Terrae, Une nouvelle ère commence...

Partagez | 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
Traitement de fond. [Wyatt ♥]
Ven 30 Jan 2015 - 23:21
avatar
Féminin

Messages : 1131
Date d'inscription : 08/01/2011
Age : 21
Emploi/loisirs : Travailler à l'hôpital et bosser mes cours... C'est ça les études de médecine !
Humeur : Vous voulez la version longue ou la version courte ?

En ce moment, l'hôpital est assez calme. Il y a beaucoup moins de monde qui y atterrit ; peut-être l'hiver, qui dissuade les gens de se taper dessus en extérieur. Il fait bien trop froid pour ça, voyons. Mais des accidents, des malades, on en voit quelques-un. Le dernier grand blessé en date qu'on nous a ramené, c'était Huo. Difficile de se dire qu'une semaine et demi plus tôt, j'étais encore en train de le sermonner dans les couloirs pour sa stupidité sans nom. Depuis, je le fuis un peu. C'est vrai. C'est mal, peut-être. Il ne doit pas réellement mériter ça. Mais dans un sens, j'ai besoin de temps pour lui pardonner. C'est stupide, en fait. J'ai l'impression d'en faire qu'à ma tête. Mais j'ai surtout besoin de me concentrer sur autre chose.
L'autre jour, Lydie m'a parlé d'un patient, qui avait des problèmes avec sa vue. Il aurait apparemment une infection, et comme elle n'est pas master et qu'ils ne savent pas vraiment comment ralentir sa perte de vue, ils auraient eu besoin de l'un d'entre eux pour le soigner. Yuuna est un peu occupée en ce moment, et Norah a énormément de travail de paperasse à régler. Puis, certainement parce que j'avais besoin de faire mes preuves, je me suis dit que ce serait une bonne expérience. J'ai eu envie de me rendre utile. De pouvoir aider le patient en question. Je me doute que ça ne doit pas être facile, pour lui...
J'attends dans une des salles de consultation, un peu nerveuse, relisant son dossier une énième fois pour être sûre de ne pas commettre d'erreurs. Mais je ne suis pas médecin, pas comme Norah, et j'ai l'impression que je ne servirai à rien. Mon pouvoir ne pourra peut-être même pas l'aider, si ça se trouve. Ça m'angoisse... Et vraiment pas qu'un peu.
Alors que l'heure du rendez-vous approche, je prends une grande inspiration. Il sera bientôt là, faut que je me ressaisisse. Plus que quelques minutes.
Lorsque l'heure est arrivée, je sors de la petite salle et me dirige vers la salle d'attente, où se trouve un grand brun, très pâle, assez mince je dirais. Je le reconnais ; c'est bien l'homme présent sur la photo du dossier. Mes yeux accrochent ses lunettes, mais je souris doucement en m'approchant de lui.

- Wyatt Stevens ...? je l'interroge, doucement pour ne pas déranger les autres. Je suis Aoi Amazaki, le Master chargé de s'occuper de vous. Vous voulez bien me suivre ?

Le vouvoiement, que je n'utilise pas habituellement avec les patients, vient trop naturellement cette fois-ci. Probablement parce qu'il est clairement plus âgé que moi...
J'attends qu'il se lève pour le guider jusqu'à la salle de consultation, où je lui montre une chaise. Je m'installe en face de lui, soudainement morte de trouille. Mon ventre joue aux montagnes russes, ça y est...

- Vous avez des pertes de la vision depuis environ un an, c'est bien ça ? Est-ce qu'elle a encore baissé depuis vos derniers examens ?
Voir le profil de l'utilisateur



Je vole en #F54759
Revenir en haut Aller en bas

Mer 11 Mar 2015 - 15:49
avatar
Messages : 217
Date d'inscription : 21/06/2013

Comprendre. La chose la plus aisée à faire. Faite depuis un moment d’ailleurs. Accepter. Certainement pas. Accepter ce serait… Abandonner. Avouer sa défaite. Prouver sa faiblesse. C’est inacceptable. Parler. Pas mieux non plus. Je n’en ai pas vraiment parlé avec Jun. Encore moins avec Bethy. Warren seulement. Mais je le lui dois. C’est mon frère.

Je soupire et sors enfin de ce bain froid. Je vais finir malade. Si je ne le suis pas déjà. J’en ai marre. Vraiment. Je ne sais pas de quoi. Ni pourquoi. Je ressens juste cette… Cet ennuie récurrent. Tout fade. Je suis fatigué. J’ai envie de lutter. De remonter. Voir que tout ira bien. Voir. Comme c’est ironique. Dans quelques mois… Je ne verrais probablement plus rien.

J’ai vraiment merdé dans une vie antérieure hein ?

Je sursaute en entendant mon téléphone sonner. Je me tourne vers l’écran lumineux sur le lavabo. Ah… Le médecin. Il me harcèle. Enfin. Il doit surtout en avoir marre aussi. Peut-être qu’un jour il abandonnera l’idée de me faire revenir à l’hôpital. Pourtant je décroche. C’est plus fort que moi. J’ai l’habitude de l’entendre râler maintenant. C’est amusant. Alors je l’écoute. Ah. C’était pas prévu ça. Je pensais qu’il laisserait juste tomber. Pas qu’il refilerait ça à quelqu’un d’autre. Je soupire. C’est pas comme si je pouvais ne pas venir maintenant hein ?

Une fois devant l’hôpital j’arrête. Je ne suis plus venu depuis quelques semaines. C’est une façon de ne pas accepter. Le déni. Quel mot agréable pour une condition si mauvaise. Je serre les poings et avance. De toute façon j’ai pas le choix. Je peux pas lui poser un lapin. Une fille en plus. Ce serait… Contre mes principes. Même si j’ai pris l’habitude de le faire avec le médecin. Après quelques séances certes. J’en avais assez. Assez de l’entendre me répéter les même mots. J’ai pas envie d’être rassuré. La chute n’en sera que plus dur. Alors… Il vaut mieux faire semblant.

Je relève la tête vers la petite voix qui m’appelle. Elle a l’air franchement jeune. Adulte probablement. Mais depuis pas longtemps. Elle ressemble un peu à Carole à l’époque. Les longs cheveux noirs. Je hoche la tête et la suit. De toute façon. Je peux plus partir maintenant. La salle est petite. Je m’assieds. Elle est plutôt jolie. Un visage de poupée. Un petit ange en robe blanche. J’aurai presque envie de croire aux miracles en la voyant. Mais ça n’existe pas. La magie peut-être. Mais pas les miracles.

Un an et cinquante-trois jours pour être exact. Elle a baissé depuis mon dernier rendez-vous. C’était il y a… Un mois et demie il me semble.

Et je me rends compte que j’ai merdé. Que je fais rien pour me relever. Que je me renferme. Qu’est-ce que j’ai pu faire de ce mois ? Rien. Absolument rien. Rester dans ma chambre. Dans ma salle de bain. Chez Jun. Même si j’évite. Il a un radar à déprime. Je soupire et relève la tête. On est vraiment mal partis avec moi hein ?

Vous pouvez me sermonner. Je sais que je le mérite.

Je lui sers mon sourire le plus minable. Le seul que je suis capable de faire. J’ai vraiment merdé hein ?
Voir le profil de l'utilisateur



Compose en #6699ff
Revenir en haut Aller en bas

Ven 27 Mar 2015 - 16:27
avatar
Féminin

Messages : 1131
Date d'inscription : 08/01/2011
Age : 21
Emploi/loisirs : Travailler à l'hôpital et bosser mes cours... C'est ça les études de médecine !
Humeur : Vous voulez la version longue ou la version courte ?

Nous nous installons, face à face, dans le petit bureau qu'on m'a autorisé à emprunter pour la consultation. Savez-vous à quel point il est angoissant de se retrouver face à un homme plus âgé que vous que vous devez soigner, alors même que vous n'avez aucune fichue base en médecine ? On m'a briefée, bien sûr. Le médecin m'a longuement parlé de lui, l'ophtalmologue aussi. Malgré toute mon angoisse, je souris. Tente de me faire rassurante, douce comme je sais le faire. Ça a l'air naturel vu de l'extérieur, on me l'a déjà dit. Alors même que j'ai l'impression de transpirer le stress et la peur à dix kilomètres. Faisons comme si de rien n'était, voulez-vous ?
L'homme, Wyatt, lève les yeux vers moi. On dirait que je l'ai sorti de ses pensées, et je le regrette presque immédiatement. Mais nous ne pourrons rien faire si nous ne parlons pas avant, et je ne vais pas me jeter sur lui pour utiliser mes pouvoirs comme une barbare. Sa voix me rend un peu triste. Il parle d'un ton plutôt monocorde. Mais les airs entendent bien mieux les sons, perçoivent les vibrations. Et là, je l'ai entendu. Il a tremblé. Imperceptiblement. Il s'en veut. Mais ce n'est pas de sa faute, non ..? Je sais que je serais dans le même état s'il m'arrivait la même chose. Alors je ne peux que comprendre, sans comprendre totalement non plus. Parce que je ne vis pas ce qu'il lui arrive.
Un sourire léger, bien qu'embêté, s'imprime sur mes lèvres et je secoue la tête.

- Il ne faut pas dire ça. Ce doit être difficile, mais il faut tenir le coup, d'accord ?

Sous la table, je me tortille les doigts, comme une enfant le ferait avant de passer réciter sa poésie devant toute la classe.

- Il faudra essayer d'être le plus régulier possible, pour pouvoir endiguer l'infection. Elle a dû prendre du terrain depuis le temps…

J'essaie de ne pas soupirer et ne pas afficher de mine défaitiste. Il ne manquerait plus que ça pour convaincre cet homme que tout est perdu. Mais tout ne l'est pas, je le refuse catégoriquement.

- Je suppose que votre médecin vous l'a déjà précisé, mais je n'ai aucun diplôme dans le domaine. Si vous ne souhaitez pas travailler avec moi, vous pouvez tout à fait refuser. Mais ce que je peux vous proposer, c'est une alternative aux traitements habituels, en utilisant mes pouvoirs pour débusquer, freiner voire faire disparaître ce virus si j'y parviens. Pour ça, je préfère être honnête : ce n'est pas une chose que j'ai déjà tentée.

Ma gorge est sèche. J'ai l'impression que ma voix est rocailleuse, mais ce n'est encore que dans ma tête. Probablement. Mon visage, lui, probablement empreint de tout le sérieux dont je suis capable.

- Je ne vous laisserai pas devenir aveugle. Et je ne laisserai pas votre vue baisser encore. Je ferai tout mon possible. Mais pour ça, il faudra que vous placiez votre confiance en moi, et que nous nous voyions régulièrement. Est-ce que vous vous en sentirez capable ?

C'est ça, de jouer aux adultes : on se retrouve à avoir des responsabilités sans même être majeur. La vie est vraiment mal foutue, parfois…
Voir le profil de l'utilisateur



Je vole en #F54759
Revenir en haut Aller en bas

Dim 29 Mar 2015 - 22:04
avatar
Messages : 217
Date d'inscription : 21/06/2013

C’est étrange. Voir un médecin plus jeune que soi. J’aurai envie de dire que plus rien ne m’étonne. Parce que Terrae. C’est un peu la légende qui prend vie. Pouvoirs. Combats. Méchants scientifiques. Un peu comme un bon vieux film. Un bon vieux X-Men. Pourtant. C’est toujours étonnant. Chaque manifestation. Surtout pour des choses comme celle-là. Parce que Warren était pas médecin à son âge. Clairement pas. Il devait peut-être commencer ses études. Peut-être un ou deux ans déjà. Mais pas de beaucoup. Parce qu’elle a pas l’air de faire plus de 20 ans. Une petite docteur en herbe qui me sort bien vite de mes pensées.

Probablement oui.

Ou l’art de répondre à tout en même temps. Et elle. L’art d’angoisser avec quelques mots. Pas de diplôme hein ? Mais elle doit bien avoir des bases non ? Ou ils estiment que les pouvoirs suffisent ? Ce n’est pas ce qui me dérange en soi. Je suppose que le pire c’est la fin. Ce “Jamais tenté”. J’en frémis. De peur ? Aucune idée.

Je ne sais pas.

Venir régulièrement ici ? Je m’en sens incapable pour le moment. La mission impossible. Parce que venir ici. Régulièrement. Une fois par semaine peut-être. C’est affronter ça. L’admettre. Et voir tout tomber à l’eau. Voir ses efforts. Les miens aussi. Réduits à néant… C’est trop difficile à imaginer. Alors le vivre…

Ces séances… Elles consisteraient en quoi ?

Oui. J’ai envie de savoir. J’ai besoin de savoir. Parce que c’est lui remettre mon avenir. Ma vie entre les mains. Parce qu’elle ira fouiller dans ma tête. Et ça grouille là-dessous. Bon, il faut dire aussi que j’ai toujours détesté les médecins. Donc être contraint d’en voir une souvent… C’est repoussant. Même si elle est jolie. Gentille. Enfin elle en a l’air. Elle a l’air douce. De caractère hein. Même si je ne doute pas que sa peau le soit.

J’ai besoin que ça marche…

Je souris. Un petit sourire de travers. Le genre de sourire hésitant. Parce que je sais pas vraiment si ce que je demande est possible. Elle me décrochera la lune hein ?
Voir le profil de l'utilisateur



Compose en #6699ff
Revenir en haut Aller en bas

Jeu 9 Avr 2015 - 15:22
avatar
Féminin

Messages : 1131
Date d'inscription : 08/01/2011
Age : 21
Emploi/loisirs : Travailler à l'hôpital et bosser mes cours... C'est ça les études de médecine !
Humeur : Vous voulez la version longue ou la version courte ?

Peut-être n'aurais-je pas dû être si honnête. Les gens ne veulent parfois pas qu'on le soit, ils préfèrent largement quand on ne leur dit pas quels problèmes il risque d'y avoir. Mais je n'ai pas cette prétention de lui faire croire à un remède miracle, ni à une guérison rapide et instantanée. Je ne suis même pas médecin, même pas un newbie, une simple aide-soignante qui s'occupe de soigner les bobos, recoudre des plaies sans aiguille et replacer et ressouder des os sans outils. C'est magique, mais ce n'est peut-être pas de ça dont il a besoin. Ce n'est peut-être pas suffisant, ce que je lui propose.
J'essaie de garder un visage composé. Pas parfaitement confiant, parce que j'en suis bien incapable. Mais je souhaite lui transmettre toute ma détermination à le soigner. Lui transmettre… lui transmettre quoi, au final ? Je crois que j'ai besoin qu'il me fasse confiance avant d'avoir moi-même confiance en moi…
Doucement j'acquiesce, soupire. Je ne sais pas comment dire.

- Ce sera… long. Je me suis déjà entraînée sur les analyses, pour pouvoir reconnaître le virus. Je ne garantis pas de réussir à l'extraire. C'est trop petit, et je ne suis malheureusement pas un antiviral…

Mon sourire se fait plus triste. Concentre toi sur ce que t'a dit le médecin, allez. Fais comme si tu étais une grande fille, et non pas une gamine qui ne connaît rien au jargon médical.

- Ce que je pourrai le plus faire, c'est me concentrer sur vos nerfs optiques. Essayer de reconstituer les cellules si j'y arrive, et empêcher le virus de pénétrer plus loin dans les tissus.

Un nouveau sourire. Plus doux. Lui montre ma main, qui s'illumine d'une légère lueur ambrée.

- Ca ne fera pas mal. Vous pouvez passer la main. Ce sera juste un peu chaud. Vous n'aurez rien à faire, à part fermer les yeux et vous détendre. Et me faire confiance.

Doucement, je referme mes doigts, sans détourner les yeux.

- Je ferai tout ce que je peux. Tout. Je n'aime pas abandonner, ni revenir sur ma parole.

Alors je le ferai. Je le ferai, parce que je sais que je n'ai pas le choix.
Voir le profil de l'utilisateur



Je vole en #F54759
Revenir en haut Aller en bas

Mer 27 Mai 2015 - 16:07
avatar
Messages : 217
Date d'inscription : 21/06/2013

Je me perds. Dans sa voix. Dans ses promesses à peine chuchotées. Dans ce sourire doux. Elle ressemble à Maman. Avant. Plus jeune. Quand elle s’amusait à teindre ses si jolis cheveux blond soleil. J’acquiesce. Je n’ai que ça à faire. Des questions pleins la tête. Presque toutes sans réponses. Des inertitudes. De la peur probablement. De l’appréhension surtout. Est-ce que ce ne sera pas pire encore ? Et si le virus réagissait agressivement à ses interventions ? Agir sur quelque chose d’aussi petit, c’est pas un peu trop risqué ?

Vous allez faire comment ?

Voilà. Question pertinente. On ne voit pas à travers le crâne. Alors à moins que sa magie soit un truc qui rend transparent ou… Oh, peut-être qu’elle a juste pas besoin de voir. Un peu comme moi et les ondes ? Je n’ai pas besoin de les voir, je les sens. C’est pas mal pratique.

Merci de vous donnez tout ce mal.

J’hésite. Juste un instant. Puis prends sa main. Elle est douce. Je la sers. Essayant d’y transmettre toute la gratitude que j’ai pour elle. Elle qui va se fatiguer à guérir tout ça. Quelque chose qui peut-être ne guérira jamais. Enfin. Trêve de pessimisme.

On commence tout de suite ?

Je ne sais pas si ça sonne pressé, ou angoissé. Un peu les deux j’imagine. J’inspire. Expire longuement. Et ferme les yeux. Si je les ouvre maintenant. Tout ne sera pas noir hein ? Je fais craquer ma nuque par réflexe. Et essaie de me détendre un maximum. Je ne veux pas lui mettre de bâtons dans les roues. Pas aussi tôt. Si jamais l’envie m’en prend un jour.
Voir le profil de l'utilisateur



Compose en #6699ff
Revenir en haut Aller en bas

Mer 17 Juin 2015 - 14:31
avatar
Féminin

Messages : 1131
Date d'inscription : 08/01/2011
Age : 21
Emploi/loisirs : Travailler à l'hôpital et bosser mes cours... C'est ça les études de médecine !
Humeur : Vous voulez la version longue ou la version courte ?

Une longue inspiration m'aide à chasser le stress qui gonfle dans ma poitrine. Rapidement, je me reprends et étire un sourire doux. Il faut que j'aie confiance en moi ; ce n'est que de cette manière que je parviendrai à mes fins. Je ne peux pas me permettre de faire la moindre erreur, ou de le laisser en plan après lui avoir promis que j'arriverai à le guérir. Enfin. Promis que je ferai tout ce que je pourrai pour le guérir, je dirais plutôt. Il n'a pas beaucoup confiance en moi, mais je lis dans ses yeux qu'il a envie d'y croire.

Je lui montre ma magie pour qu'il puisse s'y habituer, et en même temps répondre silencieusement à sa question ; il me prend la main lentement et, surprise, je lui rends néanmoins un sourire qu'il ne me présente pas. C'est peut-être égoïste, mais j'ai besoin qu'il croie en moi pour que ça fonctionne. Sa poigne me permet néanmoins de me redresser un peu plus, de lui lancer ce regard assuré et de lui dire de cette voix qui me semble ne pas être la mienne :

- Je suis là pour ça.

Si je ne le voulais pas, je ne me serais pas portée volontaire. J'aurais laissé des personnes plus expérimentées faire ce travail. Mais j'ai besoin de me prouver ce que je vaux. J'ai besoin d'aider quelqu'un pour me dire que je ne suis pas si inutile que je le crois.

- Nous commençons dès que vous êtes prêt.

Il ferme alors les yeux, comme pour m'inviter à agir. Je reprends alors une lente inspiration et, lentement, approche mes deux mains de ses yeux. Délicatement, je dépose mes paumes juste au-dessus, sans toucher ses yeux, mais les doigts sur son front. Et la magie opère. Je ferme moi aussi les yeux pour mieux sentir, apercevoir. C'est complexe, un corps humain. Je sens mon énergie se glisser sur sa rétine, remonter sur le nerfs optique. Pour commencer, j'analyse le type de cellule et tente de comprendre sa formation. Puis, lentement, repérant les zones endommagées, j'essaie de les relier entre elles. Il me faut du temps pour ça ; c'est un peu comme relier deux bouts d'un fil électrique cassé en deux. Sauf qu'il faut recréer un peu de matière entre.

Mon nez se plisse. Ça ne fonctionne pas comme je le souhaite. C'est le genre de cellule qui ne se régénère pas, ou peu. C'est un peu comme les neurones. Lorsqu'ils sont endommagés, on ne peut pas les réparer ou en recréer de nouveau. Ces cellules-là sont tellement plus complexes. Les nerfs ne se recréent pas. Je le savais, mais ça m'énerve d'être devant le fait accompli. Les axones, une fois détruits, ne peuvent pas être reconstruits. Il faut que j'arrive à recréer, copier cet ADN. Il risquerait d'y avoir des dysfonctionnements s'il y a la moindre différence entre le nerf d'origine et ce que j'aurai utilisé pour le rallonger. Peut-être que si j'arrivais à étirer les fibres nerveuses...?

Pas maintenant. Ce n'est pas le but premier de la manœuvre. Je me reconcentre et tente de repérer les cellules infectées. Le virus.

Il est minuscule dans tout ce capharnaüm, et il me faut plusieurs longues secondes pour réussir à comprendre où il va, ce qu'il fait, comment il agit. Il s'est déjà bien développé...

Sans attendre, je me laisse guider par ma magie. Lui impulse quelques ordres de temps en temps, mais laisse mon intuition faire le reste. Finalement, je me recule et souffle un peu. Souris à Wyatt.

- On fait une petite pause ?
Voir le profil de l'utilisateur



Je vole en #F54759
Revenir en haut Aller en bas

Mer 8 Juil 2015 - 12:32
avatar
Messages : 217
Date d'inscription : 21/06/2013

Je ne m’attendais pas à ce qu’on commence tout de suite. Je m’en doutais en entrant dans la salle. Alors, je retiens un mouvement de recul quand je sens ses mains approcher mon visage. J’expire lentement. Quand faut y aller, faut y aller hein ? J’aurai dû lui demander si je pouvais parler pendant… Comment je suis censé appeler ça ? L’expérience ? Le traitement ? L’opération ? Peut importe. Pendant qu’elle fait son truc. Parce que là je sens l’angoisse monter petit à petit. Et je sais que je vais me retourner la tête à penser à des choses stupides.

Finalement, je me détends rapidement. C’est assez étrange comme sensation. Sentir la magie de quelqu’un d’autre à l’intérieur. Mais aucune douleur ne vient. Donc je me rassure et me détends. Elle en aura probablement besoin. En fait. J’aimerai vraiment pouvoir parler. Parce que j’ai envie de savoir ce qu’elle fait exactement. C’est bien gentil. Pas de douleur. Mais c’est pas comme si je savais où elle allait et ce qu’elle faisait. C’est ma tête dans laquelle elle se balade. J’expire et serre les mains sur mes cuisses.

Combien de temps ça prend de s’occuper d’un nerf optique ? Peut-être que le virus la fait tourner en bourrique qui sait ? Je me demande quand même si le mal de tête qui commence tout doucement à apparaître est normal. Je suppose. Elle fait travailler la zone. Donc ça doit se fatiguer là dedans. Enfin j’espère que c’est juste ça. Pas qu’un autre petit truc s’est installé ailleurs dans ma tête.

Elle recule et souffle. Quelques longues minutes plus tard. Minutes qui m’ont paru des heures si vous voulez tout savoir. Je hoche la tête en ouvrant les yeux. Oui. Une pause bien méritée.

Est-ce que je peux savoir ce que vous avez fait exactement ? Je ne savais pas si je pouvais vous parler pendant tout… ça.

J’espère avoir une réponse positive. Être un peu éclairé à propos de tout ça. J’ai envie de m’impliquer un peu plus dans tout ça. De trouver quelque chose de motivant là dedans. Parce que je sens que je vais vite recommencer à sauter mes rendez-vous si ça ne me plaît pas assez.

Je peux avoir un verre d’eau ?

Je remets mes lunettes pour le moment. Histoire d’être plus à l’aise. Plus détendu aussi. Et j’attends qu’on recommence. Pas vraiment certain de savoir quoi lui dire. Un merci s’impose. Mais je ne saurai même pas pourquoi. Alors j’attends simplement. C’est elle qui commande. Ahah.
Voir le profil de l'utilisateur



Compose en #6699ff
Revenir en haut Aller en bas

Jeu 30 Juil 2015 - 20:23
avatar
Féminin

Messages : 1131
Date d'inscription : 08/01/2011
Age : 21
Emploi/loisirs : Travailler à l'hôpital et bosser mes cours... C'est ça les études de médecine !
Humeur : Vous voulez la version longue ou la version courte ?

Il me faut reprendre mon souffle durant quelques longues secondes avant de parvenir à reprendre totalement contact avec la réalité. Le changement de plan est assez impressionnant. Passer de l'infiniment petit au monde que je connais, où la mesure première est un mètre, me paraît totalement fou.  Cela change tellement de chose, de simplement passer d'un point de vue à un autre… Un sourire s'étire néanmoins sur mes lèvres, et je l'offre gentiment à mon patient en tentant de ne rien lui laisser voir de mon trouble. Voir les choses sur le terrain est différent de simplement en entendre parler. Si j'ai l'habitude d'être face à des tissus endommagés, ce type de tissus m'est pour le moment grandement inconnu. Je ne peux pas faire de miracle, malheureusement. Sinon, toutes les maladies seraient curables… sauf peut-être les maladies directement liées à l'ADN. Là, même pas la peine d'y penser ; tout est tellement minuscule… L'esprit humain, aussi magique soit-il, ne peut pas aller aussi loin dans une cellule. C'est tout bonnement impossible.

Wyatt aussi semble perturbé. Lui plus que moi, par ailleurs. C'est lui le patient, ici. Il doit peut-être même se sentir un peu cobaye, qui sait ? J'espère que ce n'est pas le cas, et qu'il ne prendra pas mal certains mots ou gestes que je pourrais avoir à son égard. En attendant, il me pose ses questions et je tâche d'organiser mes pensées comme je le peux afin de lui répondre le plus justement possible. Même ça, c'est difficile. Parce que tout est une affaire de ressenti. Comment un marionnettiste peut-il expliquer de quelle manière il contrôle un corps ? De quelle manière un sonore modifie les vibrations de sa voix ? De quelle manière un sensitif perçoit les sentiments des autres ? Tout est toujours plus compliqué, avec Terrae. Nous avons une approche plus profonde, mais notre rapport aux autres en est altéré, au final. Parce que nous n'apprenons pas de la même manière. Il n'y a pas de diplôme de guérisseur, que je sache. (Enfin si, ça s'appelle un diplôme en médecine et il faut je ne sais combien d'années d'études pour y parvenir. Une plaie, quoi.)

Doucement, j'acquiesce et me lève. Lui demande de m'attendre le temps de nous servir un gobelet d'eau, que je vais chercher à la bombonne dans le couloir. Je reviens aussitôt et lui tends le sien, avant de me rasseoir. Souriante. Comme je le peux, du moins.

- À vrai dire, je ne pense pas que je vous aurais entendu, je lui avoue sur un ton embarrassé. Lorsque je suis concentrée, j'ai parfois du mal à prendre conscience de ce qu'il y a autour de moi. C'est comme si je m'étais projetée dans votre tête, à la même hauteur que les tissus endommagés.

Ce faisant, j'esquisse une moue.

- J'ai voulu voir à quel point la zone était touchée. Les nerfs optiques sont déjà bien rongés mais ils sont toujours connectés, alors il y a un espoir. Le virus est à l'intérieur même des cellules et se développe petit à petit. On ne pourra pas sauver les cellules infectées. Mais on peut empêcher l'infection de nouvelles cellules si je parviens à détruire le virus.

Comment, c'est, euh… une très bonne question ? J'imagine qu'il va falloir que je joue le rôle de globule blanc. Je pense que je peux le faire, ce sera simplement très long. Intercepter les cellules infectées et les détruire si elles n'ont pas encore terminé leur nouvelle production de virus. Sinon, simplement détruire chaque virus, un par un, pour le faire disparaître. Pas du tout compliqué, non non…

Je bois un peu pour me réhydrater, retiens un soupir.

- Est-ce que vous voulez que l'on reprenne ?
Voir le profil de l'utilisateur



Je vole en #F54759
Revenir en haut Aller en bas

Ven 31 Juil 2015 - 11:42
avatar
Messages : 217
Date d'inscription : 21/06/2013

Je l’écoute. Plus ou moins attentivement. Buvant lentement mon verre d’eau. C’est un peu étrange. J’ai du mal à la comprendre. Mais j’arrive à imaginer. Quand je me concentre suffisamment pour modifier les ondes sonores. J’ai du mal à être attentif au reste autour de moi. Enfin. Tout est relatif. Même si j’essaie d’être sur mes gardes parfois. Il y en a toujours un qui y échappe. Toujours le même.

Je me tends légèrement. Les dégâts sont plus inquiétants que je ne le pensais. Enfin, pour moi, ça a l’air inquiétant. Peut-être qu’au final, c’est moins étendu que le médecin ne le pensait. Je soupire légèrement et hoche la tête. Bon. Je garderai mes lunettes plus longtemps. C’est tout. Enfin. Si on arrive à stopper le virus. Je vide mon verre. Je suis assez perplexe quant à la suite. Et si elle n’y arrivait pas ? C’est un peu comme un loto. Sans connaître les chances qu’on a de réussir. J’hésite un moment. Reprendre maintenant ?

Je n’ai pas envie de vous épuiser tout de suite, ça a l’air assez éreintant de faire quelque chose d’aussi précis.

Je frissonne et observe mon reflet dans le miroir à l’autre bout de la pièce. J’ai l’air crispé. Si elle y arrive bel et bien. Alors je pourrai encore voir tout ça. Je ne vivrai pas dans le noir. Je tourne mon visage vers le sien. Elle a l’air un peu stressée. Ou alors concentré peut-être. Ce qui lui passe par la tête ne doit pas être agréable. Probablement l’énorme travail qu’elle va devoir accomplir pour m’aider. Je suppose que ça ferait peur à n’importe qui.

On peut quand même essayer de continuer, ça ne coûte rien.

Je souris. Oui, ça ne coûte rien, ça l’aidera peut-être même. Peut-être qu’en explorant davantage. Elle trouvera un moyen de faire ce qu’elle pense possible. Ce serait bien. Avoir une solution. Je pose mon verre de côté et me replace correctement face à elle. L’espoir. C’est juste ce que je lui demandais. Et elle me l’a donné. Il suffit que ça continue. Qu’on ait des résultats. Et tout ira bien.

Merci Aoi. Vous n’imaginez pas à quel point j’avais besoin de ça.

Je rougis légèrement. Pas habitué à me dévoiler comme ça à une inconnue.
Voir le profil de l'utilisateur



Compose en #6699ff
Revenir en haut Aller en bas

Dim 9 Aoû 2015 - 23:34
avatar
Féminin

Messages : 1131
Date d'inscription : 08/01/2011
Age : 21
Emploi/loisirs : Travailler à l'hôpital et bosser mes cours... C'est ça les études de médecine !
Humeur : Vous voulez la version longue ou la version courte ?

L'ambiance tendue dans laquelle nous évoluons depuis tout à l'heure semble se dissiper peu à peu. Maintenant, les choses sont dites, posées, et il ne nous reste plus qu'à donner le maximum de nous-mêmes pour y parvenir. Il sait que ce ne sera pas facile, et tout ce que je lui demande, c'est de tenir le coup mentalement parlant. Moi, de mon côté, je devrai tout faire pour que son état ne s'aggrave pas. Et quelque part, si la chose me fait un peu trembler d'effroi, l'excitation vient elle aussi ajouter son grain de sel. J'essaie de rester en place, de ne pas m'agiter inutilement, mais c'est un défi que l'on me propose-là. Un défi un peu inimaginable. Certes, il s'agit ici de sauver la vue de quelqu'un. Mais c'est aussi un moyen inespéré de me retrouver confrontée à de nouvelles choses, quand bien même il serait... absolument aberrant de ne voir cet homme que comme un patient, "l'homme qui portait le virus". C'est aussi quelqu'un qui souffre, et une bonne part de moi-même en est consciente. Mais... est-ce que je serais seulement capable de travailler correctement en le sachant ? Si j'ai peur de rater, je vais rater, je me connais. Ou commettre une énorme bourde. Qu'est-ce qui est le mieux, au final ?

Doucement, j'acquiesce. C'est épuisant, oui, mais quelle importance ? Tout travail est éreintant. Et on ne va pas s'arrêter simplement parce que je suis un peu essoufflée, pas vrai ?

- Alors continuons, je souris en guise de réponse.

Wyatt lève alors le visage vers moi et me lance un sourire un peu gauche, qui me redonne immédiatement du courage. Allez Aoi, on peut y arriver. Il n'y a pas de raison qu'on n'y parvienne pas... Pas vrai ? Sa gêne se transmet néanmoins et je baisse un peu les yeux, avant de les relever vers lui en me reprenant comme je le peux.

- Pas la peine de me remercier, je souffle simplement, honnête. Si je peux vous aider, alors je suis heureuse aussi.

Un nouveau sourire, et je me prépare à reprendre le traitement. Si on peut réellement appeler ça un traitement, hein... Enfin.

- Allez, reprenons. Après ça, je vous laisserai tranquille pour la journée.
Voir le profil de l'utilisateur



Je vole en #F54759
Revenir en haut Aller en bas

Dim 16 Aoû 2015 - 17:21
avatar
Messages : 217
Date d'inscription : 21/06/2013

Aoi est très calme. Et c’est très agréable. J’ai à la fois hâte de continuer, et hâte que ça se termine. Je hoche la tête. Allons-y. Reprenons. Plus qu’un petit moment et ce sera fini.

D’accord.

Je la laisse recommencer, fermant à nouveau les yeux. Et cette fois-ci. C’est plus facile de tenir sans parler. D’être plus calme. Je suppose que ça doit l’aider aussi. Le temps passe pourtant aussi lentement. J’entends les oiseaux qui communiquent dehors. Et quelques conversations. Le bruit est assez rassurant aussi. La respiration calme d’Aoi.

C’est vraiment incroyable.

Je ne peux pas m’en empêcher. Je laisse mon esprit divaguer. Penser à mes pouvoirs. Que je n’utiliserait pas maintenant. Jun. Qui doit s’inquiéter. Je ne lui ai pas donné de nouvelles depuis un petit moment. Bethy non plus d’ailleurs. Je ne sais pas quand je pourrais la revoir. C’est dommage. Cette fois-là en classe d’astronomie me reste en mémoire. Peu peuvent se vanter de m’avoir vu craquer. Et puis. Elle n’a pas eu de mes nouvelles non plus. Peut-être qu’elle s’en fiche. Pourtant elle avait l’air d’une fille bien.

Aoi se recule. J’ouvre les yeux. Fini c’est ça ? Je suppose que maintenant. Il faut que j’attende qu’elle me donne un autre rendez-vous. Je me frotte les yeux. Un peu fatigué. Mais rien d’inhabituel.

J’imagine qu’on se reverra bientôt.

Je m’approche. Je lui serre la main ? Je lui serre finalement. Pas vraiment sur de ce que je fais. Avant de sortir. Un peu plus rassuré pour la suite des événements.
Voir le profil de l'utilisateur



Compose en #6699ff
Revenir en haut Aller en bas

Mer 28 Oct 2015 - 22:52
avatar
Féminin

Messages : 1131
Date d'inscription : 08/01/2011
Age : 21
Emploi/loisirs : Travailler à l'hôpital et bosser mes cours... C'est ça les études de médecine !
Humeur : Vous voulez la version longue ou la version courte ?

La séance reprend alors. Je me concentre sur ce que je fais, pour ne pas risquer de faire une bêtise ; faire attention au nerf, le ménager, essayer de réparer, ressouder les faisceaux… Ce n’est pas une mince affaire, mais je me motive, j’essaie de ne pas perdre ma concentration non plus. Au bout d’un certain temps, que je ne vois pas vraiment passer, je laisse tomber, en sueur. Plus c’est petit, plus c’est difficile ; ressouder un os n’est même pas aussi compliqué. Je crois que je préférerais ressouder un os…

Je souris doucement à Wyatt, embarrassée. Je ne me souviens même pas de s’il m’a parlée pendant l’opération, j’ai juste la vague impression qu’il avait murmuré quelque chose. Ça ne devait pas être très important, et sinon… sinon hé bien désolée et tant pis ? Je n’y peux pas grand-chose, après…

L’homme se frotte les yeux, fatigué, et je me retiens de m’étirer devant lui. Il se lève, je fais de même, et nous nous serrons la main. Nous convenons rapidement d’un prochain rendez-vous, et je lui souris chaleureusement avant son départ.

— Prenez soin de vous. Nous nous revoyons vite, je lance avec douceur.

Certainement que cela ne l’enchante pas des masses, mais moi aussi, je préférerais qu’il soit en meilleure santé… Je ne gagne rien à avoir des blessés, ou des malades. Je préfère autant les renvoyer chez eux en pleine forme… Mais c’est le lot du quotidien. Accepter qu’on ne puisse rien faire, peut-être…

En attendant, je n’en suis pas encore là. Je refuse d’en arriver à ce point. Lorsque Wyatt sort de la pièce, je vais me chercher un café. Ça n’arrivera pas. Pas avec lui, en tout cas.
Voir le profil de l'utilisateur



Je vole en #F54759
Revenir en haut Aller en bas

Lun 9 Nov 2015 - 13:43
avatar
Messages : 217
Date d'inscription : 21/06/2013

Après une semaine. Un nouveau rendez-vous. Je suis réticent à y aller. Pas à cause d’Aoi. Du tout. Elle est géniale. Mais plutôt à cause de l’appréhension. J’ai l’impression que la dernière fois, on a rien fait. Je suis certain pourtant que ça avance d’un côté, mais de l’autre on stagne. Je n’ai pas envie de lui en faire part. Elle doit être suffisamment sous pression elle-même. Je soupire et prends ma veste. Quand il faut y aller…

Je me retrouve dans une salle différente. Elle est plus petite que celle de la dernière fois. Aoi est déjà là. On discute brièvement, on s’installe. Tout comme la dernière fois, je la laisse s’insinuer dans ma tête. Je suppose que détruire toutes traces du virus sera un processus assez long en lui-même. Il lui faut identifier les zones touchées, à quel point elle le sont, et surtout comment y remédier. C’est bien beau la théorie, vraiment, mais en attendant, je croise simplement les doigts pour que tout se passe bien et que ça continue comme ça.

Bien sur, on fait une ou deux pauses pendant la séance, histoire de boire un coup et de discuter brièvement pour se détendre. Au final, je réussis à me dire que ce n’est pas si terrible que ça. J’ai bien fait de venir, de m’en persuader. Même si concrètement, il ne se passe pas grand chose d’un point de vue macroscopique, je sais qu’elle fait ce qu’elle peut microscopiquement parlant. Je tente de m’accrocher à cet espoir, à cette pensée que peut-être, finalement, je n’aurai que besoin de lunettes jusqu’à la fin de mes jours, tout simplement. C’est rassurant, au moins, je verrais toujours, et puis, avec les lentilles de nos jours, ce sera comme si je n’avais aucun soucis au niveau de ma vue.

La séance s’étire un peu quand je lui offre un café pour la remercier et que l’on fixe la date de notre prochain rendez-vous. Le plus important est de ne pas perdre espoir, enfin, c’est ce que m’a dit Warren, apparemment, ça aide beaucoup ses patients à lui. Je la regarde s’éloigner en pensant simplement à ce qui les motive aujourd’hui. Pourquoi médecin ? Je hausse les épaules, autant me demander à moi pourquoi la musique. Je note rapidement la date de notre prochain rendez-vous dans mon agenda en rentrant, histoire de ne simplement pas l’oublier, même si arriver en retard, ça ne m’étonnerait même plus.
Voir le profil de l'utilisateur



Compose en #6699ff
Revenir en haut Aller en bas

Mar 8 Déc 2015 - 19:27
avatar
Féminin

Messages : 1131
Date d'inscription : 08/01/2011
Age : 21
Emploi/loisirs : Travailler à l'hôpital et bosser mes cours... C'est ça les études de médecine !
Humeur : Vous voulez la version longue ou la version courte ?

Les rendez-vous s'enchaînent. J'aimerais pouvoir dire que l'on progresse, mais ce n'est pas toujours le cas. Bien sûr, je parviens à analyser plus rapidement la situation, et d'après l'ophtalmologiste, la vue de Wyatt a cessé de décroître. Ce qui est déjà une petite victoire en soi : j'arrive à endiguer le processus de destruction du nerf optique et à nettoyer les cellules malsaines. Difficilement. Le soir, je me plonge dans des livres de neuroanatomie pour pouvoir comprendre plus aisément comment tout ça fonctionne. Je mets des mots et les termes techniques sur ce qu'il se produit lorsque je manipule mon pouvoir ; tout ça m'aide un peu à y voir plus clair. Mais je sais que ce n'est pas suffisant.

Wyatt est quelqu'un de sympathique. Au premier abord, il paraît plutôt froid, distant ; mais c'est surtout qu'il a une manière particulière de parler, qui nous donne parfois l'impression que nous ne sommes pas les bienvenues. Il est certainement réservé. Pourtant, il cherche le dialogue ; nous discutons un peu, parfois nous prenons un café ensemble - et j'essaie de refuser aussi souvent que je le peux, parce que je ne fais pas ça pour qu'il me remercie, mais parce que c'est aussi mon travail.

Finalement, j'essaie de lui faire comprendre qu'il peut me tutoyer ; parce qu'il est plus vieux que moi et qu'au final, je ne suis même pas médecin.

Les séances passent et, à chaque fois, je suis épuisée à la fin de l'une d'elle. Même pas forcément à cause de l'utilisation de mes pouvoirs, mais c'est plus... mental, je ne sais pas ? En tout cas, je suis contente de voir qu'il n'a pas trop de réticences à venir. J'essaie toujours de l'encourager, lui faire comprendre que s'il a besoin de moi, il peut m'appeler ; que je serais disponible, que si un rendez-vous ne l'arrange pas, on peut le modifier, tout ça.

Enfin. Parfois il arrive en retard, d'autres fois, c'est moi qui suis retenue ailleurs ; on s'excuse mutuellement, on rit un peu, on discute, puis on se met au boulot. Et une fois de plus, la séance se termine bien. Je lui souhaite une bonne soirée, avant de rentrer chez moi. Prochain rendez-vous au début de la semaine prochaine. Le temps passe trop vite et il y a peu de progrès. J'espère qu'il ne commence pas à perdre espoir...
Voir le profil de l'utilisateur



Je vole en #F54759
Revenir en haut Aller en bas

 

Traitement de fond. [Wyatt ♥]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Terrae, Une nouvelle ère commence... :: Terrae Village. :: Hôpital.
Aller à la page : 1, 2  Suivant