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Moitié moins [Solo]
##   Sam 28 Avr 2018 - 13:34

Personnage ~
► Âge : 23 ans (30 mars)
► Doubles-comptes ? : Houston Carter
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Athéna
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Date d'inscription : 17/05/2013
Age : 22
Emploi/loisirs : Compter des trucs, fabriquer des trucs et réparer des trucs
Humeur : Nickel Giselle

HRP : Juste après l'event et un peu après, c'est parti pour le début de la thérapie !



Cela faisait déjà une semaine que j’étais consciente.
Allongée dans mon lit d’hôpital, à juste me reposer. Je ne suis pas impatiente, j’ai appris à être patiente pour que mon corps se rétablisse correctement, reparte sur des bases saines. En attendant, je passe mon temps à penser, à repasser le combat, repasser les événements. Tout a l’air de s’être calmé dehors, les médecins au départ nerveux semblent se détendre doucement, la vie reprend son cours. On m’a tenu informé des événements, apparemment Hideko est revenue. Bien, je suppose. Mais tant que personne ne saura où elle était, j’ai bien peur que les tensions continuent à courir dans les esprits de l’Institut.
Et puis je repense à la forêt, à ce qu’il s’est passé là bas. Je suppose que tout a bien fini, avec le dragon. Apparemment tout le monde a été sauf, bien que certains soient gravement blessés. Je me rejoue la scène, indéfiniment. Je me suis lancée dans l’action sans même savoir ce qu’il se passait. J’ai vu ces gamins brûler la forêt, j’ai su que c’était mal. Aurions nous pu négocier ? Non, probablement pas. Il ne sert à rien de regretter les erreurs du passé. Les résumer, les analyser, refaire le cheminement de pensée pour mieux apprendre à se connaître, ça c’est utile. Mais au fond, je sais que j’ai réagi au mieux de ce que je pouvais faire le moment où je le pouvais. J’ai fait des erreurs qui auraient pu coûter des vies, mais elles ne l’ont pas fait. Je serais plus prudente sur certains de mes choix la prochaine fois.
Mais je suis déjà fière de me dire que j’ai su garder mon calme, malgré le fait que c’était réellement un enfer. Ou plutôt que la panique a été bénéfique, cette fois. Je ne pourrais probablement pas toujours compter dessus.
J’interromps mes réflexions lorsque l’infirmière entre, me salue, prend rapidement de mes nouvelles. Elle a ce regard un peu inquiet, un peu déterminé quand elle regarde ma fiche et note des choses dessus. Elle semble hésiter.
Ha. On y est, donc. Je souris.
Elle me salue et se dirige vers la sortie en hochant la tête.
Bien, c’est maintenant que les choses commencent.

Cela faisait déjà une semaine que j’étais consciente.
Mais je n’étais pas honnête en disant que j’avais mis autant de temps à récupérer. Je me sentais en pleine possession de mes moyens dès le quatrième jour, après tout j’étais surtout tombée d’épuisement, pas de blessure grave. Mais les infirmières passaient souvent, les médecins aussi. Et ils m’avaient demandé si je voulais (entendre par ici “pouvais”) rester. J’ai accepté, commençant à me douter de ce qu’il était en train de se passer.
La médecin entra, suivit de l’infirmière, les deux souriaient poliment, un peu crispées. Pour ma part, c’est un sourire large que je leur offre. La médecin me regarde, hausse un sourcil, elle sait que je sais. Bon, et bien, ça va aller vite.

_ Bonjour Isis.
_ Bonjour Docteur Louison.
_ Je suppose que tu as deviné, tu préfères qu’on aille directement aux faits ?
_ Oui, j’apprécierai.
_ Dans ce cas… (il déposa un dossier à portée de ma main) J’ai approuvé votre demande d’amputation, je serais donc le médecin en charge de votre suivi. Seulement, tu dois savoir que ce genre de démarche nécessite un contrôle régulier par un psychologue avant et après l'opération, c’est seulement lui qui pourra l'approuver. S’il décide que tu es trop instable, ou alors que tu ne le fais pas pour de bonnes raisons, on annule tout.

Je hoche la tête.

_ J’en suis consciente.
_ Bien. J’aimerai que tu passes trois fois par semaine pour tes séances de psychologues et des examens préliminaires. Nous allons aussi avoir un rendez vous par semaine pour parler de l’opération en des termes plus techniques, voir comment nous pourrions préparer ton corps pour l’utilisation de prothèses. J’ai entendu dire que tu avais envie de les faire toi même ?
_ Disons que j’aime la mécanique, donc si je peux participer je ne dis pas non…
_ Je n’y vois pas d’inconvénient au contraire, ça te permettra peut-être de te confronter plus vite à la réalité. Comment tu comptes occuper tes journées ?
_ Je pensais aider à faire repousser la forêt, petit à petit, effacer les traces de l’incendi.
_ Ça me paraît pas mal, mais ne force pas trop, s’il t’arrive quelque chose avant l’opération ça risque de la retarder. Il faut que tu restes en parfaite santé.
_ Compris.
_ Prête à commencer les démarches ? Ça va prendre du temps, ça ne va pas être facile et sans douleur, donc sâche bien dans quel chemin tu t'engages.

Je hoche la tête, un sourire convaincu sur le visage.

_ Prête.
_ S'il y a ne serait-ce que le début d'un doute avant l'opération, tu peux tout arrêter. N'importe quand.

Je souris.

_ Je suis prête. Vraiment prête.


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Merci à Cavadell pour le magnifique dessin d'Athéna ♥️
##   Lun 30 Juil 2018 - 0:20

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SEANCES AVEC M. BUCHANAN

L’ACCIDENT

_ Si tu me permets, j’aimerai qu’on revienne sur l’accident qui t’a privé de tes jambes… Est ce que tu peux me raconter ce qu’il s’est passé ?
_ Et bien, j’avais déjà fait un rapport à l’époque mais je suppose que la version a un peu changé aujourd’hui… Il y a une période où je ne supportait pas la vision d’un robinet qui coulait. Pas tellement en rapport avec le gaspillage de l’eau, juste que le côté insupportable d’une chose qui coule sans discontinuer je crois… C’est quelque chose que j’avais du mal à appréhender. Honnêtement, je crois que je n’avais pas beaucoup dormi, et c’était dans mon champ de vision. Je n’ai pas fait attention à la météo, j’ai juste foncé et l’arbre m’est tombé dessus.
_ Tu penses que c’est un accident ?
_ Oui, juste une suite d’événements.
_ Pourtant dans le rapport, il est dit que tu t’es montrée agressive envers le master qui t’avait aidé.
_ Ha, ça. Perdre mes jambes… Ça n’a vraiment pas été quelque chose d’évident. Gaetano est venu me voir juste après que le médecin l’ait annoncé, j’avais besoin d’un coupable. De quelque chose à quoi me raccrocher autre que ma propre imprudence.
_ Et qui tiens tu pour responsable aujourd’hui ?
_ Personne. J’ai accepté mon état et je n’y pense plus que comme un souvenir… malheureux. Mais pour les souvenirs de la marche, de courir dans les champs, il a fallu plus de temps pour les rendre vraiment nostalgiques.
Il acquiesce. Il note des choses. Je ne sais pas si j’ai bien répondu, mais j’ai été honnête au moins.

SON CORPS
"Pour la séance d'aujourd'hui, nous avons parlé de la perception qu'Isis a de son corps.
Isis a une forte relation au physique : son enfance dans un Cirque a contribué à la muscler et à l'assouplir. Elle aimait et chérissait son corps (de ses propres mots), se sentant très bien dans sa peau. Etrangement cela n'a pas changé pendant sa dépression, les travaux du corps lui permettaient de garder un lien avec le monde physique, elle se rattachait donc à son corps pour résister.
En somme, elle a vécu la perte de ses jambes comme un sportif ou un pianiste vit l'empêchement de pratiquer son art à cause de dégats physique. Plus que de ne pas pouvoir marcher, la difficulté résidait dans le fait d'accepter de ne plus pouvoir courir, sauter, grimper, s'étirer et adopter des postures de gymnastes. Il me semble qu'elle se soit rendue compte du travail qu'elle imposait à son corps lorsqu'elle a perdu les capacités de le faire. Elle analyse d'ailleurs très bien cette période de sa relation avec son corps et admet facilement que la rémission a été très longue et très dure : douleurs imaginaires, dégoût de soi, rage contre les organes atteints, tentatives vaines pour agir comme d'habitude et ignorer les symptomes, colère pour le regard d'autrui... Ce sont des symptômes courants mais d'autant plus difficiles à accepter à son âge et au vu de son histoire.
Elle a également tenté une "réparation" de ses jambes par des moyens mécaniques, et même si elle annonce elle même que c'était vain je pense que c'était une étape essentielle de la guérison. Vu son esprit méthodique, elle aurait dû se rendre compte plus tôt que réparer n'était pas possible, mais ces essais sont pour moi autant de phases de déni, ou de défi envers la fatalité de la blessure.
Elle admet d'ailleurs elle même que lorsqu'elle s'est rendue compte de ses échecs, l'idée de l'amputation lui a paru logique. Je dois dire que son raisonnement est dangereusement logique, et cela m'a inquiété. Je pensais qu'elle n'avait pas l'air de comprendre ce qu'impliquait physiquement les jambes en moins.
Mais elle m'a surpris sur la fin de notre entretien. Elle semble ressentir envers ses jambes un sentiment nostalgique, comme si elle s'apprétait à se séparer d'une... vieille amie. Elle se sépare sentimentalement de ses jambes, je pense que c'est sa façon de faire son deuil, d'accepter la mort de ses dernières.
Je lui ai demandé comment elle se projetait sur son corps, à l'avenir. Elle m'a justement répondu qu'elle avait du mal à l'imaginer, qu'elle se sentirait probablement plus légère mais que cette fois elle ne fuirait pas les séances de psy pour l'accepter avant de commencer à faire ses jambes de substitution.
Je pense que c'est une bonne résolution."


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