Terrae, Une nouvelle ère commence...

Partagez | 
Ce qu'il fallait dire • Huo speed-RP
#   Mar 29 Aoû 2017 - 20:49

Personnage ~
► Âge : 28 ans, contre toute attente... Oui j'ai survécu jusqu'ici !
► Doubles-comptes ? : Aoi, Ariana, Misao
► Rencontres ♫♪ :
avatar
Messages : 2530
Date d'inscription : 28/02/2011
Emploi/loisirs : Prof de maths et papaaaaa ♥
Humeur : Ahaha. Euh...

/ Mi-juin.

Je frappe doucement à la porte d’Aaron. C’est pas mon genre de me sentir anxieux ou nerveux mais là avec ce que je compte lui annoncer ça peut pas bien se passer. J’sais que lui et moi on a pas grand chose en commun. Il m’aime pas d’ailleurs et je lui rend bien. Mais je le respecte, je crois ? Et je sais que Nico compte pour lui et inversement. J’en ai parlé avec Aoi, longuement. Je me vois pas ne pas lui dire. Et moi… Je sais pas comment gérer ça.

C’est une foutue mauvaise semaine. Une très mauvaise semaine. Découvrir que Nico ne va pas bien, en fait c’est pas un scoop du tout. Mais apprendre qu’il se drogue… Et depuis même un petit moment si j’en juge à ce que j’ai vu. Ca fait mal. Mal parce que ça veut dire qu’on a échoué à l’aider, le comprendre. Mal parce que ça veut dire qu’en tant que grand frère j’ai totalement foiré. Et j’ose même pas imaginer l’effet que ça fera à Aaron vu sa relation privilégié avec Nicolas. Il a adopté sa soeur ! Ca veut dire beaucoup de choses. Donc non. Ca peut pas bien se passer.


On est tranquillement en train de se reposer sur le canapé, Charlotte et moi. Elle somnole dans mes bras, sa tétine en bouche, quand j’entends quelqu’un frapper à la porte. J’ai un sourire, une seconde, en me disant que j’suis content que les gens prennent l’habitude de ne plus sonner. Ca évite à la petite de se réveiller quand elle est déjà en train de dormir, et au pire y a mon téléphone… Je la garde précautionneusement contre moi et elle agite à peine la jambe tandis que je me lève pour ouvrir. Huo. Je hausse deux sourcils.

—Salut. T'as besoin d’un truc ?

Son expression ne me dit rien qui vaille, mais bon, c’est pas certain qu’ça me concerne. … pas vrai ?


Il ouvre la porte avec la petite dans les bras et je retiens une grimace. Heureusement qu’elle dort. Ca nous aidera peut-être à rester plus calme.

— J’ai un truc à te raconter plutôt.

Urg, ça sonne tellement mal dit comme ça. Bon je suppose que de toute façon autant couper court à la situation.

— Je préfère t’en parler à l’intérieur, et si possible assis. Ca évitera que tu réveille ta gamine.

Je suis tellement nul pour ça, ça craint.


D’accord. Son ton ne me plaît pas. Je me tends immédiatement. Vu la tête qu’il tire et le choix de ses mots, ça ne m’aide pas à ne pas me sentir nerveux. On dirait vraiment qu’il essaie d’me préparer à une nouvelle de merde. … C’est sûrement une nouvelle de merde s’il me demande de m’assoir. J’essaie de respirer calmement et acquiesce lentement, le visage figé dans une expression que je tente de maîtriser. J’me sens un peu déconnecté, sûrement parce que j’essaie de pas faire éclater mon inquiétude comme ça, sur le pas de ma porte. J’suis déjà assez crevé avec Charlotte qui fait ses premières dents, alors autant garder mon énergie pour le moment où ce sera utile.

—C’est mieux si je la couche ? je fais d’une voix blanche en m’écartant pour le laisser entrer et refermer la porte derrière lui.


J’acquiesce doucement en entrant et soupire. Ok. Tu peux le faire Huo. T’as réussi à en parler à Aoi donc c’est que tu peux le faire. Parfois je regrette l’époque où j’étais trop égoïste pour en avoir quelque chose à foutre de blesser les autres.

— Je pense oui. On va essayer de pas la réveiller.

J’attends qu’il aille coucher la petite et vais m’asseoir sur le canapé du salon. Il a l’air déjà épuisé, j’ai pas tellement peur de comment il pourrait réagir. Je connais pas si bien que ça Aaron mais il est pas du genre à s’en prendre au messager. Pour ce qui est de comment ça va l’affecter par contre… Tain, pourquoi j’ai décidé de lui en parler déjà ? Ha oui. Je veux pas devoir gérer ça tout seul.


Un hochement de tête et me voilà parti coucher Charlotte, la boule au ventre. Je l’embrasse sur le front et la borde, une boule au ventre et une nausée qui commence à grimper. J’ai l’impression de sentir l’inquiétude d’Huo malgré la barrière qui le protège de mes pouvoirs. Et ça me donne encore moins envie de le rejoindre. Il me faut quelques secondes pour que je passe le pas de la porte de la chambre en sens inverse, le babyphone en main. Je m’installe, les membres raides comme des piquets.

—Dis-moi c’qui se passe.

Ce n’est pas une question. Pas de formule de politesse, pas de détour. Dis-le moi. Maintenant. Sinon je crois que je vais m’effondrer à cause de l’angoisse.


Oulà… Nan mec je sais que la situation t’angoisse déjà mais please détend toi un peu sinon tu vas me faire une syncope avant que je commence à parler. Je soupire.

— Bon. Je sais pas trop comment t’annoncer ça de façon délicate. Je serais d’avis qu’il y a pas de façon délicate pour le dire de toute manière.

Je prends une grande inspiration. Comme si ça allait minimiser la chose et me faire sentir moins misérable d’avoir rien vu.

— J’suis passé voir Nico dans sa chambre y a quelques jours. Il va encore moins bien que je le pensais. Sa piaule était dans un état abominable et c’est un mec qui a vécu dans un squat avec une dizaine de mecs pendant 2 ans qui te dit ça.

Je me mordille la lèvre. Il flippe assez comme ça. Autant lâcher la bombe.

— Il- Un autre soupire. Nico se drogue.


Respire. Respire. Respire.
J’arrive plus à respirer.
L’air se bloque. Ca fait mal. La poitrine compressée au point d’avoir l’impression de m’être pris un camion dans la gueule.
Ca fait des jours qu’il vient plus, presque des semaines. Plus en cours. Plus voir Charlotte. Plus me donner de nouvelles. J’me suis inquiété. J’ai appelé. J’ai envoyé des messages. J’suis allé le voir. Mais j’étais trop occupé, p’tetre, je crois, je sais pas ?
Respire. Respire-

J’avale difficilement ma salive. J’réalise pas encore.
“Nico se drogue.”
Ahah.
“Nico se drogue.”
Putain.
“Nico se drogue.”
J’croyais qu’j’étais “the best mom” ?

J’me plie en deux juste le temps de retrouver mon souffle. Ferme les yeux avec force. Est-ce que c’est de ma faute ?
La France.
C’est de ma faute ?
Charlotte.
Qu’est-ce que j’ai loupé ?
Ses absences.
Qu’est-ce que j’ai-

—C’est grave à quel point ? j’essaie d’articuler, une main resserrée non-intentionnellement sur le bord du canapé.


Je retiens même pas un mouvement vers lui quand il se plie en deux. Putain même moi j’ai mal à le voir comme ça. C’est- Y a pas de mots pour dire à quel point je sais que j’ai foiré autant que lui. J’étais supposé être là pour lui. L’aider à gérer ces trucs qu’il gérait pas. C’est pas à ça que servent les grands frères ?

— Je- Grave comme dans se perdre presque dedans.

Je me mords la lèvre. Je veux pas que Nico devienne comme ces junkies que je voyais dans les rues de Kowloon. Ces mecs qui auraient fait n’importe quoi pour un fix de mauvaise qualité.

— Il peut s’en sortir Aaron. Je sais qu’il peut. Mais il a besoin d’aide et il me laissera pas l’approcher.

S’il faut l’envoyer en cure de désintox, ça veut dire qu’on devra prévenir Hideko. Pour l’instant je peux pas me résoudre à ça.


Ca va. Ca va. C’est c’qu’il dit toujours. “Moi, ça va.” Un haussement d’épaule, une légère moue, parfois un sourire tordu. Forcé. J’sais que ça n’allait pas. J’sais qu’il faisait semblant. Mais à quel point il a réussi à nous convaincre que ça irait, au final ? À quel moment on s’est dit que c’était plus grave ? Qu’on avait mieux à faire ? C’est ça au final, non ? Si on ne l’a pas vu, c’est pas seulement parce qu’il s’est pas laissé aider. Si on ne l’a pas vu...

J’ai envie de vomir. Je me pince les lèvres quelques secondes, remonte finalement les yeux vers Huo. Il est tout trouble ; j’ai un voile devant les yeux. Voile de larmes qui ne veulent pas couler. Qui restent bloquées. Comme les mots. Comme la tristesse. Comme la colère. Comme tout ce que j’aimerais pouvoir faire là, maintenant, mais dont je suis incapable.

Il peut s’en sortir. Qu’est-ce qu’il dit ? Il le croit vraiment ? J’ai envie d’y croire. De m’y raccrocher. Mais c’est tellement difficile de tendre la main, là.

—Parce que tu crois qu’il me laissera l’approcher ? je croasse, un rire nerveux étranglé dans ma gorge. Parce que tu crois qu’il me laissera l’aider ?

C’est c’que j’ai essayé de faire. Essayer de lui parler. Lui offrir des ouvertures. J’ai essayé d’être là. Peut-être que j’ai laissé tomber en cours de route, je sais pas… Mais sérieusement ?...
J’secoue la tête, appuie mon visage contre mes deux mains, coudes sur les cuisses. Respire. Respire.

—Qu’est-ce qu’on peut faire… je murmure. Qu’est-ce qu’on peut faire…?


Il est pas bien, réellement, en état de choc même. J’sais pas trop comment gérer ça en vrai. Moi c’est le genre de truc… Ouais c’est grave, et ouais on aurait dû faire quelque chose, voir que ça allait pas. Mais qu’il se blâme pas. Nico a des amis, il m’avait moi aussi je crois. Mais on a rien vu. Personne. J’étais horrifié en voyant sa chambre, en le voyant lui.

— Aaron… Nico tient énormément à toi. Et à Lottie aussi si je suis pas encore totalement con dans mes estimations.

Mais quelles solutions, quelles options on a ?

— Si tu veux des idées concrètes j’en ai. Mais la plupart impliquent de prévenir Hideko et je suis pas certain qu’il nous pardonnera pour ça. De toute façon à un moment on devra en passer par là mais avant faudrait réussir à le convaincre qu’il va pas bien et qu’il doit se faire soigner.

Je grimace, me passe la main sur la nuque. Fini le “moi ça va”. Terminé.

— J’suis clairement pas le meilleur pour ça mais je comptais en parler à Hamilton aussi. Et toi… J’pense qu’il t’écoutera quand même malgré c’que tu penses.

J’avance doucement ma main et touche son épaule.

— Tu- C’est pas de ta faute. Ou alors si ça l’est, on est tous coupable d’avoir rien vu.


Il tient énormément à moi ? À Lottie peut-être, mais pas à moi, sûrement pas. J’suis quoi, au final, j’suis juste le mec qui s’occupe de sa soeur, j’suis son prof de maths. J’ai la gorge qui se serre encore, j’ai envie de vomir, j’ai mal, mal, mal…

Faut qu’on se raccroche aux idées concrètes, celles dont Huo me parle. Mais j’déchante vite. Prévenir Hideko. Pourquoi on pourrait pas prévenir Hideko ? Le convaincre d’abord… Il croit vraiment pouvoir le convaincre ? Pas lui. Pas Nico. Pas lui qui répète tout le temps que “lui ça va”. Pas lui qui pense qu’il n’a pas de problème.
J’ai envie de me rouler en boule à cette pensée. Il m’écoutera pas. Parce que j’arriverai pas à lui parler. Sûrement pas en tout cas. Pleurer, lui hurler dessus, le secouer je peux. Lui parler, j’arriverai pas. Parce que pour parler, il faut être capable de se maîtriser et j’y arriverai pas.

La main d’Huo s’approche de moi et je mets quelques secondes à m’en rendre compte. Puis enfin je comprends lorsqu’il touche mon épaule. Mon geste de rejet est tellement violent que ma main claque contre la sienne.

—Me touche pas ! je siffle en me relevant.

C’est pas contre lui. J’ai juste pas le contrôle. J’ai juste pas envie de me retrouver à pleurer là. J’ai pas non plus envie de faire sauter les plombs. Il faut que j’me concentre.

—Evidemment qu’on est tous coupables. Mais je le voyais TOUS LES JOURS. Tous les jours, il venait voir Charlotte ! Tous les jours j’lui demandais si ça allait, et tous les jours j’ai pas VU que ça n’allait pas ! Qu’est-ce qu’il prend ? Il fume ? Il prend de la coke ? De l’héro ? Qu’est-ce qu’il prend ? Quelle quantité ?

Pendant que je parle, je fais les cent pas. Gorge serrée, la tête dans les mains, sans réussir à m’arrêter de parler, de bouger.

—J’aurais voir, j’aurais le capter. J’étais tout l’temps là… J’voyais bien qu’il était fatigué, tellement crevé, mais il me disait qu’il bossait, il me disait que c’était aussi à cause de Charlotte, qu’il avait du mal à tout gérer, et il revenait en cours, souvent il allait plus en soirée, j’pensais que ça allait mieux… J’pensais que ça irait, pourquoi c’est pas allé putain ?! Qu’est-ce que j’ai loupé, qu’est-ce que j’ai pas vu ?! A quel moment il a commencé ? A quel moment il a commencé à se faire du mal-, je continue en retenant mes sanglots.

Je m’accroupis sur le sol, dos à Huo. J’en ai plus rien à foutre de l’état dans lequel je suis. J’ai juste envie de crever.

—Qu’est-ce qu’il fout putain… Je-

Je sais pas quoi faire.


Je retire ma main brusquement en retenant un grognement rageux. Pas le moment. Mais bordel, j’ai compris. Moi aussi ça me fait mal mais je- C’est pas le moment de devenir hystérique. Le gamin va avoir besoin de toi. Je peux pas faire ça tout seul. Je pince les lèvres. Personne a rien vu. Aria, Hamilton, moi… On côtoyait tous Nico tous les jours mais on a rien vu. Pas avant que ça devienne trop grave, trop tard ? C’est notre faute, mais c’est pas en restant sur la culpabilité qu’on l’aidera à aller mieux.

Il m’a fallu un moment pour le comprendre, j’en ai discuté avec Aoi et c’est pas comme si il pouvait pas s’en sortir, même après ça. Il est jeune, et je suis presque certain que ça fait pas si longtemps que ça qu’il se- Rien que d’y penser me donne la nausée. Je soupire lourdement, l’attrape par le bras pour le relever brutalement et le rassoir sur le canapé. J’ai pas la patience de faire ça maintenant.

— Tu vas te reprendre et m’écouter, j’assène, presque dur.

Fusille moi du regard si tu veux, je m’en fous. C’est pas ça l’important.

— Nico fume de la meth et du cannabis. Depuis combien de temps, je ne sais pas, probablement plusieurs semaines, peut-être deux ou trois mois. Il s’est piqué à l’héro aussi.

Je me hais tellement d’arriver à dire ça sans que ma voix tremble mais il est déjà en état de choc et je peux pas me permettre de me laisser entraîner par sa panique.

— Je pense que ça a commencé quand il était dans sa phase où il sortait beaucoup. Il a dû se faire proposer des trucs à ce moment et s’y est enfoncé.

J’sais à quel point ça craint. Mais je veux pas gérer ça. Je peux pas.

— J’vais te laisser du temps pour assimiler tout ça ; mais faut que tu y réfléchisses et qu’on trouve une solution.


C’est la panique. Mon rythme cardiaque s’emballe, et mes pensées avec ; y a rien qui est ordonné, rien du tout. J’arrive juste à m’en vouloir, j’arrive juste à pleurer, j’arrive juste à me recroqueviller en espérant que les choses passent. Les choses ne passent jamais et ça fait mal ; peu importe tout le bien qu’on pense faire, à quel point on pense avoir fait en sorte d’amortir notre chute. Quand elle arrive, elle fait foutument mal…

Mais j’ai pas le droit de m’apitoyer. Huo m’attrape par le bras durement, m’oblige à m’asseoir sur le canapé, et je ne peux que lui lancer un regard de détresse. L’écouter. L’écouter, oui. Je prends une respiration brutale, profonde et acquiesce, mais ne m’arrête pas de trembler pour autant.

De la meth. Du canna. De l’héro.
Les mots tournent un moment dans ma tête. Oh putain, j’me sens mal. Comment j’ai fait pour pas le voir ? Alors qu’il venait tous les jours, tous les jours ….?

Quand il sortait. Quand je lui ai parlé. Quand je lui ai dit que je m’inquiétais pour lui. Qu’il me disait que ça allait. Ca n’allait pas. Puis la France. Oh non non non non non…

—Une solution, je balbutie, presque hagard.

Encore sous le choc.

—Faut… Faut qu’il aille à l’hosto, y a pas d’autre solution. Il va pas accepter comme ça… Il…

Charlotte...
Nico….

—Je… j’arrive pas à penser, je souffle, yeux fermés avec force.


Il est en état de choc. Il arrivera pas à réfléchir comme ça. J’ai besoin de lui, de son aide et de ce qu’il sait. J’ai besoin qu’il me dise quoi faire avec Nico parce que moi je ne le connais pas aussi bien que lui. C’est lui qui a réussi à créer cette connexion avec lui, qu’il a emmené en France. Moi je- Je l’ai frappé. Je mériterais même pas de m’inquiéter pour lui mais là Nico a besoin de notre aide. Même s’il en veut pas.

Aaron me fait de la peine. Il ne sait pas quoi faire, me parle de l’hosto mais… C’est pas une bonne idée. J’ai vu ce que la cure avait fait à Allen. J’ai vu combien de temps il a passé là bas et Aoi m’en a parlé. C’est peut-être bête mais je pense que si on fait ça sans essayer nous même avant… Nico va tellement nous en vouloir. Et il a pas besoin que de se désintoxiquer, il a besoin de ses amis, qu’on lui prouve qu’on tient à lui et qu’il nous blessera pas. Si on l’envoie en cure il sera isolé et ça aura l’effet inverse.

— Ecoute, t’es en état de choc. Mais j’pense que l’envoyer à l’hosto est pas la solution. Pas avant d’avoir essayé nous-même. Il y a pas- La drogue est pas le seul problème. Si il a plongé là dedans je pense que c’est qu’il va mal dans son état émotionnel.

Je peux pas lui raconter ce que Nico m’a dit. Je peux pas. C’est déjà trop.

— Essaye de digérer un peu, de- On en reparlera, d’accord ? On va trouver une solution.

Je veux m’enfuir, retrouver Aoi. Je peux pas le laisser comme ça. Est-ce que je préviens Tomoe ? Elle va surement en parler à Hideko et c’est pas une bonne idée. Je sais pas quoi faire.


Mal dans son état émotionnel ? Oui. J'pense que c'était évident. Il va “mal”. Il a juste décidé de foutre sa vie en l’air, hein, c’est pas comme si on s’en doutait pas, qu’il allait “mal dans son état émotionnel”. Et j’crois que j’comprends à demi pourquoi. Sa mère. Sa soeur. Son beau-père. Jérémy. Le village. Ses pouvoirs. J’ai envie de pleurer, encore et encore. C’est de ma faute. J’aurais pas dû l’emmener là-bas. J’aurais pas dû le confronter à tout ça, pas quand il était encore si fragile. J’aurais dû être là, j’aurais dû comprendre. Il y a des choses qui m’échappe, mais la France l’a marqué et j’le sais. Il y avait un avant, et il y a eu un après. J’étais là, et c’est de ma faute.

J’ai un nouveau sanglot. Acquiesce comme je peux. J’arrive pas à réfléchir. Tout ce qu’on a vécu là-bas tourne dans ma tête. À Terrae, aussi. J’essaie de voir quand il a commencé à être différent. J’crois que je l’avais déjà ressenti, cet automne… Quand on est allé boire cette bière ensemble, aussi. J’voulais qu’on s’amuse, mais… C’est de ma faute s’il a commencé à sortir ? C’est de ma faute s’il se drogue ?...

Grande inspiration tremblante. J’me reprends.

—Ca va aller. On va réfléchir. Je. Désolé. Je sais pas quoi faire, là.

Un souffle tremblant. Mes mains sur mon visage.

—Va-t-en. S’il te plaît.

Ca suffit. J’ai besoin d’être seul.


Je lui lance un regard triste. Je voudrais rester, essayer de l’aider un peu mais je sais que je suis pas la bonne personne pour ça. Honnêtement, je suis aussi lâche que ça mais je veux pas devoir le gérer. Je peux pas là maintenant. J’ai déjà assez de mal à me gérer moi pour pas faire n’importe quoi.

La culpabilité c’est horrible. Je sais qu’il en ressent même sûrement plus que moi mais ça n’empêche pas de se sentir mal, de savoir qu’on a foiré. J’essaye de forcer un sourire. Ca ne vient même pas.

— Je- J’suis désolé.

Je recule un peu, lui lance encore un regard peiné. Je suis nul. A quoi ça sert, tout ça ? J’ai juste envie de me rouler en boule dans un coin pour ne plus y penser mais je n’ai pas le droit de faire ça. Nico a besoin d’aide. Je sors de la maison, souffle lourdement en regardant le ciel. Trop bleu, trop beau. Ca me déprime encore plus. J’ai besoin d’un câlin, Princesse.



Je vis en #FEA347.


Un peu d'amour ♥:
 
 

Ce qu'il fallait dire • Huo speed-RP

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1Terrae, Une nouvelle ère commence... :: Terrae Village.
 :: Logements Masters. :: Maison d'Aaron & co.