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Pris dans la toile des souvenirs [& Atumane]
##   Sam 4 Mai 2019 - 15:43

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Amy Artheas
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Amy se réveilla au son de son alarme et resta un instant à fixer le plafond dans l'obscurité. Il était tôt, six heures, nombres des lits étaient encore pleins et les ronflements de certains résonnaient dans la pièce. Elle s'étira, hésita à se rendormir en sachant pertinemment que la plupart des étudiants se lèveraient bientôt, l'empêchant de profiter de sa couette, et opta pour la quitter dès à présent. La blonde enfila une brassière et un débardeur blanc, un pantalon de running noir avec des striures argentées et un sweet du même coloris à capuche. Elle se passa un coup de déo, attrapa ses baskets, son smartphone, planta le dispositif de traduction dans son oreille droite et remonta ses cheveux rebelles en une queue haute après les avoirs brossés en grimaçant à chaque nœud. Quittant le dortoir à pas de loup pour ne pas réveiller les autres, elle se rendit à la cafétéria, ne prenant qu'une pomme et un verre de jus d'orange puis sortir de l'institut.

Après sa série d'échauffements habituels, ne négligeant aucune partie de son corps, la demoiselle jeta le trognon de sa pomme dans la poubelle la plus proche. Puis, après avoir ôté le traducteur, elle balança une playlist entraînante dans ses écouteurs et démarra son jogging matinal. C'était devenu un passage obligé, une façon de canaliser son énergie et sa nervosité. Son travail à la librairie n'était pas fatiguant, plutôt intellectuel, et l'attente d'une quelconque évolution de son statut à Terrae depuis son arrivée la stressait. Courir était la seule solution durable qu'elle avait trouvée pour chasser ces mauvaises ondes, et se dépenser n'était jamais mauvais, surtout lorsque l'on souhaitait conserver sa ligne. Sa course la mena au parc, comme chaque jour, elle en fit le tour, piqua un sprint entre les deux derniers bancs et ralentit tranquillement jusqu'à marcher.

Lorsqu'elle parvint à l'entrée du parc qui se situait face au café, Amy s'étira, achevant de reprendre sa respiration. La blonde décida, comme à son habitude, d'aller s'acheter une bonne dose de caféine avec un nuage de lait, sans sucre. Elle poussa la porte de l'établissement, passa commande et attendit qu'on lui serve sa boisson dans un gobelet recyclable. Elle paya rapidement et s'interrompit net en se tournant vers la sortie après avoir remercié le serveur. Ce n'était pas la première fois qu'elle le voyait, mais elle n'avait pas fait le lien au bar. Sans doute le manque de lumière, l'ambiance, les nombreuses têtes inconnues, l'alcool, l'avaient ils empêchés de le reconnaître. La jeune femme fut happée par le souvenir, immobile face à lui, les yeux ronds.

L'année passé avait été plutôt compliquée. Après la mort de Gabriel Amy avait flotté entre déprime, intarissable chagrin, rancune étouffante, et n'avait pas fait attention aux personnes qui allaient et venaient autour d'elle. Plusieurs fois, elle s'était rendue dans des soirées mondaines, pour faire plaisir à sa mère, ou peut être pour ne pas qu'elle se retrouve seule avec son père, parce que sa présence les retenait de se battre, de se lancer des piques en public. La demoiselle avait vu de nombreuses réceptions, constaté l'opulences des plus riches, encore et toujours, regardé son père serrer des mains, sa mère l'observer avec dédain du coin de l’œil en discutant avec d'autres épouses présentes. Oh, il y avait de nombreuses personnalités intéressantes dans ces sauteries privées, mais la blonde n'était pas d'humeur à tenir la conversation. Elle s'isolait souvent pour observer la foule de loin, retenir quelques visages l'espace d'un instant pour en oublier la plupart ensuite.

C'est pour cela qu'elle était quasiment certaine de l'avoir déjà croisé durant l'une de ces réunions où se rassemblaient les hommes et femmes du monde pour soutenir l'une ou l'autre des causes importante à leurs yeux. Amy ne se souvenait pas exactement du lieu, ni du moment, seulement qu'il s'agissait d'une vente de charité proposant de nombreuses œuvre d'art hors de prix et que les enchères avaient dépassées la somme prévue. L'avait-elle croisé devant le buffet ? Au bar ? L'avait-elle surpris à observer un tableau, cherchant à en extraire tous les mystères ? La jeune femme n'aurait su le dire. Mais c'était bien lui. Atumane. Elle avait les cheveux en pétard à cause de la course, du vent, les joues encore rougies de l'effort, mais rien de tout cela n'avait d'importance. Ses sourcils se froncèrent et elle demanda froidement en ancrant son regard acéré dans le sien, cherchant à confirmer ses soupçons :

- On s'est déjà vu non ? Avant le bar. Avant Terrae. Le gala de charité où a été vendu ce splendide Picasso de la collection Les femmes d'Alger, l'année dernière, tu étais accompagné par une femme, si je ne me trompe pas.
##   Dim 5 Mai 2019 - 1:54

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Atumane Ngwenya
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     Mens sana y corpore sano. Ressasser son latin n’avait de sens que si on le mettait en pratique. Et par là, il ne fallait pas entendre relire Juvénal, ou du moins, pas que, mais aussi se remettre au sport. C’est à dire, faire plus que ses étirements matinaux et un peu d’haltères – ceux que son logeur Ramiel Baleash avait laissé dans sa chambre du bâtiment des Terres, qu’Atumane lui louait.
     Pratiquer le sport avait, outre les avantages sanitaires, comme utilité d’inscrire une routine quotidienne. Atumane risquait de passer un certain temps à Terrae, et un bon moyen pour considérer ce lieu comme son nouveau foyer était de l’arpenter, de se familiariser avec sa géographie, son climat, son ambiance.
     Et considération plus pratique, cela lui permettait de passer le moins de temps possible dans un immeuble rempli de télépathes, ce qui, pour un trafiquant d’armes d’envergure internationale qui avait la ferme intention de continuer ses activités et d’aider sa tante en télétravail, était un élément non négligeable.

     Atumane se leva donc, fit sa toilette, enfila une tenue adaptée ; chaussures, pantalon de sport épais et large, marcel, gilet épais à large capuche, arborant les armoiries d’Oxford sur le cœur. Il l’avait acheté lors de ses études dans ladite université, université où il avait d’ailleurs acquis cette éthique de l’entretien du corps typiquement anglaise. Aussi, pour garder un physique athlétique, il courait dans des tenues épaisses, pour augmenter la sueur dégagée, et ainsi purger son organisme plus efficacement.
     Il quitta l’appartement sur la pointe des pieds, pour ne pas réveiller Cornélia, qu’il hébergeait dans la chambre, pour l’instant encore sur le canapé.
     Faisant preuve d’assez peu de créativité, Atumane avait décidé d’emprunter son chemin de tous les jours, qui le menait au café où il avait pris l’habitude de travailler sur son ordinateur, à l’abri dans la foule des intrusions mentales involontaires. Il ne voulait pour le moment que dérouiller ses capacités physiques restées peu entretenues pendant un an – quand pour accompagner sa tante aux quatre coins du monde on vit dans un jet privé, on n’a que peu d’occasions de faire un jogging à l’aube, ne serait-ce que parce que la notion d’aube a peu de signification.
     Arrivé au café, il compara ses battements de cœur avant et après l’effort, commanda une eau minérale plate, se posa sur une table, lit quelques lignes de Guerre et Paix sur sa liseuse. Dès qu’il avait un instant calme, il la sortait, à la fois pour éviter que sa pensée ne dérape et offre prise aux télépathes potentiellement dans les environs, et parce que, vieille habitude universitaire, Atumane ne manquait jamais un moment pour approfondir sa connaissance de la littérature européenne. S’il n’y avait pas ces distractions, sa vie intellectuelle ne serait qu’analyses des acteurs – et donc potentiels clients – dans des guerres civiles, études de marché dans des républiques postcoloniales fragiles, dossier sur des fonctionnaires corruptibles, et cours du marché des armes.

     Son verre et une petite vingtaine de lignes finies, Atumane rangea sa tablette dans sa sacoche, paya et se dirigea vers la sortie. Alors qu’il passait la porte, une inconnue le héla. Enfin, pas tout à fait, il devait s’agir de la blonde rencontrée quelques jours auparavant au bar, sur invitation de Liam. N’étant pas une télépathe, ou quelqu’un présentant un quelconque intérêt apparent au premier regard, Atumane n’avait pas jugé bon de retenir son visage ou son nom.
     Par contre, elle s’en était souvenue. Et cela ne semblait pas lui susciter une joie intense. Mais peut-être était-ce simplement l’effort qui brouillait ses paroles et l’expression de ses sentiments, et le jugement d’Atumane.
     Il voyait en revanche très bien à quoi elle faisait référence. Quoique, Atumane se souvenait beaucoup moins des œuvres exposées que du fait que lui et sa tante et patronne Rosalina avaient dû cravacher en urgence, à en faire des nuits blanches, les trois jours précédents, pour retenir à la virgule près les noms des membres du gouvernement français présents à cette belle soirée parisienne, les généraux et amiraux, tous ces gens ayant partie liée avec les opérations de leur pays dans la « Françafrique », ainsi que tout ce qu’il y avait à savoir pour se les mettre dans la poche et les corrompre comme il fallait, afin d’écouler des stocks avec leur blanc-seing en Côte d’Ivoire, au Mali, en Centrafrique, au Sénégal, au Niger, et vendre des armes autant aux djihadistes que les troupes françaises combattraient sur le terrain qu’aux armées des gouvernements quasi-fantoches supportés par le Quai d’Orsay. Et pour ne rien arranger, il fallait aussi être capable de se remémorer à la perfection le réseau de corruption auquel les Ngwenya participaient autour de cette vente ; les mises aux enchères de croûtes étant un autre nom pour des opérations de blanchiment d’argent et de transferts de fonds sous couverture. Ils avaient dû assister à cette soirée sous pervitine, la drogue du combattant de la blitzkrieg.
     Comme elle avait parlé en anglais, il lui répondit dans cette langue.
     « Oui, j’y étais, oui, avec ma tante. Une très belle soirée. »
     Ah, ça, et d’une rentabilité.
     « Je suis très flatté que vous vous souveniez de moi, mais j’ai bien peur ne de pas pouvoir vous rendre la pareille. Mademoiselle… ? »


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Atumane en neuf secondes:
 
##   Lun 6 Mai 2019 - 16:46

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Amy Artheas
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Atumane confirma rapidement ses soupçons, il était bien ce jeune homme qu'elle avait vu à la réception l'an passé. La femme qu'il accompagnait était donc sa tante, la curiosité de la blonde s'éveillait déjà. Quelle était la raison de leur présence ? Dans quelle branche sa famille avait-elle fait fortune ? Car seuls de très riches invités se retrouvaient cloîtrés dans ce genre d'enchères privées. La blonde se demandait déjà si son père les connaissait, s'il les avait rencontrés, peut être même défendus, aidés, à un moment ou un autre de sa carrière. Son carnet d'adresses était presque aussi long et épais qu'un dictionnaire après tout, ce n'était donc pas si improbable que cela. Amy avait hoché la tête doucement lorsqu'il avait ajouté qu'il s'agissait d'une belle soirée, et elle ne put que se détendre lorsqu'il acheva en déclarant qu'il ne se souvenait pas d'elle. Il n'y avait aucune trace de mensonge ou de feinte dans sa déclaration.

- Artheas, Amy Artheas. Je n'étais pas vraiment au cœur de l'action, ni même des discussions. Plutôt que de me perdre dans la foule en palabres, je préfère observer de loin. J'ai passé une bonne partie de la soirée sur l'un des balcons, j'avais besoin d'air. Le mélange de parfum capiteux, d'haleines avinées, et de fumée de cigare n'a jamais été pour me plaire.

Elle haussa les épaules, presque dépitée. Pendant un instant, elle avait cru que son père avait envoyé quelqu'un pour la surveiller, garder la main sur son héritière. Ha ! Elle n'aurait pas été si surprise ! Bien qu'elle se soit détachée de lui assez tôt, son géniteur avait toujours suivi ses progrès avec sévérité. Elle n'avait jamais été assez bien pour lui. Ses excellentes notes ne suffisaient pas, son aisance au piano non plus, rien n'y faisait. Peut-être que s'il avait pris un peu plus de temps pour... Amy se rendit compte qu'elle fulminait presque, les poings serrés. Ce n'était pas le moment de penser à ça. Relâchant ses épaules et prenant une légère inspiration, elle remarqua sa tenue et prit un ton plus doux, tentant même un sourire :

- Tu cours souvent ?

Elle prit une gorgée de son café, sans le quitter du regard. N'était-ce pas là l'occasion de trouver quelqu'un avec qui partager l’exercice ? Un peu de compétitivité n'avait jamais tué personne, au contraire, cela permettait souvent de battre des records. Se passant la main dans les cheveux, la blonde détourna le regard en demandant avec une certaine incertitude dans la voix, craignant déjà de se voir refuser son offre :

- On pourrait le faire ensemble si tu veux, ça me changerait. Enfin, il faut que tu puisses tenir le rythme.

Elle avait achevé sa tirade sur un petit rictus provoquant, l'étincelle dans le regard. Courir par habitude, c'était une chose, mais une course, ça, c'en était une toute autre. Là, tout de suite, la jeune femme avait envie de se dépasser, et quoi de mieux pour cela qu'un nouvel adversaire ?
##   Mer 8 Mai 2019 - 17:44

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     C’est à partir de là que ça devenait amusant. Agent de la CIA, de la DGSE, du MI6, ou même du Mossad, pour faire un peu exotique ? Ou alors juste une civile quelconque, un peu paumée, qui l’avait remarqué par hasard ? Sur le sol japonais, les seuls qui pouvaient vraiment être craints étaient les Américains, mais depuis l’ouverture de Terrae, nul doute que tous les services de renseignement de toutes les puissances mondiales et régionales mettaient déjà en place un système de surveillance de leurs ressortissants – et de ceux des autres puissances. Rosalina et lui en avaient parlé brièvement. Certes, le risque était faible : impossible d’envoyer un véritable agent, car il y avait trop peu de temps pour l’entraîner entre le moment où il ressentirait le Vide et celui où il serait recruté par un master. Très difficile aussi d’envoyer un civil recruté servant de simple informateur, car le processus restait souvent trop long et trop complexe pour cibler un mineur ou un jeune adulte.
     Toutefois, dans le métier d’Atumane, croire au hasard n’est pas quelque chose que l’on fait souvent. Trop de risques, trop de pognon en jeu, souvent. Toutefois, esprit rationnel, Atumane se devait aussi de privilégier l’hypothèse la plus simple quand il n’avait pas de quoi étayer la plus compliquée. Amy était donc sans doute une jeune fille de la haute société européenne qui se plaignait du confort de ses coussins avant d’arriver à Terrae.
     « Pas souvent, non, vu qu’il fallait que j’emménage, que je déballe les cartons, et que je me remette à travailler, tu vois. Mais là je peux enfin trouver le temps de m’y remettre. »
     Après tout, une connaissance supplémentaire, qui s’avérait être quelqu’un d’agréable, pourquoi pas. Et comme ça, il pourrait garder un œil sur elle. On est jamais trop prudent. Amy ne semblait certes pas être physiquement apte à rivaliser contre lui, mais Atumane n’avait pas une folle envie de compétition, à l’heure actuelle. Il sourit avant de répondre.
     « Très bien, si tu veux, jouer, je vais te donner de quoi faire. Tu vas vers où, le dortoir des nouveaux, je suppose ? »
     Bien entendu, il avait dit cela en laissant planer l’idée que cela ne le concernait pas.


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Atumane en neuf secondes:
 
##   Dim 12 Mai 2019 - 22:15

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Amy Artheas
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La réponse à la première question de la blonde ne fut pas exactement telle qu'elle l'attendait. Elle titilla même sa curiosité lorsqu'il évoqua un certain travail. De quoi pouvait-il bien s'agir ? Avait-il déjà obtenu un emploi au sein de Terrae ? Elle se demanda ce qui pourrait bien lui correspondre. Se souvenant du costume qu'il portait au bar, la blonde l’imagina bien en serveur, croupier, avocat, médecin, tout corps de métier nécessitant une tenue élégante. Il accepta alors sa proposition de courir le retour avec elle, supposant qu'elle se rendait aux dortoirs et par la même occasion que lui non. La demoiselle demanda alors en haussant un sourcil, profitant de l'instant pour le questionner sur son fameux boulot :

- Pas toi ? Tu travailles dans quoi ?

Elle s'étira et bailla, le café commençait à peine à faire effet. Rajustant l'attache de ses cheveux pour qu'ils cessent de masquer sa vue à chaque rafale de vent, Amy ajouta :

- On court tranquillement jusqu'à la cours de l'institut et on sprint jusqu'aux portes, ça te vas ? Ou tu préfères une petite course d'ici aux dortoirs ?

La blonde songea qu'elle aurait bien besoin d'une douche après ça, espérant déjà qu'elle n'y croiserait personne. Non pas que ça la gênait, mais elle avait tendance à fredonner et n'était pas particulièrement assurée que sa voix plaise. Elle aurait dû se moquer royalement de ce que pensaient les autres, mais elle faisait partie de ces gens qui en était incapable, pour son plus grand malheur.
##   Lun 13 Mai 2019 - 6:10

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Atumane Ngwenya
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     Il y a des jours, Atumane se disait vraiment que s’il pouvait arrêter d’être con, mais pas longtemps ; juste cinq petites minutes, ça l’aiderait pas mal, dans sa vie de tous les jours. Quelle idée de se mettre à aborder le sujet de son travail de cette manière. Pour ce qui était de son logement, certes, à un moment ou un autre, Amy aurait fini par s’en rendre compte d’elle-même, et de toutes façon, il n’avait rien de particulier à dire à ce sujet. En revanche, qu’est-ce qu’il allait bien pouvoir dire à propos de son travail ? Que récemment, les deux gros marchés prometteurs dans son domaine étaient le Venezuela et le Kenya, et qu’en conséquence de quoi, Atumane passait le plus clair de son temps à éplucher les dossiers de contacts brésiliens et swahilis qui pourraient passer des cargaisons d’armes vers ces deux destinations, et se chargeait, au travers des salons de la lusophonie pour le premier cas, de liens tribaux dans le second, de mettre en contact Rosalina avec les bonnes personnes et les bons fonctionnaires à corrompre pour qu’elle puisse avoir une longueur d’avance ?
     Certainement pas. Il allait devoir trouver un mensonge facile. Le problème, c’était que ces sornettes qu’on fabrique au milieu de son sport matinal sont généralement des histoires pleine de trous, et comme il allait devoir servir la même excuse à un peu tout le monde pour éviter qu’en papotant de lui avec un autre quidam, Amy se rende compte qu’il lui avait menti et qu’elle ait des soupçons, et que donc ladite excuse avait intérêt à être solide. Or Atumane avait beaucoup à faire, et n’avait pas encore eu le temps de bâtir une couverture digne de ce nom.
     Tant pis, il fallait trouver la réponse la moins compromettante ; le mensonge ouvrant le plus de possibilités.
     « Oh, rien de très intéressant. Études de marché, stratégies de vente, aide à la planification d’opérations commerciales, ce genre de choses. Enfin, pour l’instant je suis surtout en train de négocier avec ma boîte pour pouvoir faire du télétravail. »
     Pas le mieux qu’il pouvait sortir, mais ça suffirait. Un mélange de vague et le précis ; une série de fonctions semi-abstraites et un point de détail concret, bien qu’évident étant donné la nature de Terrae, pour apporter un effet de réel.
     Et surtout, détourner le sujet aussi vite que possible.
     « Enfin, sinon, je loue une chambre à un habitant du bâtiment des Terres. C’est pas très cher, donc si tu as un peu de sous, tu peux voir s’il y en a d’autres qui proposent le même plan. Après j’ai eu surtout du bol, vu que je suis tombé sur mon logeur presque par hasard. »

     « Une petite course, c’est très bien. »
     Et il commença, à petites foulées puis accélérant lentement, essayant de se caler sur le rythme d’Amy.
     « Et du coup, pour m’avoir reconnu, tu étais qui, avant Terrae ? »
     Pour le coup, c’était de la réelle curiosité. Certes, cela permettrait de la cuisiner un peu et de savoir si oui ou non elle était un agent, possibilité à ne jamais exclure, mais c’était aussi un bon moyen de sympathiser. On a tendance à oublier ce que sont des relations « normales », quand on passe près d’une année à rencontrer des gens qui sont, au choix, des ennemis, des partenaires économiques – c’est à dire, des gouverneurs véreux, des barons de la drogue, des chefs de guerre djihadistes – ou des sbires serviles. Comment Rosalina faisait-elle pour avoir une vie à côté, mystère. L’expérience, sans doute.


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Atumane en neuf secondes:
 
##   Dim 19 Mai 2019 - 14:33

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Amy Artheas
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Atumane expliqua dans les grandes lignes en quoi consistait son emploi et la demoiselle secoua légèrement la tête pour signifier qu'il avait son attention et qu'elle avait enregistré l'info. Ainsi, il ne travaillait pas sur Terrae ni pour l'institut d'ailleurs, et continuait d'entretenir la carrière qu'il avait débuté avant de se retrouver ici. C'était ambitieux, cela plaisait à la blonde. Elle qui avait tout lâché après l'accident n'aurait jamais pu retourner travailler avec ses collègues comme si de rien n'était. Elle se demanda une nouvelle fois ce qui avait pu amener le jeune homme ici. Pour répondre aux informations qu'elle venait d'obtenir, Amy lança en souriant :

- C'est génial, j'espère que tu vas obtenir ce que tu veux. Ce doit être très intéressant comme secteur.

Il lui apprit ensuite qu'il avait trouvé une chambre à louer à l'étage des Terres. Plutôt pratique. Pourquoi n'avait-elle pas songé à chercher une telle opportunité pour se débarrasser des dortoirs ? Il avait apparemment eu la chance de rencontrer quelqu'un qui lui avait offert cette opportunité et lorsqu'il lui suggéra de faire une recherche de son côté, la blonde reçu le conseil avec un nouveau hochement de tête :

- Je vais faire ça, merci pour l'info.

Et elle le ferait, pour sûr. Elle n'avait aucune idée du temps qu'elle avait encore à rester novice et si elle pouvait s'éviter ne serait-ce qu'une nuit en enfer, il était hors de question qu'elle s'en prive. Atumane accepta sa proposition de course et ils se mirent en route pour l'institut à petites foulées qui accélérèrent doucement jusqu'à atteindre un rythme de croisière. Amy jaugeait la foulée de son partenaire, il semblait loin d'être à son maximum. Faisait-il exprès de se caler sur son rythme pour ne pas la froisser ? Ou avait-il décidé d'adopter la stratégie selon laquelle on avait plus de chance de devenir ami avec son rival si on le laissait gagner et jouait ensuite la carte du bon perdant ? À en jauger par sa facilité à conserver sa vitesse sans forcer, la blonde compris qu'ils étaient loin d'être ex eaquo. Elle n'avait aucune chance de gagner contre Atumane, elle le sentait.

Cependant, loin d'être une mauvaise chose, cela poussa Amy à accélérer un peu. Elle voulait en faire plus, trouver un bon adversaire était une réelle occasion de se dépasser. Elle garda toutefois assez de souffle pour répondre tranquillement à l'interrogation du jeune homme, un sourire mélancolique collé aux lèvres :

- Avant Terrae, je n'étais personne, seulement la fille d'un célèbre avocat des finances qui aime bien se pavaner en public et traîner sa femme et sa fille en soirées comme de beaux accessoires. J'étais le genre d'enfant dont on attend qu'il présente bien et ouvre la bouche le moins possible. Une éducation rigide, des résultats excellents mais jamais suffisants, une maîtrise parfaite de l'étiquette. Je travaillais en tant que vendeuse dans une librairie, rien d’impressionnant, mais j'aimais mon travail, j'en étais fière.

Un souvenir de la soirée remonta d'un coup et Amy s'exclama, les yeux ronds :

- Oh ! Je me souviens. La vente, c'était à Paris. J'ai discuté avec un aristocrate français qui possédait un accent horrible, il voulait absolument me faire monter en haut de la tour Eiffel. Je me demande toujours s'il parlait bien de l'édifice vu la façon dont il me regardait... Quel goujat !

La blonde ne put retenir un éclat de rire puis elle accéléra à nouveau, sentant qu'elle atteindrait bientôt son maximum si elle voulait tenir jusqu'à la cour de l'institut. Amy glissa un petit regard en coin à Atumane avant de lui retourner la discussion sans ralentir :

- Et toi ? Tu étais qui avant Terrae ?
##   Mar 28 Mai 2019 - 14:28

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Atumane Ngwenya
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     Intéressant, son métier, ça, on pouvait le dire. Plus qu’elle ne le pensait, mais passons. L’espace d’un instant, Atumane se demanda quel niveau de confiance serait nécessaire pour qu’il révèle qui il était. S’il se faisait un véritable ami, ou même s’il se mettait en couple, s’il devait sa vie à quelqu’un… La réponse fut rapide : aucun. Notez, ce n’était pas tellement un secret à proprement parler : combien de fois l’avait-on vu aux côtés de sa tante, qui était une figure connue dans son milieu. Enfin, la probabilité de trouver quelqu’un dudit « milieu » à Terrae restait très faible. Et c’était tant mieux ; car cela ne pourrait signifier que l’existence d’une concurrence.
     Il n’avait pas trop l’occasion de penser non plus, vu qu’Amy s’avérait être une bonne coureuse. Atumane remarqua que, consciemment ou non, elle accélérait le rythme régulièrement. Et à chaque fois, il la suivait de près. C’était une bonne émulation. Il serait intéressant de courir plus souvent avec elle, rien que pour cela.
     Enfin, à condition de ne pas trop prêter attention à sa conversation. Je n’étais personne, excepté un membre du 0,1 % ; de la classe mondiale la plus privilégiée. Pauvre princesse, se plaignant de la blancheur du marbre et du brillant de l’or de sa cage. Pour quelqu’un qui était devenu ce qu’il était par l’effort et la débrouillardise, et passait son temps à travailler, et à lutter contre ou coopérer avec – et souvent les deux à la fois – des forces aussi dangereuses que des triades chinoises, des trafiquants d’Afrique du Nord, des mafieux russes, des mercenaires indochinois et des services secrets occidentaux, ce genre de discours de personnes nées avec une cuiller en argent dans la bouche lui était insupportable.

     L’embêtant était qu’il ne pouvait pas non plus lui dire « qui » il était exactement. Au vu de ces réflexions précédentes, même lui en donner une version édulcorée produirait invariablement un froid. Quand on rappelle à la classe parasite des héritiers que d’autres étant à leur niveau sont en même temps bien plus méritants, car eux ne se sont pas donnés la peine de naître et rien de plus, il est rare qu’elle le prenne au mieux. Cela ne fait qui lui rappeler sa propre vacuité, et sa propre inutilité.
     Par ailleurs, bien que simpliste, la question d’Amy était en fait assez profonde – peut-être même que ceci expliquait cela. Atumane se souvint qu’on avait posé la même question à sa tante, il y a quelques années. Rosalina lui avait raconté : alors qu’elle était au Laos, lors d’une soirée organisée par le baron local, un moine bouddhiste avait été invité – ou s’était invité et personne n’avait eu l’envie de le chasser – et avait fait son Socrate, en discutant avec les invités et les mettant parfois quelque peu mal à l’aise. Scène déjà comique en soi qu’un vieux chauve en habits oranges, allant pieds nus, au milieu d’industriels et de trafiquants, et de leurs gardes du corps armés jusqu’aux dents. Férue de sagesse orientale, Rosalina n’avait pu s’empêcher de converser avec lui. À un moment, il lui posa cette simple question : « Qui êtes-vous ? » Ce à quoi elle répondit avec un sourire malicieux : « Je suis riche. » Une réponse typique d’une tenante du darwinisme social.
     Non, il ne pouvait pas répondre cela. Des banalités feraient mieux l’affaire.
     « Avant Terrae ? Oh, je n’ai pas vraiment cessé d’être qui j’étais avant. Je travaille dans la même boîte, je reste en contact avec ma famille. Et puis, ça ne me fait pas trop bizarre de devoir vivre au Japon. Je suis né au Mozambique, mais j’ai fait mes études à Oxford, et j’ai beaucoup voyagé. »
     Il s’agissait maintenant de relancer la conversation. « Et toi, tu aimes les armes à feu ? » Non, ça n’irait pas.
     « Du coup, t’as des projets, maintenant que t’es à Terrae ? »


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Atumane en neuf secondes:
 
##   Ven 31 Mai 2019 - 21:36

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Amy Artheas
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Sans ralentir, Amy écouta la réponse d'Atumane. Elle n'était pas grandement surprise par ses propos, cela correspondait assez bien avec ce qu'elle avait appris sur lui depuis le début de leur discussion. Ses paroles amenèrent quand même quelques pensées parasites dans son esprit. La blonde n'avait, de son côté, gardé aucun contact avec ses parents ou son ancien patron. Ce dernier avait pourtant joué le rôle du père de substitution et elle avait pour lui une affection qu'elle ne lui témoignerait jamais. L'homme était un ours, bourru et peu bavard, mais il avait tant donné ! La passion de la demoiselle pour la littérature venait en partie de ses enseignements.

Quant à ses parents... Et bien, son père n'avait jamais été présent et leurs rencontres étaient souvent espacées d'au moins six mois. Pour ce qui était de sa mère, la jeune femme n'éprouvait pas le besoin de lui donner de nouvelles régulières, elle ne lui avait envoyé qu'un rapide sms depuis son arrivé et n'y avait pas même reçu de réponse. Heureusement, Amy ne comptait plus sur eux depuis bien longtemps et la vie qu'elle menait à Terrae était bienfaitrice, pansant doucement ses plaies. À son explication concernant son adaptation au Japon, la demoiselle répondit évasivement :

- Je comprends, j'ai moi-même eu beaucoup d'occasions de voyager. Chaque culture à ses enseignements à apporter et il y a tant à apprendre et retenir.

Ils arrivaient en vu des champs de fleurs et avaient donc fait la moitié du chemin. La transpiration commençait à couler sur le front de la demoiselle, mais elle refusait de céder maintenant. Elle n'avait pas tenu si longtemps pour tout lâcher à mi-parcours, alors elle accéléra encore un peu, puisant dans ses réserves pour se prouver qu'elle pouvait y arriver. Il lui demanda si elle avait des projets et cette fois, la blonde freina légèrement le pas, aussi bien parce qu'elle venait de se rendre compte qu'elle n'avait encore pris aucune décision que parce qu'elle souhaitait entendre la réaction d'Atumane. Incertaine, la blonde déclara l'air légèrement ailleurs :

- Avant Terrae, je travaillais dans une librairie, j'y ai appris le sens du commerce avec un excellent professeur et depuis, je me passionne pour la littérature. J'ai vu que celle du village était à l'abandon, je pense donc la reprendre. Il y aura bien sur des travaux à faire avant de pouvoir rouvrir, mais ça ne me fait pas vraiment peur. Pour la première fois, j'ai l'occasion de mener à bien un projet qui ne dépend que de moi et d'utiliser pour cela l'argent que j'ai mis de côté plutôt que celui que mes parents balancent en permanence sur mon compte pour compenser leur attitude.

Sa dernière phrase était chargée d'amertume. Ses géniteurs n'avaient jamais cru en elle, cette opportunité était donc une chance de leur montrer qu'ils avaient tord de continuer à la sous-estimer. Curieuse, Amy chassa tout ressentiment de sa voix et lança derrière son épaule avec un sourire amusé :

- Qu'est-ce que tu attends de Terrae ? Pourquoi avoir accepté de venir ici alors que tu continues de mener la même vie qu'avant de rejoindre cette communauté ?
##   Mar 4 Juin 2019 - 2:45

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Atumane Ngwenya
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     Est-ce qu’ils faisaient un concours tacite de qui pourrait sortir la banalité la plus sur-utilisée, ou est-ce qu’Amy était comme ça au naturel ? Notez, Atumane n’avait rien dit non plus de follement intelligent, ou original, mais lui avait une raison derrière. Or Amy semblait totalement sincère, quand elle se mettait à raconter sa vie inintéressante.
     Et en plus, étant donné qu’il courrait, il ne pouvait pas utiliser son esprit à pleine puissance, et son cynisme naturel prenait le dessus et empoisonnait la moindre de ses réflexions.
     Bien sûr, que chaque culture apportait ses enseignements. Par exemple, les Chinois sont bien plus sourcilleux qui n’importe qui sur la régularité, l’efficacité des infrastructures et de la hiérarchie, et sont des négociateurs impitoyables avec un esprit comptable au possible, mais pour qui la qualité de la marchandise est une préoccupation secondaire. À l’inverse, les Arabes veulent des flingues gros et puissants, indifféremment de leur utilité tactique réelle, payent un peu comme ils veulent, et sont plus du genre à entretenir des liens de confiance de personne à personne, et à accorder des faveurs. Quand aux Européens, ce sont des pigeons à qui on pourrait faire passer des triplans pour des F-16, avec assez de peinture. Enfin, sauf ceux de l’Est, qui te plantent au couteau avant de réfléchir, et qui ont une sorte de sixième sens quand on essaie de les entuber.
     Apprendre « le sens du commerce », et l’utiliser dans une librairie de village. Apprendre la valeur du travail bien fait en montant son petit projet loin des millions de sa famille. Dieu – abus de langage évidemment, Atumane étant athée au possible – que c’était risible. Il n’y avait que les héritiers pour ne pas savoir quoi faire de leur pognon. S’ils veulent s’en débarrasser et retourner à des professions plus simples, plus à même d’ouvrir leurs chakras, pas de problème, qu’ils le donnent, leur fric. Curieusement, cette pensée ne les effleurait jamais.

     Elle changea de rythme, accélérant un coup, puis ralentissant son rythme. Atumane la suivit. Même si elle avait une conversation d’une platitude effarante, Amy était une bonne compagnonne de course, il fallait lui reconnaître cela. Est-ce que courir avec quelqu’un pour la stimulation qu’un peu de concurrence pouvait engendrer compenserait le fait de l’entendre pépier à tout bout de champ ? Difficile à dire.
     Enfin, voilà qu’Amy requerrait qu’il alimente la conversation. Y en avait-il encore pour longtemps ? Atumane ne pourrait pas tenir jusqu’au bout avec des réponses évasives. Il faudrait bien qu’il soit un peu plus piquant, pour la stimuler elle, et lui faire dire autre chose que du rien emballé dans du vide. Un peu de distraction, même un peu de conflit, pourquoi pas, du moment qu’il ce passe quelque chose.
     « Ce que j’attends de Terrae ? Des nouvelles opportunités de marché. L’obtention d’un pouvoir, et son exploitation. Un logement pour ainsi dire gratuit au cœur d’une des villes les plus importantes de la finance mondiale et aux loyers les plus chers. Des opportunités de carrière. Mais, je suis étonné que tu me poses cette question comme si elle ne te concernait pas. De libraire, tu veux passer à libraire ? Avec une clientèle encore plus réduite, vu que nous sommes dans un vase clos, qui plus est. Le principe de mon travail, c’est que s’il peut paraître extrêmement ennuyeux et… froid à ceux qui ne le vivent pas, il est en renouveau permanent : le monde change, ses modèles économiques aussi, donc ma profession suit. C’est fascinant. On ne cesse jamais d’apprendre, de se réinventer. Par contre, je m’étonne que le changement radical de perspective et l’occasion d’un nouveau départ que représente Terrae ne suscite en toi que l’envie de redevenir une boutiquière. »


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##   Sam 8 Juin 2019 - 15:30

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Amy Artheas
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Ils dépassaient les champs de fleurs au moment ou Atumane se mit à la provoquer sans raison apparente. Si Amy eue des doutes au début de sa tirade, les derniers mots ne le lui en laissaient plus aucun. Bien qu'elle ne soit pas du genre à s'emporter, elle faillit répliquer sèchement qu'avec ce qu'il lui avait appris, il n'était absolument pas en position de lui reprocher de ne pas avoir changé certaines de ses habitudes. Au lieu de cela, elle continua de courir tranquillement, maintenant un rythme soutenu, et lui lança ironiquement :

- C'est vrai que tu es le roi du changement comparé à moi ! Même relations, même boulot, en dehors du profit des avantages de la situation qui t'es offerte, je ne vois aucune évolution.

La tension que la blonde avait ressentit un instant plus tôt était tout de suite retombée. Elle n'avait aucune raison de se justifier après tout, il n'était rien, ni personne, pour elle. Son sourire vacillant retrouva son éclat et la demoiselle lança, tentant d'expliquer son point de vue plutôt que de se refermer sur le silence ou sur la facilité que représentaient les accusations :

- Ton interprétation des informations que je t'ai donnée est assez... Controversée, de mon point de vue. Dans un premier temps, je t'ai expliqué que je travaillais avant dans une librairie, et même si mon patron m'a beaucoup appris, il était le seul à prendre des décisions. En ouvrant cette librairie, je vais non seulement en prendre intégralement le contrôle et donc évoluer en gagnant un poste plus important, mais la multitude de langues présentes à Terrae m'offre en plus une infinité de possibilités en ce qui concerne les auteurs et les intérêts des lecteurs. Au travers de leurs choix, c'est également leur personnalité que je vais découvrir, et c'est cette relation avec la clientèle qui est la plus importante pour moi, car elle me permet de me renseigner sur d'autres sujets que ceux qui m'attirent de prime abord. J'aime apprendre et la littérature est toute indiquée quand il s'agit de se documenter.

Elle avait appris que répondre à la provocation avec animosité ne faisait qu'accroître les conflits, et, dans tous les cas, ce n'était pas son genre de s'énerver si facilement. Non pas que sa critique ne l'ai pas touché, mais elle en avait l'habitude. Accélérant, elle vit enfin l'institut apparaître. La blonde décida qu'il était temps d'achever cet entraînement matinal et sprinta sans prévenir. Il ne restait que quelques mètres, et lorsqu'elle atteignit l'entrée du grand bâtiment, la demoiselle entreprit de ralentir pour finalement marcher, le temps de reprendre son souffle. Cet effort avait achevé de lui enlever ce surplus d'énergie et elle s'étira en grimaçant avant de souffler :

- Fiou, ça fait du bien !

Quand Amy eut récupéré, elle chercha de quoi écrire dans son sac et après avoir noté avec une calligraphe impeccable son numéro au dessous de son nom, arracha la feuille pour la lui tendre. Elle lança alors à Atumane avec un entrain retrouvé :

- Je te propose qu'on s'en tienne là pour aujourd'hui, j'ai pas mal à faire et une bonne douche m'attends. On pourrait se retrouver pour courir une autre fois ? Si ça te va, tu n'auras qu'à m'envoyer un texto.
##   Mar 11 Juin 2019 - 21:45

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Atumane Ngwenya
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     Enfin il se passait quelque chose. Pour Atumane, la réaction d’Amy était équivalente à creuser le fossé social qui les séparait, au moyen d’une armée de pelleteuses. Essayait-elle de le provoquer ? Jouait-elle l’idiote ? Ou l’était-elle ? Au moins, ça permettait d’évacuer les derniers infimes pourcentages de chance qu’elle fût un agent. Un agent se serait au contraire montré intéressé par son métier, et ne se serait pas empressé de raconter l’histoire que son agence lui avait fabriqué pour lui servir de couverture – ce qui avait l’inconvénient de multiplier les failles possibles et les angles d’attaques dans le récit servi, et donc d’augmenter les risques qu’on comprenne l’identité réelle de l’agent. Notez qu’à l’inverse, Atumane avait fait de son mieux pour la faire parler d’elle, et pour parler peu de lui, et faire en sorte qu’Amy ne s’intéresse même pas à ce qu’il pouvait lui raconter sur qui il était. On aurait presque cru assister à un exercice de manuel.
     Au demeurant, Atumane en avait-il quoi que ce soit à foutre de ce qu’elle lui disait à propos de son entreprise ? Certainement pas. Il n’écouta que d’une oreille distraite, es contentant d’afficher un air intéressé, d’opiner de la tête et de laisser échapper quelques onomatopées vagues pour signaler son intérêt. Amy avait rempli son rôle –qui n’était pas d’être un partenaire avec qui échanger, ou même faire ami-ami–, mais le divertir le temps d’une course. Ça ou de la musique.
     « Ouh, ouais, tu l’as dis. Belle accélération, sur la fin, ça m’a surpris. »
     Amy tendit un papier avec dessus son numéro, alors qu’Atumane faisait ses étirements d’après l’effort. Il le prit et le glissa dans une poche, avec un sourire aussi amical que possible.
     « Ce serait avec un grand plaisir, Amy. Tu cours bien, c’était très stimulant. Je vais t’envoyer un message dès que possible, pour te donner mon numéro. N’hésite pas non plus à m’appeler, si tu veux. »
     Allait-il vraiment participer à une nouvelle course avec elle ? Probablement. Après tout, il fallait bien qu’il se fasse des connaissances. Tisser des réseaux, c’était le cœur de son métier.


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