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Les étoiles d'ici
##   Dim 12 Mai 2019 - 20:21
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Osric vint s'échouer sur le toit de l'institut qui serait son nouveau foyer. Il n'avait connu que peu d'endroits qu'il avait considéré comme sa demeure.

D'abord, la demeure de ses parents, là où il avait grandi. Elle lui semblait bien vide maintenant que sa mère était partie et que l'image de son père n'était plus là pour le guider à travers les méandres du domaine. il n'avait jamais compris le besoin qu'on certains de courir après des souvenirs, comme s'ils cherchaient à rattraper un temps qui n'existe pourtant plus.

Ensuite, était venu le collège pour garçons. Il ne l'avait jamais vraiment considéré comme un foyer. Il y était arrivé comme un cheveu sur la soupe en cours d'année et en était reparti deux ans après. Deux années durant lequelles il n'avait pas cherché à laisser sa marque dans ces lieux. Bien au contraire. Il avait tenté par tout moyen d'effacer son passage, soucieux des possibles répercutions si des rumeurs venaient à s'ébruiter.

Était alors venue la caserne où il avait appris à devenir un soldat en même temps qu'un homme. Là, il avait aimé les lieux, pourtant sommaires, épurés et au charme aseptisé pour ne pas dire clinique. Pourtant, il y avait fait la rencontre d'Asmir, cet être qu'il lui était en tout point opposé. Alors que la vie avait été facile pour Osric, né dans une famille à la situation confortable et auprès d'une mère aimante, celle d'Asmir l'avait fait grandir trop vite. Alors qu'il n'était encore qu'un enfant il avait dû prendre en charge l'éducation de ses frères et sœurs, dont le nombre n'avait jamais cessé de croitre. Sa mère se contentant de les mettre au monde, sans pourvoir à leur avenir par la suite. Il avait appris à bafouer les règles des hommes, pour survivre et protéger la chair de sa chair. Ce tempérament d'acier entouré d'une humilité à faire rougir les nonnes avait conduit Osric a voué une admiration sans faille à Asmir. Osric s'était secrètement promis d'être pour Asmir, ce qu'il avait été pour ses frères et sœurs, un pilier inébranlable.

Puis, il avait été conduit sur les dunes sableuses du Sahara. Là-bas, il n'avait guère eu le temps d'y construire un havre de tranquillité. Il avait rapidement compris qu'il était plus sage de s'accrocher à son escouade plutôt qu'à ces lieux. Car, si leur grâce pouvait tromper l'esprit non avisé, l'immensité sableuse qu'il foulait de ses pas était un champ de guerre. La moindre ombre, le moindre recoin, le plus petit mirage étaient autant de pièges qui pouvait le conduire, lui et les autres, à leur perte. Avait-il malgré tout succombé au venin exquis de la mer sableuse ? Il ne pouvait s'empêcher de se poser la question, lui qui avait été survécu, alors que tant d'autres avaient péri. Ne disait-on pas que le serpent siffle toujours avant de mordre ? Comment avait-il pu loupé ce sifflement ?

Son esprit revint à l'endroit même où il se trouvait maintenant, sur le toit d'un institut qu'il y a quelques heures, il ne connaissait pas, dans un pays dont il n'avait que peu de connaissance, entouré de gens qui étaient pour lui des étrangers. Avait-il fait le bon choix ? En avait-il vraiment un ? On avait toujours le choix. C'était lui qui avait accepté de suivre cet inconnu. C'était lui qui avait souhaité s’enrôler. C'était encore lui qui avait sauvé son ami. Il n'avait au fond pas de regret. Il était fier des choix qu'il avait fait. Jamais il ne s'était laissé dicter sa conduite.

Toujours dans ses pensées, cela ne l'empêcha pas d'entendre les bruits de pas derrière lui. Certaines choses n'avaient pas changé. Il restait un soldat. Son entrainement, il ne pourrait l'oublier. Jamais plus il ne trouvera le repos comme le reste du monde. Toujours, une petite voix en lui veillerai comme une sonnerie sourde et quasiment inaudible.

Il fit semblant de n'avoir rien entendu. Il contemplait Cassiopée, constellation en forme de W, reine enchaînée à son trône, contrainte de suivre un tragique destin.  
##   Mar 14 Mai 2019 - 22:22

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Amy Artheas
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Depuis qu'Amy avait emménagé dans sa nouvelle chambre, elle voyait la vie d'un nouvel œil. Plus de petite peste pour rentrer torchée à trois heures du matin à grand renfort de talons qui claque et de rires hystériques, de vomis ou de gros chagrins. Plus non plus de ronflement, de bruits permanents, de lits qui grincent, de vêtements qui traînent partout et de mauvaises odeurs suspectes. Le calme, la tranquillité, la propreté, l'ordre, quel bonheur ! La blonde avait l'impression de revivre. Mais ce soir, elle ne parvenait pas à trouver le sommeil, et elle espérait secrètement qu'une autre personne - un certain rouquin - rencontre le même problème. Ce n'était certes pas très gentil de souhaiter son malheur ainsi, mais la demoiselle avait envie de parler avec lui, d'en apprendre plus sur ce qui l'avait amené à Terrae. Oh, elle aurait sûrement à répondre aux mêmes questions, mais s'ils étaient sur un pied d'égalité cela ne la gênait pas... Probablement pas.

En poussant la porte du toit elle fut surprise, la brise agita les volants de sa longue robe blanche et sa chevelure l'empêcha un instant de confirmer ce qu'elle avait vu. La jeune femme du attendre que la rafale passe pour replacer les mèches rebelles en arrière. Retrouvant ainsi la vue, la blonde se rendit compte qu'un homme se trouvait bien sur le toit, mais ce n'était pas celui qu'elle cherchait. Cependant, elle n'allait pas se montrer hostile pour autant, aussi s'avança t'elle vers lui, s'arrêtant à ses côtés en laissant toutefois une certaine distance de sécurité. Depuis qu'elle était passée initiée, Amy craignait légèrement les contacts physiques. Elle ne contrôlait pas sa force et cassait régulièrement des objets malgré toute son attention et les précautions qu'elle avait mise en place. Elle n'avait encore jamais fait de mal à un autre être vivant qu'elle-même et souhaitait de ton cœur que cela reste inchangé.

Levant la tête vers la voûte céleste, la jeune femme observa un instant les milliards d'étoiles qui brillaient, donnant de leur éclat pour sublimer le monde terrestre. Elle soupira, se remémorant la difficulté qu'elle avait à les observer à Washigton, puis à Orange, même les plages étaient souillée par la pollution lumineuse des nombreux spots de boîtes, bar, et autre. Sans se tourner ni même chercher à observer l'homme qui se trouvait là, la blonde lança doucement :

- C'est un magnifique spectacle, n'est ce pas ?

Elle déplia le plaid qu'elle avait amené, posa sa besace et s'assit sur le bout de tissu sans quitter le ciel des yeux. L'astre laiteux était absent ce soir. Peut-être était-ce la nouvelle lune ? Ou simplement un de ces vilains nuages gris qui la masquait de sa présence. Elle lança à l'individu, avec un sourire qui, même s'il lui était adressé, était tourné vers la myriade d'étoiles :

- Tu veux t'asseoir ? Je ne mords pas, promis.
##   Lun 27 Mai 2019 - 21:49
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Alors même qu'il lui semblait voir dans le ciel cette reine enchaînée à un destin fatal, il se demandait où était l'étoile dont avait donné naissance la mort de sa mère en le laissant seul sur Terre. Un son vint percer alors le silence de la nuit. La voix était douce mais assurée, amicale mais mesurée. Ces paroles étaient venues percer le voile de l'instant, faisant retourner Kairos à la réalité. Son entrainement l'interdisait de s'abandonner totalement. Ainsi, avait-il entendu des bruits de pas approchant. Le rythme, la démarche, la force de sa démarche trahissait une personne d'une force certaine. Pourtant, Kairos n'avait senti aucune agressivité dans l'air, ce qui l'avait conduit à ne pas s'inquiéter outre mesure.

Aussi, la question, semble t-il rhétorique, vint le tirer de ses rêveries. C'était certes magnifique, mais l'évocation d'un spectacle le fit s'interroger. Était-ce vraiment un spectacle. Les étoiles étaient-elles vraiment là pour eux ? Étaient-ils les spectateurs passifs d'une émission quotidienne, immuable, vouée à perdurer pendant encore de nombreuses années ? Il pensa que parmi les merveilles que ses yeux pouvaient observer, certaines étaient déjà mortes, qu'elles brillaient encore. D'autres alors étaient nées, qu'il ne pouvait encore les voir. Là, était le cours, inexorable, du temps, flèche affutée qu'on ne sache arrêter.

Il répondit, pensant à voix haute plus que ne cherchant à répondre :
- Qui aurait-pu penser qu'on irait jusqu'à voler l'essence même de la contemplation aux hommes ?

La lumière des hommes était venue ébrécher l'éclat des étoiles. L'artificiel avait petit à petit dompté l'ordre des choses. Ce qu'on avait cru posséder pour toujours, s'envola jour après jour, sans qu'on ne daigne s'en offusquer. On ne prête pas attention à un léger larcin. Puis on oublie ce larcin et on finit même par oublier jusqu'à notre possession. Ce délicat venin, subtil, insaisissable, indolore jusqu'à un certain point. Un point de non retour, où c'est l'espoir même qui s'envole sur les obscures lumières du monde. A prendre pour acquis, on finit par ne plus prêter attention. Il pensa à sa mère, qu'il avait eu l'audace de croire invincible, éternelle. Il l'avait délaissée, pour son pays, pour sa liberté. Mais que restait-il  maintenant ? Sa mère n'est plus et tout est dévasté, sa liberté bien fade.

Il ne saurait dire si l'inconnue décela sa nostalgie et sa morocité ou si elle vint vers lui spontanément, sans véritable autre raison que sa nature sympathique. Il accepta sa proposition sans lui répondre. Il se posa et osa lui jeter un regard. Il n'avait jamais vraiment su dire si une fille était jolie ou non. Elles lui semblaient toutes gracieuses, toutes rayonnantes, toutes uniques. Mais elles étaient aussi ce fruit interdit, cet objet d'une convoitise qui se devait de rester fantasme. Cet interdit qu'il côtoyait, appréciait mais n'arrivait à effleurer.

Il lui demanda, naïvement :

- Alors, vous aussi ils sont venus vous chercher ? Ils pensent vraiment que regrouper ensemble ceux qui n'ont plus grand chose à perdre réussira à nous rendre l'existence plus légère ? Du moins, les étoiles sont pareilles, ici ou ailleurs. On pense que tout change, mais rien ne change. Ici, là-bas ou encore là-haut, tout est un cycle au fond.
##   Mer 29 Mai 2019 - 11:54

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n'avait pas répondu à la question du jeune homme. Elle ne lui semblait pas réellement destinée. Comme l'émanation d'une âme qui passait à proximité. Elle ne put cependant s'empêcher d'y réfléchir. L'homme avait toujours tout fait pour s'approprier l'immensité de la vie. Tout contrôler, tout utiliser, jusqu'à épuisement, voilà quelle était l'essence même de son existence. Il n'était qu'un consommateur compulsif souhaitant acquérir toujours plus, toujours plus rare, toujours plus nombreux, peu importe les dégats. La blonde chassa cette pensée lorsqu'il vint s'asseoir sur le plaid avec elle. Alors seulement, il la regarda enfin, comme s'il acceptait finalement de prendre en compte sa présence.

Sa question la surprit. Elle faillit répondre à vif, rétorquer trop vite avec des arguments d'attaque. Mais ce n'était pas le bon choix, elle le savait. La blonde lui offrit d'abord un sourire, doux, patient, un peu triste aussi. Elle reporta ensuite son attention sur les astres et laissa s'échapper un long soupir. Alors seulement, elle entreprit de répondre, choisissant ses mots avec soin et les exprimant avec la chaleur de celle qui accepte un avis différent, mais qui veut également faire entendre le sien :

- C'est vrai, ils sont venus me chercher.

Elle pouffa doucement à ce souvenir. Cela ne faisait qu'un mois à peine qu'elle vivait à Terrae, mais elle avait parcouru tant de chemin !

- Ils ne cherchent pas tant à nous rassembler dans le but que nous formions un groupe de soutiens étendu les uns envers les autres. Ils nous offrent une opportunité de vivre une nouvelle vie, différente de la première, de choisir ceux qui nous entourent différemment, en sachant que, tout comme nous, ceux qui se retrouvent ici ont subit un traumatisme. Ne dit on pas que ceux qui ont soufferts sont moins prompt à juger ?

Elle lui jeta un coup d'œil et continua d'un ton léger :

- C'est une opportunité de redémarrer à zéro, sans personne pour nous dicter notre conduite ou nous reprocher nos actes passés. Nul ne nous demande d'oublier notre vie précédent Terrae, mais simplement de choisir si nous désirons en changer la trajectoire.

Amy s'étira et se laissa tomber sur le dos, sa chevelure formant comme une corolle autour de son visage. Elle acheva sa réponse dans un murmure qu'il n'était pas difficile de saisir dans le silence obscur de la nuit :

- Tu fais erreur, tout change lorsqu'on choisit de saisir d'autres opportunités. Mais pour cela, il faut se laisser une chance de changer plutôt que de suivre la spirale infernale qui nous a amenés ici. Il ne tient qu'à toi de décider de la façon dont tu souhaites vivre.
##   Sam 8 Juin 2019 - 11:46
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Il sembla à Osric qu'elle avait été agacée un bref instant par son propos. Mais, après un léger soupir, comme si elle enlevait la vapeur excédentaire de son organisme, elle lui avait répondu calmement, avec un ton empli de compassion, quoique empli d'un soupçon de sarcasme. Il ne comprit pas vraiment pourquoi elle pouffa, bien qu'elle ne donna à vrai dire pas d'explications sur ce point.

En réfléchissant à ses propres paroles, il se trouva un peu désabusé. Il faudrait qu'il veille à ne pas trop se laisser abattre. L'apitoiement n'était guère dans son habitude.

Il écouta les paroles de sa nouvelle acolyte. Elles étaient pleines de bon sens. Pourtant, quelque chose continuer à le déranger dans l'idée de regrouper ainsi, et de cloitrer, dans une certaine mesure, des gens traumatisés tous ensemble. Mais il était trop tôt pour juger de tout cela. Il devait se faire sa propre opinion de l'endroit, et surtout des gens qui l'habitaient.

Osric avait-il vraiment des choix à se reprocher ? Souhaitait-il changer la trajectoire ? Il avait plutôt le sentiment qu'on avait fait le choix pour lui. Qu'il n'avait pas eu vraiment son mot à dire dans tout ce qui lui était récemment arrivé.

La jeune femme s'allongea délicatement, sa fine chevelure venant irradier d'un halo envoutant son visage d'ange.

Onyx, se laissa lui aussi aller et posa également son dos contre le plaid chaud que la jeune femme avait disposé. Il répondit à son murmure, lui aussi les sons sortant à peine de ses lèvres :

- Tu ne sembles pas trop traumatisée quand on pose les yeux sur toi. Ton visage angélique n'a pas pris les plis d'une femme soucieuse et aigrie. Mais, tu as peut être raison. Peut-être que ce n'est qu'une question de volonté. Je l'espère en tout cas.

A peine eut-il fini sa phrase qu'une étoile filante vint s'effiler dans leurs champs de vision respectifs. Il pointa du doigt l'objet céleste, sans dire un mot. Il n'y avait pas toujours besoin de mettre des mots sur certaines choses.

L'instant passé, il se pencha sur le coté et regarda de son regard profond la créature qui était à ses cotés. Il la dévisageait, étudiant le moindre détail de son visage. Elle semblait douce, calme, réfléchie. Mais il y avait aussi quelque chose d'indompté en elle. Quelque chose de puissant, d'inflexible, d’inexorable. Elle était cet ange de la mort. Elle était admirable, rayonnante mais avait enfoui au plus profond de son être des secrets bien noirs, des cicatrices encore vives, des tâches indélébiles.

Osric lui demanda l'air malicieux "Et alors c'est quoi ces histoires de pouvoir ? J'ai toujours rêvé d'avoir un dragon !"

Saisissant la pulsion de l'instant, il pressa son nez du bout du doigt, curieux de voir sa réaction.
##   Lun 17 Juin 2019 - 11:36

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Le jeune homme à la chevelure de feu s'était allongé sur le plaid, non loin d'elle. Le regard de la blonde ne quittait pas le ciel et un léger frémissement la parcourue quand elle entendit le nouveau déclarer qu'elle ne paraissait pas traumatisée. Amy ne put s'empêcher de sourire amèrement avant de répondre, toujours à voix basse, comme si élever la voix risquait de faire disparaître les astres :

- Les apparences sont souvent trompeuses...

Elle se tourna de côté, juste au moment où une étoile filante traversait le ciel avant de disparaître en laissant derrière elle sa traîne scintillante. Elle reporta son attention sur le novice et son sourire se tordit, laissant apparaître sa gêne. Il la fixait. Après un long silence d'échanges de regards, il parla à nouveau. Sa question la laissa perplexe, elle cru même que c'était une blague. Un instant, son esprit s'envola vers le Dragonhomme, au jour où elle avait traversé le ciel de Terrae dans les griffes d'une créature légendaire. La demoiselle revint à la réalité lorsqu'il appuya doucement sur son nez, pouffant avant de lui rendre la pareille. Elle s'exprima ensuite en levant l'index pour garder son attention :

- On a dû te l'expliquer lorsque tu es arrivé ici. Les Masters nous trouvent grâce au vide qui s'est créé en nous suite à des événements. Ensuite, ils nous offrent une sorte d'altération correspondant à notre caractère. Pour moi par exemple...

Amy se leva et marcha jusqu'à un bac dans lequel des plantes poussaient en désordre. L'initiée posa sa main dans la terre sèche, ferma les yeux et se concentra. Elle sentit bien vite les pulsations de la sève dans les plantes, ce flux vital qu'elle avait de moins en moins de mal à identifier. Il fallait ensuite qu'elle visualise l'accélération de cette énergie, qu'elle la gonfle à l'aide de la sienne, qu'elle forge le lien entre sa force vitale et la sève nourricière. Au bout de quelques minutes, elle sentit un résultat. Puisant dans ses réserves, la sueur perla à son front tandis qu'une flopée de belle-de-nuit s'efforçait d'éclore sous les rayons lunaires. Fière et épuisée par l'effort, la blonde se tourna vers le jeune homme en désignant les fleurs :

- Tu vois ? C'est génial, non ? Oh, ça demanda du temps bien sûr ! Au début, c'est énormément d'entraînement, mais... C'est tellement grisant de sentir l'impact qu'on peut avoir sur des choses qu'on ne contrôlait pas avant. Se sentir... Liée à quelque chose d'infiniment plus grand !

Elle revint s'asseoir à côté de lui et demanda, pleine de curiosité :

- Alors, c'est quoi ton histoire ? Pourquoi tu as accepté de venir si ton avis de départ sur Terrae est si négatif ?
##   Jeu 20 Juin 2019 - 9:36
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La démonstration de la jeune femme laisse le petit Osric ébahi. Il avait eu une formation élémentaire concernant la faune et la flore, et plus particulièrement sur les bienfaits de certaines plantes que l’on trouvait un peu partout. Les soldats devant faire face à toutes sortes d’environnement, et souvent dans des conditions extrêmes, il était utile de connaitre les trésors qui se trouvaient parfois juste sous nos yeux. La découverte de cette matière l’avait fasciné à tel point qu’il avait approfondi ses connaissances jusqu’à devenir un herboriste d’émérite. Il concoctait toutes sortes de remèdes pour ses collègues, notamment pour les guérir des insolations, fréquentes lorsqu’il était dans le dessert.

Voir ainsi la jeune femme faire éclore des belles-de-nuit, emplit son âme d’une douce mélodie poétique. C’était la vie dans ce qu’elle avait de plus simple et de plus éclatant. Il se prit à espérer posséder ce pouvoir, sans vraiment en être convaincu. Si la jeune femme disait vrai, c’était le vide de chacun qui donnait son pouvoir à la personne. Il doutait que son vide à lui, puisse conduire à un tel pouvoir, d’une douceur exquise. Son vide à lui était plus explosif. Il lui semblait d’ailleurs qu’il était en tout point opposé à la jeune femme. Celle-ci semblait si tranquille, si douce, alors que lui, n’avait de polis que ses manières.

La question de la jeune femme était méritée. Lui-même se l’était posée. Il lui répondit, l’air songeur :

- Je fais partie de ces gens qui n’ont plus grand-chose à perdre. Je n’ai de mon foyer plus que les murs, je n’ai de ma famille que des souvenirs. Je n’ai plus de métier. Je ne pourrais sans doute revoir mon seul ami. Lorsqu’on est venu me chercher, je cherchais une raison de cesser de m’apitoyer. Pourtant, rien ne me venait. C’est comme si on m’avait oté ce pour quoi j’avais été créé. J’avais le désagréable sentiment de ne plus devoir faire partie de ce monde. Pourtant, cette idée me révoltait. Mais, quelle pouvait bien être mon utilité, je n’en savais que trop rien. Alors, quand l’autre est venu me chercher, je me suis dit que je n’avais rien à perdre, et peut être quelque chose à gagner. Ce n’était pas un pari, puisque je n’avais pas de jeton à miser. Le choix, existait, mais c’était un trompe-l’œil. C’était ça, ou rien. Et je n’ai jamais vraiment aimé le vide.

Il la regarda, l’interrogeant du regard sur sa propre histoire. Sa gorge était sèche d’avoir ainsi essoré son cœur. Il lui semblait qu’il avait utilisé tous les mots qu’il avait en stock. Aucun son ne pouvait sortir de sa bouche pour l’instant. Puis, poussé par un instinct improbable et un sentiment de confiance rare, il se posa sur son épaule.
##   Ven 19 Juil 2019 - 10:01

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Amy Artheas
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Il eu soudainement l'air si loin que la blonde ne mit pas longtemps à comprendre qu'il avait traversé, lui aussi, des épreuves qui l'avaient changé à jamais. Comme elle craignait de le mettre mal à l'aise ne le fixant tandis qu'il lui racontait son histoire, la demoiselle leva son regard vers la voûte céleste. Ce qu'elle aimait observer le ciel et ses milliers d'astres, jamais elle ne s'en lassait ! Son histoire ressemblait un peu à la sienne, lorsque son regard capta le sien, empli des mêmes interrogations, Amy soupira et repoussa sa chevelure dans son dos avant d'ouvrir la bouche. Elle la referma et secoua la tête avant de lancer, amère :

- Nous sommes deux dans ce cas, j'ai vu cette invitation comme l'opportunité de remettre les compteurs à zéro. Ma famille... Mes parents sont trop occupés à se livrer une guère psychologique pour prêter attention au reste. En refusant d'être l'instrument de leur victoire personnelle, j'ai perdu tout intérêt à leurs yeux. Je n'ai ni frère, ni sœur, qui aurait pu me soutenir. Pour ce qui est de mon foyer, je n'ai jamais pu y retourner après l'accident, cet endroit n'évoquait pour moi qu'un sentiment de mal-être et de craintes étouffantes. Celui à qui j'ai tout donné m'a tout repris et plus encore... Mais j'ai la chance d'avoir trouvé ici un moyen de continuer à exercer le métier que j'aime, et peut-être que, toi aussi, tu trouveras un moyen de continuer à faire ce que tu souhaites.

Elle se tue un instant puis revint sur un point qui l'avait interpellée dans le discours du jeune homme, fronçant les sourcils :

- Pourquoi tu ne pourrais pas revoir cet ami ? Et pourquoi serait il le seul ? Il y a plein de gens géniaux ici, tu sais ? Oh, chacun a son caractère et ses excentricités, mais tu arriveras sûrement à trouver quelqu'un avec qui bien t'entendre. Elisha, l'initiée qui m'a fait visiter l'institut et ses alentours, disait que le meilleur moyen de rencontrer du monde est de se rendre au bar d'Erik, en ville. Elle a d'ailleurs bien raison, il n'y a pas meilleur endroit pour faire des rencontres. On pourrait y aller ensemble, si tu veux ?

Amy se leva, épousseta ses vêtements et s'étira, légèrement ankylosée d'être restée trop longtemps assise dans la fraîcheur nocturne qui s'était installée. Sur un ton amusé, la blonde jeta en regardant le novice :

- C'est quand on a plus rien à perdre qu'il faut tout remettre en perspective. C'est le moment où l'on prend la boîte bien rangée de sa vie et qu'on la secoue dans tous les sens avant de l'ouvrir et de voir ce qu'il en sort. Le mouvement, c'est la vie.

Elle lui tendit la main et déclara avec provocation :

- Aller, suis moi, on va jouer au chamboule-tout.
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