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A qui la faute? /Ronron <3/
##   Mar 29 Aoû 2017 - 12:26

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Avez-vous déjà vécu une crise d'angoisse? De celles qui vous collent des spasmes violents? Cette impression de ne plus pouvoir respirer, d'être coincé dans un étau et de ne plus pouvoir rien y faire. Cette impression que quoi que vous fassiez, vous n'arriverez jamais à calmer la panique qui vous submerge. Moi oui.

J'étais complètement paniquée, complètement dépassée par les événements. Je pensais trouver des réponses auprès de ma mère et voilà que je n'avais eu qu'une haine douloureuse de sa part. Elle ne voyait plus comme sa fille, sa première enfant, mais comme l'inconnue qui avait brisé sa famille et tué sa jeune adolescente. Sauf que ce n'était pas moi cette inconnue. Ça ne pouvait pas être ma faute. J'avais été violé bordel! Je n'avais rien demandé à personne. Et si ce monstre aux yeux de glace dans cette ruelle m'avait brisé, c'était mes parents qui avait finie de m'anéantir en détruisant notre famille et en volant sa vie à ma petite sœur. Aaron, t'avais raison et je le savais pertinemment. Ce ne serait jamais le rôle des enfants de protéger leur fratrie de leurs parents. Se sauver soi-même est déjà tellement dur! A 17 ans, on est encore un môme. Certes, on se rapproche de l'âge adulte, beaucoup plus qu'à 9 ans, mais on reste un adolescent. Je ne pouvais pas sauver Blue, même si je l'avais voulu. Fuir avec elle aurait été beaucoup trop dangereux. Si notre géniteur nous avait retrouvé, il nous aurait tué toutes deux et je n'aurai rien pu y faire non plus. Quand à notre mère... Elle se serait tout de même enfuie. Ça n'aurait rien arrangé et mon père purgerait une peine pour double homicide à l'heure qu'il est.
La vie était ainsi: Injuste. Je le savais. Mais il n'était pas encore temps que j'accepte tout ça. Il était trop tôt et j'avais bien trop mal. Il fallait juste que j'extériorise tout ça et que je me laisse suffisamment de temps pour apprendre à vivre avec le deuil de ma famille et retrouver la volonté nécessaire pour être heureuse. J'en avais le droit. Blue l'aurait voulue.

Tu m'as expliqué calmement que je n'étais pas une lâche et que j'avais agis comme tout le monde l'aurait fait. Face à un traumatisme, j'étais partie pour me protéger. J'ai cru pouvoir guérir ma famille comme on retire une épine. Une fois la source de la douleur retirée, on cicatrise non?
Tu m'as juré que je n'étais pas responsable de ce qui était arrivée à Blue, mais s'il y avait bien une personne pour comprendre mon sentiment de culpabilité, c'était toi non? Je n'avais jamais su ce qu'il t'était vraiment arrivé pour que tu débarques à Terrae mais j'avais compris que tu devais avoir des bagages bien remplis. Toi aussi tu avais vécu le deuil. Toi aussi tu connaissais la culpabilité de celui qui reste. Et toi aussi tu avais une vie de famille bancale. Même si tu ne me le dirais probablement jamais.

Tu m'as regardé et j'ai bien vu à quel point ma situation t'affecter. Le risque quand on aime, c'est souvent qu'on souffre quand l'autre a mal. Parce que c'est tellement douloureux de se sentir impuissant et de se dire que quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse, la souffrance sera toujours présente dans le cœur de la personne.
Il n'y a pas de recette miracle. Pas de manuel pour apprendre à gérer une vie de merde. On est jamais préparé à devoir affronter la perte d'un être cher ou la haine de nos parents. On est pas préparé à vivre dans la misère ni à devoir supporter un viol ou un accident. On est pas préparé à voir notre vie basculer du jour au lendemain. Et quand ça arrive et bien... On gère comme on peut, et on fait tout pour tenir le coups. Jusqu'à ce qu'on craque. Mais l'avantage quand on est au fond du trou, c'est qu'il ne nous reste plus qu'à remonter la pente. On a plus le choix.

—N'écoute pas ta mère... Tout ce qu'elle veut, c'est te faire croire que ce n'est pas de sa faute. La rejeter sur toi est beaucoup trop facile.

- Je ne peux pourtant que la comprendre. Moi aussi, je suis venue dans l'espoir que ma culpabilité se décharge sur elle. Moi aussi je voulais croire que ce n'était pas de ma faute mais de la sienne.

C'est toujours tellement plus simple de trouver le coupable idéal! De refuser de se regarder dans un miroir. D'apprendre à vivre sans ce poids qui nous oppresse le cœur.
Dans la ville qui m'avait vu grandir, quand j'avais affirmé m'être fait violé et non pas avoir couché pour du fric, on m'avait regardé de haut en affirmant que vu ma tenue ce jour-là. Je sortais d'une fête alors oui je portais une robe mais ce n'était en rien une excuse! Je n'avais rien cherché du tout et il était certain que j'aurai pu porter une combinaison de ski ou encore un col roulé que j'aurai quand même dû passer par cette rue et tomber sur cet homme. Je n'avais rien cherché. Jamais ce ne serait de ma faute. Pas sur ça. Mais c'était plus facile de me rejeter la faute plutôt que d'admettre que personne n'avait pu me sauver ou me rendre justice.
Pour Blue, c'était pareil: Les absents ont toujours tord. Et ce jour-là, c'était moi qui était absente. Donc, tout était de ma faute. C'était ainsi, du moins pour les gens qui m'avaient mise au monde.

J'ai doucement finie par sécher mes larmes, me calmant un tant soit peu. J'avais voulu des réponses et j'en avais eu. Mais je n'en avais pas fini. Pas tout de suite. Je me suis relevée, en colère comme jamais.

- J'ai besoin d'un café je crois. Après, promis je nous ramène. Y en a un sur le trajet qu'on a prit pour aller voir ma génitrice. On se retrouve là-bas? Il faut que je fasse une dernière chose avant. Ça me prendra pas longtemps et je te jure d'être prudente.

Sans attendre ta réponse, j'ai disparu sous tes yeux, réapparaissant dans les toilettes de l'appartement de ma putain de mère. J'en suis sortie pour avancer vers le salon. Ma mère pleurait, visiblement traumatiser par notre entrevue. Aaron, lui avais-tu remis les pendules à l'heure?
Elle a relevé la tête en m'entendant approcher et elle a semblé effrayé. Oui, visiblement, elle avait eu peur de toi. J'ai posé un papier sur la table basse, un sourire carnassier aux lèvres.

- Qu'est-ce-que tu fais là?!

- Si tu cherches ton connard de mari, il est à cette adresse. Simplement... N'espère pas le faire sortir. Au contraire. Tu vas le rejoindre. Je m'en assurerais. Blue n'est pas morte par ma faute. Tu aurai pu la sauver, l'emmener et t'en as rien fais. Sans moi, tu ne saurais même pas qu'elle est morte! C'est quel genre de mère ça?

- Mais je...

- La ferme! Je vais appeler les flics. Je vais faire ce que j'aurai du faire depuis bien longtemps: Vous dénoncer. Vous nous avez maltraité et abandonné, Blue et moi. Il est temps que justice soit faîte et que vos crimes ne restent plus impunis.

- Ludmila Eugénie Parker! Je suis ta mère, tu ne peux pas faire ça!

Mon nom complet. Y avait pas bon, ma mère était furax. J'ai accentué mon sourire avant de faire demi-tour. J'en avais finie avec elle. Avant de passer la porte cependant, j'ai marqué un temps d'arrêt.

- Ma mère et mon père sont morts quand j'avais 15 ans. Tu ne représentes que souffrance pour moi. Et il est temps que tu payes  pour tes crimes.

Et je suis sortie. Après être passer chez les flics pour me renseigner sur la procédure, je t'ai rejoins, ma colère un brin apaiser. J'ai commandé un café assez rapidement quand le serveur est arrivé et je t'ai souris, un peu coupable du fait que tu avais dû t'inquiéter. J'ai donc sagement sortie les documents que je venais de récupérer et je te les ai tendus.

- Tu avais raison. Ma mère est aussi coupable de mon père dans cette histoire, mais moi non. Du moins pas comme elle l'entend. Ca va me prendre beaucoup de temps et je ne te remercierai jamais assez mais... Je veux rendre justice à Blue. Je veux nous rendre justice.

Il était temps d'avancer.


##   Mar 29 Aoû 2017 - 14:43

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Humeur : Aha ! ... Attendez, c'était une vraie question ?

De plus en plus, je ne sais pas quoi lui dire. Pourtant, elle réussit à se calmer un peu, et même si ce qu'elle dit ne m'enchante pas - parce que j'ai l'impression que plus je parle, et moins elle comprend ce que j'essaie de lui dire. Elle me ressort encore qu'elle a fait comme sa mère, qu'elle aussi a voulu se décharger de ses fautes... Pourtant, quelle faute a-t-elle commise à part celle de ne pas avoir été au bon endroit, née dans la bonne famille ?

Ludmila relève finalement les yeux vers moi, des yeux rouges et gonflés par ses larmes. Sa voix ne chevrote plus autant, mais elle est emplie d'une colère insoutenable. Elle se relève et je la suis dans son mouvement, soucieux, puis acquiesce. Un café, alors. Juste un café avant de partir de cette ville de malheur.

Pourtant, elle a l'air de vouloir s'en aller seule avant... Je fronce les sourcils, m'apprête à lui faire part de mes réserves. Mais elle se téléporte immédiatement et je ferme les yeux pour contenir mon agacement et mon inquiétude. Bon... Rejoignons-nous au café alors...

Je prends le parti de lui faire confiance, mais si elle ne réapparaît pas très rapidement, je vais avoir des problèmes et elle le sait aussi bien que moi. Alors je vais là-bas et j'attends ; je bois un, deux, trois cafés pour faire passer le temps et réguler mon angoisse. Puis enfin, elle revient. Je relève les yeux vers elle et l'interroge du regard, de même que je hausse un sourcil circonspect pour lui faire comprendre qu'elle n'avait pas à partir de cette manière.

Elle se commande un café, puis elle me fait glisser des papiers... Je les parcours rapidement ; un dépot de plainte. J'acquiesce lentement en parcourant les documents des yeux, et un sourire en coin s'étire sur mes lèvres. Je relève la tête vers elle pour la fixer quelques secondes et acquiesce, puis tapote le papier du bout de l'index.

—Je crois que c'est une excellente idée. Par contre, il te faudra sans doute un très bon avocat face à cette furie… On devrait pouvoir te trouver ça.

Après tout, nous avons quelques contacts haut placé en France. Même si le maire de Paris ne peut pas directement intercéder en notre faveur, je sais aussi qu'elle peut nous aiguiller vers de très bons professionnels.

Lui rendre justice ne lui rendra pas sa soeur. Pour autant, je crois que c'est la seule chose qu'il lui reste à faire.

Face à elle, je lève ma tasse, comme pour l'inviter à trinquer. Ca va encore être long, mais je sais que tu seras assez forte pour endurer tout ça.
Tu es une survivante.



Je vis en #FEA347.


Un peu d'amour ♥:
 
 

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