore le con, bien éclaté, avec mes bombes de peinture. J’voulais dessiner des barreaux de prison explosés. J’venais de finir à la rue après avoir pété les plombs au boulot et…Ouais, c’était mon délire de l’époque, de mettre ça partout. P’têtre qu’au fond j’espérais qu’les gens captent qu’y avait un message derrière. Qui sait ? Quoi qu’il en soit, j’ai niqué le tag d’un gang tout nouveau qui s’était installé dans la ville cette année-là. Ils étaient pas réputés pour être des enfants de chœur et c’est souvent avec eux qu’on avait des emmerdes ensuite, j’sais pas si tu t’en souviens. Enfin bref. Anna était clean, à cette époque. Il était pas bien tard, ça devait être en début de soirée, quatre gaillards qui ont voulu me chopper dans un coin de rue. Anna passait par là de temps en temps pour rentrer chez elle, et savait que l’coin craignait alors elle était toujours sur ses gardes. Elle a juste vu la scène de loin et a appelé les flics. J’ai bien cru que j’allais m’faire coffrer ce jour-là d’ailleurs. Le gardien de prison emprisonné, quelle ironie. C’était une impasse, j’étais dos au mur évidemment, du coup j’ai vu arriver les keufs et quand les quatre gars se sont retournés pour voir ce qu’il se passait, j’ai pu escalader et me tirer. J’ai sauté de l’autre côté dans le jardin d’gens qui ont cru que j’venais vandaliser leur baraque. J’te dis pas comment j’ai couru. Mais figure-toi que juste à côté, bah c’était chez Anna. Elle, elle était rentrée une fois son boulot accompli, du coup en entendant ses voisins brailler à qui mieux mieux et en captant un drôle de gars encapuchonné tracer par là où il pouvait en courant, elle  a rien trouvé de mieux à faire que d’me courir après pour vérifier que j’allais bien. J’m’étais à peine un peu fait mal à la cheville en sautant, j’étais moins habitué que c’que j’ai été après, mais j’avais rien de grave. Du coup quand j’ai cru que j’avais réussi à me tirer d’une manière niquel et que j’ai retrouvé mon p’tit abri sous un pont, j’ai rien compris quand j’ai vu débarquer cette nana toute essoufflée. Les premiers mots qu’elle m’a dit c’était dans un cri. Un « Vous allez bien ?! » de loin parce qu’elle en pouvait plus. Elle s’est posée avec moi sans avoir peur, sans rien. Anna, elle était si courageuse. On a parlé, beaucoup. Du monde, de moi, mais d’elle aussi. Elle m’a expliquée qu’elle vivait seule avec un père alcoolique pas super sympa. Oh, il la battait pas ni rien hein, mais elle aurait vécu seule c’aurait été mieux pour elle. Et comme j’suis un gars dans un autre monde, ce jour-là j’lui ai dit que si il lui arrivait quoi que ce soit, elle pouvait venir me voir.

Before the days could get away
We trapped them in out sleep
So they could never leave
The years were scared
Never dared lay a hand on us
Time was hours to heave

Je lui ai dit ça, sans penser une seconde que je la verrais débarquer un matin, au moment où j’allais tenter de dormir, en larmes. Son père qui était pas violent avait fini par l’être. J’te passerai les détails, mais j’me suis retrouvée avec cette chose adorable dans mes bras, toute agitée de sanglots. J’lui ai parlé jusqu’à ce qu’elle se calme. J’lui ai dit que si elle voulait, elle pouvait rester un peu avec moi. Qu’il faudrait qu’elle trouve une autre solution que la rue, mais que j’allais tout faire pour l’aider. J’lui ai dit que même si on se connaissait pas vraiment, elle m’avait sauvée une fois, je ferais de même avec elle.

I wish I could build a world for you
I wish I could wish a world for you

…Tallev, je la connaissais à peine mais j’aurais construit un monde pour elle. Un monde plus beau, un monde moins violent. Un monde dans lequel on aurait pu rester, tous les trois. Un monde dans lequel elle serait pas revenue autant de fois. Un monde où elle m’aurait jamais demandé ce que ça faisait de se droguer. Un monde où je lui aurais pas obtenu ses premières seringues. J’l’ai tuée, Tallev. Peu importe ce qu’on en dira, dans mon cœur, je l’aurai toujours tuée, c’est comme ça.

And give your everything your heart desires
As everyone you know will tell you

Le silence te répond. Vous restez ainsi, sans bouger, jusqu’à ce que la nuit tombe et que ton Master si patient vienne poser une main sur ton épaule. Il va falloir bouger. Si tu veux passer la nuit chez tes parents, vous pouvez, mais il faut prendre une décision. Tout vide, tu te redresses, ton regard glisse sur Tallev :

- Mes parents m’ont pas fait de remarques sur la drogue. Mais ils savent, pas vrai ?
- …Une enquête a été menée pour savoir où tu étais, Asbjorn. On savait pas si t’étais vivant ou pas… On savait rien. Je-
- T’excuses pas, Tallev. T’as fait ce qu’il fallait. Merci d’avoir été là pour moi dans la rue, puis là pour mes parents. Je tenterai de revenir plus souvent, en attendant, tu peux continuer d’aller les voir, de temps en temps ?
- …D’accord.


Hey brother, I've got something to say...
Life is a game and I've lost a lot, you know that's the way

Il s’apprête à se redresser mais tu le devances en te penchant. Tu lui souris. Tu lui souris avec chaleur, avec affection, comme si rien ne s’était passé. Tu le serres une nouvelle fois dans tes bras, ce brin d’homme bien plus fort que ce qu’il laisse voir. C’est en le voyant confus et triste que tu as décidé de continuer de sourire, de rire, malgré les larmes qui coulent en cascade au fond de toi. Tu dois être fort. Tu dois être digne. Tu dois rester Boubou, fidèle à toi-même.

I'm hurt, will you give me your hand
Life runs too fast, don't deny my demand
Ho behind the smiles, you know I've got to hide the rain in my eyes
Life is so strange, there's no time for revenge

My darkness paradise.

Le Master et toi repassez par la maison de tes parents, à qui tu dis au revoir. Avec joie, tu leur dis que tu repasseras, aussi vite que tu le pourras. Puis vous vous téléportez à Terrae et sans plus réfléchir, ce n’est pas vers ta chambre que tu te diriges mais vers celle d’Elwynn. Tu veux un câlin. Sans expliquer, sans parler. Tout ce que tu veux, c’est un câlin.

Ho I've got nothing to offer
What else can a poor guy do?
Blind this vision of disorder
You know I just wanna be with you
Behind the smile, I've got to hide the rain inside my eyes


« Certains diront de moi que je suis faux. Certains diront que je me mens à moi-même. Certains diront que mes joies ne sont que déni, que mes sourires n’existent que pour cacher mes larmes. Peut-être ont-ils raison. Peut-être sont-ils dans le vrai. Peut-être cela n’a-t-il pas vraiment d’importance.

Ma réalité n’est pas la vôtre. Je ne peux être colère, haine ou malheur, car je suis la cause de mes peines. Je les ai créés, je suis fautif. A quel moment aurais-je le droit de me faire plaindre ? me faire aider ? Je suis le seul à blâmer. Laissez-moi m’absoudre de ma peine en m’interdisant le chagrin et les cris. Je ne serai que force et courage, je vous l’assure, car je me refuse à autre chose. Laissez mes sourires vous réchauffer le cœur, mes rires être purs à en devenir contagieux. Je détruirai vos maux, briserai vos craintes. Avec moi, vous ne serez plus jamais blessés. Vous n’avez pas le droit de souffrir. Ce monde est violent ? Je vous en offrirai un plus beau, car je n’ai pu le faire avec celle que j’aimais.

Par pitié, laissez-moi dans ma réalité. La vôtre est morne, je la ferai briller. »


My darkness paradise.



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