Terrae, Une nouvelle ère commence...

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A l'ombre de la lune. (Pv : Matheo)
Ven 13 Mai 2016 - 9:47
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Anglais ? Mi-anglais, mi-japonais ? Je hoche la tête avec intérêt. Je suis décidément mauvais avec les prénoms. Je partais sur les japonais parce que c'est la majorité de Terrae, comme quoi il ne faut pas s'y fier. Mais il est en partie japonais, donc je n'étais pas totalement dans l'erreur, non ?

Sa réflexion sur mon "handicap" pas si handicapant dans un bar me fait rire. J'ai déjà entendu mon père râler contre les gens saouls, les jeunes surtout. J'en voyais par ma fenêtre la nuit pendant l'été. Je m'étais toujours interrogé sur le pourquoi de l'état de ces gens. Ils avaient 'lair heureux et en même temps si... simplets. C'était étrange comme vision de l'extérieur. De toute façon, je n'aurais jamais pu connaître ça. Mes parents ne me laissaient pas sortir et puis, je n'en avais pas très envie non plus... Lorsque l'on vit dans un cocon toute sa vie, le monde extérieur fait peur.

-Tu as sûrement raison... C'est juste que je ne suis pas encore habitué, ça me fait un peu peur. Et puis, le peu de gens ivres que je voyais ne me donnaient pas trop envie, dis-je avec un sourire.

Un ami pour m'y accompagner ? Si, sûrement. Ys, ou même Huo, ou n'importe qui que je connais ont déjà fréquenté les bars, c'est sûr. Ys se ferait d'ailleurs un plaisir malsain de m'initier à ça, de me saouler rien que pour voir ma réaction ou mon attitude. Ce n'était peut-être pas une bonne idée de lui demander à lui d'ailleurs... Mais en même temps, je crois que tout mes amis feraient ça, tellement étonnés que je demande ça.

-Je ne sais pas si je m'y amuserais, il faudrait essayer. Même si j'ai un peu d'appréhension. Quant aux amis... si j'en ai qui pourrait m'y accompagner mais je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée, lui dis-je en rigolant.

Sa question suivante me fit rougir, sans comprendre pourquoi. Au fond, je crois que j'avais un peu honte. Je sais que tous els jeunes de mon âge, même plus jeune, ont tous connu leur soirée au bar ou leur premier alcool. Moi... Je ressemblais à un gros bébé n'ayant jamais connu la vie. Mais au final, c'était un peu ça.

-... Non... je n'en ai jamais bu..., répondis-je, le rougissement s'intensifiant. Et j'ai 22 ans...

Cela me rappelle tellement de souvenirs lorsque je lui dis mon âge. Cela faisait 5 ans maintenant que j'étais à Terrae. J'étais jeune, j'avais à peine 17 ans lors de mon arrivée à Terrae... C'est difficile pour moi d'imaginer qu'autant de temps est passé.
Malgré le fait que ce ne soit nullement un reproche, j'éprouve le besoin de me justifier auprès d'Allen, pour ne pas qu'il me prenne pour un garçon de bonne famille coincé, même si je le suis certainement un peu, il ne faut pas se mentir.

-Tu sais, j'étais enfermé dans ma chambre pendant presque toute ma vie... Je ne sortais que de temps en temps la nuit mais ça ne fait d'expérience... A part quelques unes étranges, expliquais-je avec douceur.

Je ne sais toujours pas pourquoi je me justifiais. Cele faisait longtemps que je n'avais plus fait ça mais une raison indicible m'y poussait.


Hrp: J'ai fait encore pire que toi... Je suis tellement désolé ma titi, mais tellement. J'ai juste un boulot monstre ces derniers temps entre les exams et le mémoire. Mais je t'aime quand même <3
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Sam 14 Mai 2016 - 17:57
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La réticence de Matheo était compréhensible. Je le comprenais d'autant mieux après ce qui m'était arrivé. Je n'avais encore aucune idée de la façon dont je réagirais en croisant une personne complètement bourrée, mais je ne suis pas sûre que je pourrais resté serein.
Il m'expliqua qu'il connaissait bien des gens qui devaient aller dans ce genre de lieu, mais il précisa bien que ce ne serait peut-être pas une bonne idée de leur proposer. Je ris légèrement à sa remarque avant d'ajouter :

-Après, tu peux aussi y aller pour simplement boire une bière, tu sais ! Je trouve que les bars sont des lieux qui ressemblent beaucoup aux gares : c'est un lieu de regroupement, de passage, il y a du monde, tu perçois toujours une conversation ici et là... C'est vivant comme endroit.


Je restai cependant surpris quand il m'avoua qu'il avait 22 ans et qu'il n'avait jamais bu d'alcool. Je ne dis pas pour autant que c'est une mauvaise chose ; c'était surtout surprenant. Même si je ressens beaucoup d'appréhension pour l'alcool maintenant, notamment à cause de ce qui m'est arrivé, je sais que lorsque j'étais plus jeune, ado, c'était... Bah c'est peut-être con à dire, mais c'était sympa de boire un coup avec des potes, de faire une petite soirée. L'alcool libère de beaucoup de choses, on est moins gêné, et on parle beaucoup plus facilement aux autres.
Après, les risques de l'alcool, c'est de prendre goût à cette vie, à cette transformation qui nous fait penser que tout est plus simple. Devenir dépendant, parce que le matin, la gueule de bois est plus facile à supporter, et s'en va plus vite lorsqu'on reprend une goutte d'alcool. Devenir dépendant aussi parce qu'on ne s'apprécie plus à notre juste valeur, on se perd, on se hait suffisamment pour trouver que cet autre-nous, qui prend notre place dès qu'on consomme de l'alcool, est meilleur, plus intéressant, qu'il nous permet d'oublier et de simplement "profiter de la vie".
Je me rends compte moi-même à quel point cette conversation mentale que j'entretiens avec moi-même est ridicule. "Être pour ou contre l'alcool". C'est presque le genre de conversation qu'on pourrait avoir en étant ivre, et pourtant, je l'ai en étant parfaitement sobre, hein, tout bêtement parce que je suis surpris de rencontrer quelqu'un qui n'a jamais bu d'alcool.
Matheo reprit la parole et m'expliqua vaguement en quoi avait consisté sa vie pendant très longtemps. Je hochai la tête en l'écoutant.

-Ouais... Je comprends bien. Chacun a ses propres expériences, c'est ce qui fait de nous ce que nous sommes après tout !


Je souris légèrement, et reportai mon attention sur le village éclairé plus loin dans la nuit.

-Après je pense que boire de l'alcool, c'est une expérience à tester. C'est une partie de nous qu'on ne connaît pas, c'est normal d'être curieux à ce sujet. Sans te dire qu'il faudrait que tu boives, hein ! J'imagine même pas ce que ça te pourrait te faire... Une grande partie des effets, selon moi, sont visuels alors...


Je baissai la tête, avant de me tourner vers Matheo.

-Cela étant, si jamais ça t'arrivait un jour, je serais curieux de savoir comment tu l'as vécu, et comment tu l'as ressenti. Même si je ne te dis pas de boire non plus. En soi c'est... Bien, je trouve. De ne pas boire, je veux dire. Ca évite pas mal de soucis possibles...


HRP : Pas de souci pour le retard ♥ Je te comprends parfaitement, ça a été pareil pour moi récemment ! J'ai passé ma soutenance mercredi pour la première partie de mon mémoire, donc je suis tranquille avec ça ! Plus que les oraux de mon concours et je suis tranquille >O<
Sinon, désolée, je suis hyper déçue de mon post, j'ai vraiment pas réussi à faire passer ce que je voulais ToT Mais en même temps, je me suis dit que c'était pas plus mal, vu qu'Allen doit pas non plus savoir comment se placer par rapport à ça... Plein de bisous ♥
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Dim 15 Mai 2016 - 19:36
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Sa remarque me fit sourire. S'il savait seulement combien le principe, même super simple, de boire une bière était éloigné de mon quotidien et de ma vie. Je ne savais même pas quel goût ça avait... Je savais tout juste à quoi ça ressemble pour en avoir vu en image ou à la télé mais c'est tout. Mais parents ne buvaient pas, ils n'aimaient pas ça. Ma soeur, un peu plus libre d'esprit, avait bien tenté de me traîner avec elle dans une de ses folles soirées nocturnes mais papa et maman veillaient au grain... Elle s'était d'ailleurs bien fait sermonnée ce soir-là, en leur criant qu'ils me couvaient trop.

-Crois-moi écouter ne me pose pas de problèmes, dis-je en rigolant. Après la description que tu m'en fais est tentante c'est vrai...

En y réfléchissant, une pensée toute bête me vint à l'esprit.

-Je ne vis que la nuit mais bizarrement, je ne conais pas cette partie du monde nocturne. Moi ce n'est fait que de silence et de solitude. Je côtoyais un autre monde sans m'en rendre compte.

Je parlais dans le vide, d'un air rêveur, même pas sûr qu'il m'écoutait. Mais je m'adressais plus à moi qu'à lui, c'était une réflexion à moi-même. Ca ne me rendait pas triste d'avoir loupé une partie de la vie nocturne du monde, mais je me disais que peut-être alors, je me serais senti moins seul... peut-être même que j'aurais pu avoir des amis.
Je le laissais parler, sans intervenir. Nos vies sont toujours différents de celles des autres mais parfois, ce n'est pas un problème. J'ai toujours eu tendance à penser que les différences rapprochaient autant que les ressemblances. Cela peut sembler idiot mais au final, les gens dont je m'estimais le plus proche, Ys, Ryu, Huo... Nous avions tous eu des vies catégoriquement différentes et pourtant je ne pourrais pas me passer d'eux aujourd'hui.

-En vrai tu m'incites à me dévergonder, avoue!

Je rigolais bien entendu, mon large sourire le lui montrait bien. Il n'avait pas tort non plus de vouloir m'extérioriser. J'étais plus réceptif maintenant que je ne l'aurais été à mon arrivée à Terrae. J'avais tant changé que ça ?

-Promis je te tiendrais au courant! Si tu me promets de ne pas te moquer d'accord ?

Je rougissais légèrement en lui disant cela, mais je craignais ce qu'il pouvait arriver. Quand on en connait pas, on a peur pour rien. Si en plus il se moque de moi, ce sera pire!
Je me mordis légèrement les lèvres, hésitant à poursuivre ce qui me trottait dans la tête. Je ne voulais pas être intrusif, sachant qu'il était gentil avec moi. Mais la curiosité me poussait malgré tout à lui demander.

-Tu sembles triste depuis tout à l'heure... Quelque chose ne va pas ?

C'était dit d'un ton hésitant car je n'osais pas vraiment. J'avais remarqué que notre conversation sur les bars, la façon dont il en parlait et même ses réflexions semblait le perturber, ou le rendre un peu triste, sans que je sache vraiment si c'était le cas. En désespoir de cause, je posais malgré tout la question, mais j'espérais ne pas avoir mis les pieds dans le plat!


Hrp: Han t'as déjà passer ta soutenance!!! Alors? ALORS ? Juste une partie ? ca se fait en plusieurs fois ? Oo
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Mer 18 Mai 2016 - 19:33
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C'est vrai que la nuit, il y a deux mondes parfaitement distincts. La nuit, c'est le lieu de la solitude, de l'obscurité, mais surtout de ces moments de calme et de légèreté, où on prend le temps de réfléchir et de se poser. Et pourtant, c'est aussi le lieu du dévergondage, le moment de la journée où tous les fantasmes prennent vie, ou on laisse la raison de côté pour la récupérer le lendemain. C'est étonnant. Mais ce n'est pas si étonnant que ça qu'il n'ait connu qu'un seul de ces deux mondes.

-Par rapport à ce que tu m'as raconté de ta vie, ce n'est pas si étonnant. Et puis, ce n'est pas si mal non plus. Ca te laisse des choses à découvrir encore maintenant ! Même si, selon moi, on peut en apprendre tous les jours, jusqu'à la fin de notre vie.

Je ris légèrement lorsqu'il insinua que je cherchais à le dévergonder. Ce n'était pas vraiment vrai, d'autant que je ne le connaissais qu'à peine ! C'est plutôt que j'avais été réellement intrigué et curieux de savoir comment une personne aveugle pouvait vivre le fait d'être ivre. Et en même temps, parallèlement, je ne pus m'empêcher de me dire que ce devait être terriblement perturbant et surtout très effrayant. Il ne voit déjà rien, mais lorsqu'on est ivre, on ne marche pas droit, on n'a plus tellement conscience du monde qui nous entoure... Et cette perte de ces repères, qu'il a déjà de façon limitée, pourrait être vraiment angoissant. S'il voulait vraiment tenter l'expérience, il devrait emmener avec lui quelqu'un de confiance... Et même si je l'avais connu plus que ça, je ne me serais pas proposé, parce que je ne me fais pas encore suffisamment confiance.
Je secouai négativement la tête suite à sa question.

-Je ne me moquerais pas. Je ne pourrais jamais me moquer quand il s'agit d'alcool, crois-moi.


En dire si peu et pourtant tant à la fois. Bizarrement, ça ne m'avait pas semblé gênant, ou même douloureux. Je l'avais dit naturellement, parce que ce n'était qu'une vérité que j'énonçais. Je n'avais rien à cacher, pas besoin de mentir. J'étais bien le dernier ici à pouvoir me moquer de quelqu'un qui vivrait une mauvaise expérience avec l'alcool... Vraiment.
Sa question me dérouta cependant. Moi qui pensait que j'étais assez normal... J'imagine que les aveugles ont vraiment un sixième sens. Ce n'est pas un mythe.

-Si... Si, ça va, ne t'inquiète pas. Je suis juste pensif.

Je l'admettais. Je l'admettais, et je l'avais presque avoué quelques secondes auparavant. Et pourtant, à partir du moment où on me posait la question, je bloquais. J'étais incapable de répondre, j'étais incapable de m'expliquer, de dire le fond de ma pensée. J'avais vraiment bien choisi le mot : je bloquais. Même si je ne le connaissais que trop peu, j'étais persuadé qu'il était le genre de personne à être très attentif aux besoins des autres et... Et j'avais du mal à me dire que je méritais cette attention. Alors si on s'intéressait à moi, c'était automatiquement que je refusais cette aide. Ce refus automatique qui m'avait pourtant amené en cure en premier lieu, hein.

-Je suis parti de Terrae il y a quelques mois maintenant. Je viens seulement de revenir... Alors je pense un peu à tout ce qu'il s'est passé, les changements qu'il y a eu ici. J'essaie de me mettre à la page.
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Ven 27 Mai 2016 - 18:50
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Il n'était pas étonné, mieux encore, il ne se moquait pas. Il parvint même à placer un trait d'humour en précisant que ce n'était pas plus mal que je n'ai pas commencé à boire. Ce n'est pas faux. Je sais que tout le monde ne devient accro immédiatement, certains le font juste pour le fun, mais je n'avais jamais bien compris cette vision des choses. Pourquoi les gens pensaient qu'ils fallaient boire pour s'amuser ? Je trouvais cette vision de la vie si triste. Mais en regardant ma vie de plus près, je n'étais pas vraiment apte à faire de commentaire. Je n'étais pas malheureux, mais je n'avais jamais connu le grand frisson non plus.

-Tu as sûrement raison... Mais je me dis de temps en temps que, si j'avais franchi le pas, je me serais fait des amis ou les choses auraient été différentes, murmurais-je.

Ce n'était pas vraiment uen sentence, plutôt une constatation. Mais si les choses se sont passées ainsi, c'est sûrement pour le mieux. Ou alors parce que j'était trop lâche aussi. Je secouais la tête.

-Bah, ressasser le passé, ce n'est jamais bon. J'élargirai assez tôt mes horizons, dis-je en rigolant.

Sa voix sembla se briser un isntant lorsqu'il me dit ne jamais se moquer. Je décelais, au ton de sa voix, l'insistance qu'il marquait sur le verbe boire. Ma curiosité fut piquée et, même si je supposais des choses par rapport à tout ce que j'avais noté, je ne lui en montrait rien. Je ne voulais pas qu'il pense que je le jugeais ou l'analysais d'une quelconque manière.
Mais la suite ne m'apaisa pas davantage. Il semblait bel et bien perturbé, pas juste "pensif" comme il disait. Mes paroles le déconcertaient sûrement, peut-être avais-je dit quelque chose qu'il ne fallait pas. Je ne savais pas. Il m'expliqua alors qu'il avait quitté Terrae un moment, et qu'il n'était rentré qu'il y a peu de temps. Je restai silencieux un moment, avant de hocher la tête avec un sourire.

-Oui c'est normal! En plus, il se passe toujours des choses à Terrae, tes amis ont sûrement changés entre temps...

Je parlais un peu pour ne rien dire, plus pour combler le silence. Je ne voulais pas qu'il se morfonde après avoir dit ça, je préfèrais combler avec ma voix, quitte à ne rien dire d'intelligent, plutôt que de le savoir enfermé dans sa bulle. Je ne savais pas pourquoi, appelez ça l'instinct, mais quelque chose me soufflait qu'il était fragile et, pour je ne sais quelle raison, je voulais le préserver. Il était sûrement plus âgé que moi, avait vécu plus de choses que moi mais je ne pouvais pas m'en empêcher. Comme pour Huo, Ys ou Nicolas... ces personens qui avaient tant vécus, je ne voulais plus qu'ils leur arrivent des malheurs. je voulais les protéger. La voix de Allen ressemblait à la voix de ceux qui ont soufferts et je ne savais pas comment l'aborder, ni même si je devais l'aborder.
Finalement, après quelques hésitations:

-Dis-moi, ton absence... elle était due à..., commençais-je

Puis, je secouais la tête en rougissant, ravalant mes dernières paroles. Il n'a surement pas besoin de les entendre.

-Non non excuse-moi, je n'ai rien dit!

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Mer 1 Juin 2016 - 12:40
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HRP : J'adore tellement ton avatar ♥

Je me sentis un peu coupable quand il m'avoua, probablement plus machinalement et sans réfléchir que volontaire, que s'il était sorti un peu plus, il se serait peut-être fait des amis. Les choses auraient été différentes... Ah bah ça c'est clair mon gars !
J'avais un pincement au coeur, parce que si je me promenais parfois dans la nuit justement en quête de solitude, lui n'avait pas eu le choix, il avait été condamné à la solitude. Et quand tu connais personne, parce que c'est dur de rencontrer des gens sans aller à l'école ou à un quelconque travail, bah c'est pas évident de se motiver à sortir... Sortir seul, pour aller boire un coup ? Même moi je l'aurais pas fait.
Je hochai la tête quand il lança que ressasser le passé n'était jamais bien. Je ne savais vraiment pas quoi dire pour le coup. Après lui avoir seulement assuré que je ne me moquerais pas, je tentais maladroitement de répondre à sa question, ce qu'il remarqua, évidemment. Il commença une question, et s'interrompit avant de la terminer. Je ne voulais pas entendre cette question, et je ne voulais pas y répondre, alors je fis mine de ne pas avoir entendu, de ne pas l'avoir devinée, et je continuais à regarder l'horizon, comme s'il ne s'était rien passé.

-C'est rien
, soufflai-je.

Oui, c'est rien. Il n'a rien dit, ou du moins n'ai-je pas entendu. C'est ce que je veux croire. Parce que je ne veux pas qu'il change son regard sur moi (ce qui est assez ironique vu son état haha...). Je ne veux pas le voir éprouver de la pitié, voire de la compassion, ce qui a plus l'air d'être son genre. J'veux juste être moi. Parce que je me suis relevé, je ne suis plus cette larve qui passait son temps à boire, alors non, je ne veux pas en parler. Je sais que c'est arrivé, je ne veux pas le nier. Mais je n'ai pas besoin d'en parler, parce qu'en parler c'est considéré que cet autre moi est encore là, quelque part, alors que je l'ai chassé ; du mieux que je l'ai pu je l'ai chassé.

-Dis moi... Quand tu es arrivé ici au début, tu étais déjà aveugle ?

Ce n'était pas très sympa. Je lui balançais quelque chose à la figure qu'il n'avait peut-être pas envie d'entendre. Mais je ne voulais pas parler de moi, et je n'avais rien trouvé d'autre. Et j'étais suffisamment égoïste pour ne pas m'excuser, et ne pas lui proposer de ne pas répondre si ça le dérangeait, parce que j'avais besoin de cet autre sujet de conversation.

-Ou ta maladie a progressé quand tu étais ici ? Parce que dans ce cas, ce serait pas vraiment top, étant donné qu'à l'origine, tu vis maintenant dans un monde où y'a plein de magie, et ça voudrait dire qu'aucun guérisseur n'aura été capable de te délivrer de ça...

J'étais un peu bête, parce que je savais qu'il y avait aussi des choses contre lesquelles on ne pouvait pas lutter. Me dire ça me poussait encore davantage à réaliser que Terrae n'était finalement qu'une illusion, qu'elle ne faisait rien pour nous si ce n'est nous offrir des pouvoirs qui ne pouvait visiblement rien apporter de bon. On apparaissait aux yeux des autres comme des monstres, et nous en étions, puis nous n'étions qu'en quête de plus de puissance tout au long de notre vie, cherchant à gravir les échelons, à passer tout d'abord initié, puis étoile, puis Master, où là nous pourrions recevoir un nouveau pouvoir, plus fort, plus dangereux.
Je secouai la tête, pensif.

-Tu n'as jamais douté de Terrae, et de ces pouvoirs, toi ?
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Mer 15 Juin 2016 - 11:55
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Je hochai la tête en entendant "c'est rien". Oui, ce n'était rien. Ce n'était pa simportant. Mes pensées avaient parlé plus vite que moi, comme d'habitude. Je m'étais rattrapé à temps. Nul besoin de yeux pour se rendre compte que la conversation prenait un tour qui ne lui plaisait pas. Je cherchais un moyen de repartir sur autre chose mais il me devança. Je penchais la tête en avant, ne répondant pas tout de suite. Non pas que sa question me gênait, la réponse était simple d'ailleurs, mais ma vie n'était pas passionnante, encore moins rigolote. Il allait s'ennuyer, la question serait vite régler. Pourtant, en lui répondant, je lui offris un joli sourire, tout en conservant mon visage face à l'horizon.

-Non... Je le suis devenu ici. Il n'y a pas si longtemps que ça d'ailleurs.

Mais la question n'était pas fini. Un fin sourire étira lentement mes lèvres alors que je l'écoutais. Il mettait vraiment toutes ses forces à changer de conversation. S'intéresser à moi est une manière qu'on ne s'intéresse pas à lui. Je pouvais me tromper, mais à l'entendre, à sentir ses efforts, je me disais qu'il n'aimait pas ça. Il n'aimait pas qu'on lui porte attention, du moins ce genre d'attention. Peut-être est-il du genre solitaire ?

-Il y a des choses contre lesquelles Terrae ne peut rien. J'admets que cela n'a pas été facile! J'avais beau savoir qu'un jour ça arriverait, on n'est jamais vraiment préparé à ça tu sais ? C'est toujours l'inconnu, surtout en étant aveugle, dis-je en rigolant.

Ce n'était peut-être pas drôle, mais ça me détendait. Et puis c'était vrai. Le noir c'est l'inconnu, or c'est mon paysage. Je suis entouré de ténèbres destinées à ne jamais partir. Les gens se laissent parfois briser par cet état de fait, pas moi. J'avais des armes, je n'étais pas seul. Maintenant, j'avais de nombreuses raisons de me battre.

-Et puis, je n'ai pas besoin de voir pour ressentir la magie. Je la sens partout, en moi, autour de moi, en toi aussi d'ailleurs, m'adressais-je à lui en souriant. Cela crée des formes dans mon esprit, je m'imagine des couleurs, des mouvements, beaucoup de choses dont je suis privé maintenant. C'est suffisant pour moi.

J'avais à peine fini mon explication qu'il me posa une nouvelle question. Au ton sérieux qu'il prenait, je devinais que ce n'était pas une question par hasard. Je tournais mon visage vers lui un instant, puis le détournais à nouveau vers l'horizon, face à moi. J'hésitais à être sincère ou à mentir. De quoi a t-il le plus besoin ? A t-il seulement beosin de quelque chose ? Peut-être que quelque soit mon choix, ça ne changera rien pour lui. Ce qu'il veut, c'est surtout que je sois sincère non? Douter...

-Honnêtement, je ne sais pas. Je savais que Terrae ne pouvait pas tout résoudre, je suis d'un naturel optimiste mais réaliste, et je ne m'étais pas créé de rêve autour de l'institut. Pourtant...

Une pensée me contredisait. Un évènement marquant de mon histoire, là où tout avait commencé. Je pris une longue respiration.

-Lors de mon initiation, lorsque j'ai appris que j'étais guérisseur, j'ai ressenti un drôle de sentiment. C'est surement ce que l'on appelle l'espoir. En entendant le mot guérisseur, j'étais pris à imaginer plein de choses, ce que je n'avais jamais fait auparavant. Ce lieu magique, la magie qui m'habite maintenant, elle peut me guérir. Je me suis dis ça un court instant. Tu devines ma déception lorsque Mademoiselle Honda me révéla la vérité.

Je lâchais un petit rire, laissant planer un court silence.

-Mais ça ne s'est plus jamais reproduit. Je ne doute pas de Terrae car je crois vraiment, au fond de moi, qu'elle peut nous apporter beaucoup, du moins plus que ce que l'on a connu.

Je me tournais alors vers lui. Malgré mes paupières fermées, je voulais qu'il sente mon attention sur lui. Une légère brise courru jusqu'à lui.

-Quelque soit le lieu ou l'endroit, on ne sera jamais à l'abri de la douleur ou de la tristesse. Ce serait renoncer à vivre que de renoncer à ses sentiments. C'est comme cela que l'on devient grand, c'est comme ça qu'on devient fort.

Je laissais un nouveau silence s'installer, lui laissant le temps d'assimiler mes paroles. Elles étaient importantes pour moi, même s'il ne voulait pas les entendre, même si ça lui était égal. Après tout, il m'a demandé mon avis. Je penchais alors la tête sur le côté, mon éternel sourire sur les lèvres.

-Et toi ? Que penses-tu de Terrae ?



Hrp : Bravoooooooooo ma titi!!! J'ai appris pour ton diplome, je suis fier de toi <3 Pour te récompenser, je t'offre un pavé, avoue que tu es heureuse <3
Hrp²: Merci pour le vava! Je l'aaaaime aussi!
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Mer 15 Juin 2016 - 18:26
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HRP : Merciiiii !!! J'en reviens tellement pas de l'avoir eu ! En plus j'ai eu de super notes, je suis trop contente en vrai ! Je suis 34ème sur 214, j'en reviens toujours pas je crois XD Et sinon, OUI je suis contente d'avoir un pavé, et je te réponds de suite du coup :D

Terrae... Une magie illusoire. Pourtant, lui qui avait tout perdu, plus que moi -pour une fois que je l'avouais- je le trouvais si fort, si confiant en l'avenir, si confiant envers Terrae. Une Terrae qui offrirait quelque chose d'encore plus fort que ce qui tient à la réalité. C'est ce que je ressentais en l'écoutant, c'était plus ou moins le message qu'il voulait passer. On ne pourrait jamais se séparer de la tristesse ou de la douleur ; sinon comment pourrions-nous ressentir de la joie si nous n'avons rien à quoi a comparer ? Mais Terrae offrait plus que cela. Il fallait parvenir à passer au dessus de ces problèmes qui nous rendaient... humains. Passer au dessus de ces sentiments humains. Dépasser tout ça pour enfin parvenir à comprendre ce que cette force mystique qui habitait Terrae pouvait vraiment nous offrir.
C'était quelque chose de plus qu'une nouvelle maison. Quelque chose de plus qu'une nouvelle vie. Quelque chose qui allait plus loin que la manifestation de nos pouvoirs.
C'était quelque chose que je n'arrivais pas à trouver, et que je ne voulais plus chercher. Quelque chose qui m'échappait. Et je n'avais plus la volonté d'essayer encore.
Cette révélation me fit sourire maladroitement.
Je sentis qu'il me regardait d'une bien étrange façon. Je me tournai légèrement vers lui, m'arrêtant un instant sur ce sourire qui étirait ses lèvres. C'était un sourire si beau, si... libre. Il n'arrêtait jamais de sourire. J'avais l'impression de n'avoir jamais rencontré quelqu'un d'aussi souriant.
Son renvoi de question me tomba dessus comme une pierre. Après ce qu'il avait dit, est-ce que j'avais le droit, moi, d'être honnête ? De lui dire que j'avais arrêté d'y croire, que je restais parce que je n'avais nulle part autre où aller ?
Je soupirai négligemment, me tournant à nouveau vers l'horizon. Je me contentai dans un premier temps de hausser les épaules.

-C'est une question à laquelle je n'ai pas encore trouvé de réponses.

Je baissai les yeux sur mes bras, croisés devant moi sur le rebord.

-Au début j'ai cru que tout était magique ici. Cette belle magie dont on rêve quand on est enfant.


Et puis j'ai réalisé que nous étions des monstres. Que même les plus beaux pouvoirs pouvaient être utilisés à mauvais escient. Qu'un guérisseur pouvait aussi blesser quelqu'un avec sa magie, provoquer un arrêt cardiaque, accentuer douloureusement une coagulation du sang... Le plus innocent des pouvoirs, celui qui nous donne des étoiles dans les yeux, qui nous donne l'impression que les personnes qui ont ces pouvoirs ne pourront rien nous faire, ce pouvoir innocent peut aussi détruire des vies. Les Sonores peuvent nous manipuler tout autant qu'ils peuvent détruire nos tympans. Les Sensitifs peuvent contrôler nos émotions. Les Marionnettistes contrôlent notre corps... Tous les pouvoirs peuvent être détournés. Et tous peuvent détruire chacun d'entre nous.
C'est évidemment sans parler des désillusions. J'étais Etoile. A deux doigts de devenir Master. Je suis redevenu initié. Le grade le plus insultant. Celui en bas de l'échelle. Celui où nos pouvoirs se jouent de nous comme si nous n'étions que des enfants qui apprennent encore à faire du vélo.
Je relevai la tête, fixai le village qui était encore illuminé de quelques enseignes de magasins.

-Je reste à Terrae parce que je n'ai nulle part autre où aller. Mais toute cette lumière, toute cette fantaisie, cet univers fabuleux que tu vois en Terrae, je suis incapable de le voir, et je suis trop désespéré pour continuer à le chercher encore. J'ai perdu espoir.

Je me tournai finalement vers lui, m'appuyant de côté sur la rambarde.

-Ca ne veut pas dire que je suis malheureux. C'est simplement que je n'attends plus rien de Terrae, car je pense qu'elle n'a plus rien à m'offrir. Mais si elle permet de rendre d'autres personnes heureuses, alors c'est tant mieux. C'est le plus important. Elle a été créée pour ça à l'origine...
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Jeu 16 Juin 2016 - 8:38
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Bien qu'il soit silencieux à côté de moi, je percevais son agitation. Ce que j'avais dit le perturber tant que ça ? Peut-être que oui. Je ne le conaissais pas assez, je ne connaissais rien de sa vie et de son histoire, bien que je puisse aisément deviner qu'il avait souffert. Il avait ce ton désenchanté dans la voix de ceux qui ont trop vécu et qui n'ont plus la force de continuer. En l'écoutant parler, je commençais à m'interroger moi aussi. Avais-je déjà été comme ça ? Mes parents avaient-ils eu l'impression que je perdais foi en ce monde ? C'était difficile à dire. J'avais toujours eu le réflexe de dissimuler mes sentiments, mais peut-être n'étais-je pas si bon que ça...
Les paroles d'Allen m'intriguèrent, autant qu'elles m'attristèrent. Je ne savais pas quoi lui dire pour le pousser à croire encore. Je m'étais livré, et peut-être que cette différence d'esprit entre nous le déstabiliser encore plus. Je croyais vraiment en Terrae, pas comme une nfant croit au miracle, mais comme un homme veut croire que telle personne ou tel métier peut changer sa vie.

-Moi je n'avais rien à attendre de la vie à part sa fin. C'est pourquoi j'ai vu Terrae comme une chance inespérée. J'ai pu vivre des choses et rencontrer des gens que je n'aurais jamais rencontrer autrement. Je ne regrette pas ma décision.

Mais là, on parlait de lui. On avait suffisament parler de moi. Mon visage était toujours tourné dans sa direction, je l'avais pas quitté depuis un moment. Sa silhouette fantomatique se découpait dans mon horizon noir, il changeait de posture, de gestes. Je le sentais peu à l'aise sur ce sujet, et en même temps, je sentais que c'était important. Pouvoir exprimer ses émotions, les sortir, les crier, mettre un nom dessus, quoique ce soit... C'était vraiment libérateur.

-Tu es encore jeune Allen! Tu as tout le temps de retrouver cette magie que tu penses perdue. Tu n'es qu'au début de ta vie. Si Terrae ne t'apporte plus rien maintenant, elle ou un ailleurs t'apportera quelque chose un jour à nouveau.

Je gardais toujours le sourire en m'adressant à lui. Il fallait qu'il voit que peut importe la situation, tout irait forcément mieux un jour. C'est lorsque que l'on touche le fond que l'on ne peut plus que remonter.

-Je pense que l'espoir... Est un joueur, dis-je en rigolant. Il préfère t'atteindre quand tu t'y attends le moins.

Je finis par reprendre un air plus serein, conservant malgré tout le sourire.

- Ca viendra ne t'en fais pas. Moi tu sais, j'ai juste eu beaucoup de chance, dis-je avec douceur. Et puis, si tu es là depuis longtemps, tu dois avoir des tas d'amis non ?



Hrp: 34eme ? Badaaaaaaaass, t'es la maitresse de l'année toi!! J'y crois pas que tu m'ais répondu direct xD
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Dim 19 Juin 2016 - 22:42
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HRP : Haha, j'étais chaude ! Et merci, je suis vraiment trop contente, je m'en remets toujours pas, même plusieurs jours après XD

J'écoutais les paroles de Matheo avec un petit sourire. Il était gentil. Ca se voyait à des kilomètres. A l'intonation de sa voix jusqu'à l'aura qu'il dégageait. Il respirait l'espoir, la compassion, le besoin d'être là pour les gens. C'était le genre d'ami qu'on souhaitait ne jamais perdre.
Je n'attendais plus rien de Terrae, mais peut-être qu'un jour je pourrais avoir une belle surprise, qui sait. Je ne suis pas encore prêt à y croire, et je n'en ai de toute façon pas envie, mais la vie est longue et loin d'être terminée, j'aurais encore le temps d'en profiter.
Sa question me fit lâcher un léger rire. Je secouai négativement la tête.

-Pas tant que ça. J'ai des amis, mais je ne connais pas énormément de monde. Je ne suis pas du genre à aller vers les autres, je préfère rester dans ma petite vie, c'est plus simple.

J'ai déjà réussi à dérailler à cause du peu d'amis que j'avais, alors si j'en avais eu plus, j'ose même pas imaginer ce qui aurait pu se passer. Et puis c'est plus facile d'avoir peu d'amis, c'est moins douloureux de décevoir 3 personnes plutôt qu'une dizaine. Ca fait toujours moins de regard posés sur soi qu'on n'arrive pas à affronter.

-Dis-moi... Ta maladie. Tu m'as dit qu'elle était dégénérative. C'est... Dégénératif à quel point ?


Parce qu'il était déjà aveugle... Et pourtant, il le vivait bien. Il était heureux. Il continuait en croire en la vie. Je n'arrivais pas à le comprendre. Je n'aurais jamais pu être à sa place.
Ma question était sans doute déplacée, mais j'avais besoin de la poser. Parce que j'avais besoin de comprendre comment il faisait pour être si fort alors que la vie avait l'air de s'acharner contre lui. J'avais besoin d'entendre de sa bouche qu'il y avait toujours pire en fait... Et qu'il fallait profiter de la vie au jour le jour, qu'il fallait accepter tout ce qu'elle nous donnait, même si l'avenir ne s'annonçait pas toujours aussi beau qu'on le voudrait.
Je lâchai un soupir malgré moi.

-C'est un peu déplacé. Encore... J'suis le roi ce soir. Désolé. Mais je comprends pas comment tu fais pour être si positif.
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Lun 20 Juin 2016 - 18:14
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Je hochais la tête. Je n'étais pas non plus vraiment du genre à aller vers les autres, même si la rencontre de ce soir pouvait laisser entendre le contraire. C'était bien souvent le hasard. Les gens me parlaient ou me répondaient, ou la situation faisait que l'on commençait à mieux se connaître et à créer un lien. Ma mère disait souvent que la vie était un jeu de petits hasards comme ça, et qu'un seul suffisait pour changer sa vie. Terrae avait été le grand hasard de la mienne. Je comprenais ce qu'il ressentait, dans mon isolement de plusieurs années, je m'étais forgé une carapace timide, que je n'ouvrais que difficilement. On disait souvent que c'était facile de parle avec moi, mais on n'avait aucune idée de ce qui se passait dans ma tête. Je me posais tant de questions à chaque fois : est-ce que j'ai bien fait ? Est-ce que je devrais demander ça ? Il ne va pas croire que je me moque de lui ? J'étais un garçon un peu complexé au final je crois...

-Mieux vaut en avoir peu mais sur qui tu peux vraiment compter! C'est important les amis. Je peux témoigner à quel point ça vous change la vie, dis-je en souriant largement.

Une autre question em vint cependant à l'esprit, directement liée à ce qu'il avait dit avant, à ce qu'il venait de dire maintenant. Il m'avait en partie répondu mais... je ne voulais pas deviner le reste. Je voulais entendre de sa propre bouche.

-Et ta vie te plait au moins ?

Il me posa alors la fameuse question. Celle que tout le monde pensait mais ne posait jamais. Lui ne s'embarassait pas de ce genre de retenue qui me pourrissait la vie. Loin de me vexer, cela m'amusait un peu, quoique me surprenait aussi. Je n'avais pas l'habitude que l'on soit aussi direct avec moi. Même Ys me ménageait tout le temps ( enfin, presque tout le temps ) alors sur le coup, je ne sus pas trop comment réagir. Peut-être avais-je tiré une tête bizarre car, avant même je ne puisse répondre, il enchaîna. Un doux sourire apparut sur mon visage. Il en a vraiment trop vu à mon avis, il en a bien marre de ce qui lui tombe sur le coin du nez. Mais j'étais bien décidé à balayer ses doutes et sa gêne. Je laissais un rire s'échapper de mes lèvres.

-Tu sais que tout le monde me fait cette réflexion ? Je n'ai pourtant pas l'impression d'être si positif ou si fort que les gens le pensent. Parfois j'ai l'impression de ne pas connaître le Matheo que les autres voient. Je me vois d'une manière si différente, dis-je d'un ton soudain pensif.

Je n'étais pas brave ou quoique ce soit pour moi. Je ne savais pas comment expliquer. Mais avant de vraiment lui dire ma façon de raisonner, je décidai de répondre à sa première question.

-Je pense que tu connais déjà la réponse, dis-je avec un doux sourire, le visage tourné vers lui. Ma maladie est incurable, je le sais depuis que je suis enfant.

Il n'y avait rien a dire de plus, autant poru lui que pour moi. Je sentais que je le déroutais un peu, car j'étais sûrement différent. J'avais franchi uns tade où il était encore bloqué, mais la vie l'avait voulu ainsi. J'ai connu mon lot de difficulté très jeune, j'ai eu plus de temps que lui pour apprendre à surmonter et à vivre avec. Ce n'était nullement du courage pour moi c'était...

-... De l'instinct de survie. Il n'y a rien de positif chez moi, pas vraiment du moins, nuançais-je en souriant. Tu sais, je suis toujours inquiet de ce que les gens peuvent penser, de vexer les autres ou encore de les blesser en disant quelque chose qu'il ne faut pas!

Je sais que ce n'était pas vraiment là où il voulait en venir. Mais j'y venais. A ma manière. Le temps que les choses se fassent dans mon esprit.

- Dans la vie, il y arrive toujours un moment où l'on ne peut que remonter. Cela semble cliché je sais, c'est pourtant vrai. J'avais atteint le fond du fond étant enfant. J'en pleuré tous les jours dans ma chambre en cachette de mes parents, je criais de toutes mes forces quand j'étais seul à la maison... J'ai mis un temps infini à accepter. Et puis je me suis dit que c'était aussi une chance, une chance de pouvoir voir le monde autrement, de l'apprécier à sa juste valeur. De voir le monde et les gens comme s'ils étaient éphémères et donc vraiment importants. Peu importe ce qu'il se passe, l'important pour moi c'est qu'au moment de m'endormir, lorsque le soleil se lève, je puisse me dire : " Au fond, j'ai de la chance car j'ai vraiment une belle vie" .

J'ouvris alors les bras en grand, comme pour embrasser l'univers entier. Mes pieds décollèrent de quelques centimètres du sol, jusqu'à qu'une légère brise fouette mon visage. Je n'étais pas loin de la terre ferme, je percevais l'énergie hésitante d'Allen en dessous de moi, mais si proche. Je penchais la tête.

-J'ai rencontré des gens fabuleux, des gens que je peux appeler mes amis ce qui ne m'était jamais arriver. J'ai des pouvoirs, des pouvoirs! Je peux m'envoler dans le ciel, je peux créer des tornades et soigner les blessés. Je peux défendre mes amis. Je suis entouré de personne incroyables qui m'ont fait avancer plus que je ne l'aurai jamais imaginer. Ma joie de vivre c'est à eux que je la dois, car elle me vient d'eux.

Je me posais enfin. J'avais décollé sans m'en rendre vraiment compte, un peu emballé sans doute par mon discours. Je penchais alors la tête sur le côté, lui offrant un grand sourire.

-Même toi tu fais parti de mon monde à présent. C'est le privilège des aveugles, ajoutais-je en rigolant.

Une fois calmé, je m'accoudais à la rembarde à mon tour, laissant les rayons de lune me caressait le visage. Vous savez, on croit qu'il n'y a que le soleil qui peut se faire sentir sur notre peau mais c'est faux. Lorsque l'on est suffisament sensible, et à l'écoute, alors la lune peut vous faire exactement le même effet. De même pour les étoiles.
Je laissais un petit silence s'installer entre nous, que je brisais un peu à regret mais je sentais que ça devenait nécessaire.

-Penses-tu que je sois trop crédule?


Hrp: Tu m'étonnes! C'est génial! Désolé, j'ai été inspiré du coup je t'ai fais un gros pavé niaiseux à souhait --" Je t'aime, Allen me rend trop triste <3
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Mer 22 Juin 2016 - 17:19
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HRP : Pas de souci pour le pavé :D Et puis faut arrêter d'avoir de la peine pour Allen roh D: Aa-chan est pareil en ce moment xD Moi je l'aime bien comme ça :3

Incurable. C'était horrible à entendre, d'autant que je ne le connaissais pas. Ses paroles pourtant avaient un effet encore plus douloureux, parce qu'il parlait avec une voix presque... Heureuse. Il l'avait accepté, c'était ainsi. Il était comme ça et rien n'y changerait rien. Il fallait simplement en profiter au maximum.
J'écoutais ses paroles d'une oreille distraite, perturbé par son caractère si enjoué et si encourageant. Mitsuki m'avait dit la même chose, lorsqu'elle m'avait expliqué que sa greffe raccourcissait sa vie à chaque fois qu'elle l'utilisait. Ce n'était pas encore exactement pareil, puisque lui ne pouvait pas contrôler sa maladie, et il n'avait d'autre choix que de continuer à vivre normalement jusqu'au jour où ça s'empirerait encore. Et puis Mitsuki ne risquait pas de vivre d'effets secondaires, comme la perte de la vision et tout ce qui va avec. Pourtant, je ne pouvais m'empêcher de les comparer, car d'une certaine façon, tous deux savaient que ça allait arriver, et pourtant il le vivait bien.
On dit toujours que ce sont ceux qui ont vécu le plus de choses, ceux qui ont le plus souffert, d'autres diront dans cette lancée que ce sont aussi ceux qui ont le moins de choses pour eux qui sont comme ça. Plein de vie, ne se plaignant jamais. Je ne le comprends pas. Probablement parce que je n'ai pas vécu autant de choses qu'eux. J'veux dire, on m'a jamais dit que j'étais mourant ou quoi. Peut-être que c'est pour ça que je ne comprends pas. Toujours était-il que ça me perturbait.
Sa question me fit relever les yeux vers lui. C'était la première fois qu'il me posait une question où il me demandait d'être franc avec lui. Je lâchai un léger soupir, malgré moi, n'étant pas très à l'aise. Je ne voulais pas ne pas répondre, mais être franc n'allait peut-être pas lui faire plaisir. Cela étant, il avait aussi l'air de ne jamais se vexer... Aussi décidai-je de choisir la vérité.

-Pour être honnête avec toi... Je trouve, ouais. Tu es... Trop gentil. Tu penses trop aux autres alors que c'est toi qui a la pire vie entre tous. Tu es à l'écoute, tu t'es même inquiété pour moi alors que tu ne me connais pas ! Je ne comprends pas pourquoi tu agis comme ça. Tu sais que tu risques peut-être de ne pas vivre très longtemps, et pourtant, tu le vis bien, tu agis comme si tout était normal. C'est quelque chose que je serais incapable de faire. J'en voudrais à la Terre entière, puis après à tous les gens qui peuplent cette Terre. Je serais jaloux d'eux, parce qu'ils ont la chance d'avoir ce que je n'ai pas... Enfin, je sais pas, je ne pourrais pas être aussi gentil que toi.

Je me tournai vers lui, un peu maladroit.

-J'ai une amie qui est un peu comme toi. Ma meilleure amie en fait. Bon, c'est un peu différent, elle ne risque pas de perdre la vue ou quoi que ce soit, mais... Enfin, c'est pas vraiment une maladie. Mais chaque fois qu'elle n'agit pas comme il le faudrait, disons ça comme ça, elle raccourcit sa vie. Et j'ai l'impression que ça ne lui fait rien. Elle pense aux autres avant de penser à elle, comme avant. Elle n'a rien changé dans son comportement ; elle préfère protéger des personnes en raccourcissant sa vie qu'en les laissant se faire blesser pour garder sa vie sauve. Je sais que c'est... Bien. C'est ce qu'on idéalise dans tous les films. Il faut penser aux autres avant soi-même, être capable de se laisser de côté etc. Mais dans les films et dans la vraie vie c'est différent. C'est sans doute égoïste de dire ça, mais moi je ne peux pas le faire. J'arrive pas à toujours laisser les autres passer avant moi : parfois j'ai besoin que ce soit moi qui passe en premier, parce que je trouve que je le mérite, je trouve que j'en ai plus besoin qu'eux... J'sais que j'passe pour un con à dire ça, mais bon...

C'est la vérité. Aussi amère soit-elle. Si je n'étais pas si égoïste, je n'aurais jamais sombré dans l'alcoolisme.

-Je pourrais pas me dire les mêmes choses que toi en fait. J'en suis incapable.
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Sam 25 Juin 2016 - 15:07
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Hrp: J'ai adoré ta réponse! Franchement je trouve ça tellement réaliste et ça colle trop à Allen <3

J'avais parlé pendant un long moment et, avant de lui demander sona vis, j'avais réfléchis moi aussi, à mes paroles, à leur impact. J'avais bien compris que nous étions différents, mais au fond, je ne trouvais pas ça si flagrant. Nous avions tous les deux connus notre lot de souffrance, nous avions tous les deux une croix à porter... Il n'a peut-être juste pas encore le recul nécessaire pour avoir l'énergie de porter sa croix. Les gens me prenaient pour une sorte de super héros, ce qui n'était absolumment pas le cas. Comment je le lui avais expliqué, je ne comprenais comment les gens pouvaient voir ça en moi. Je ne me sentais pas si différents. Je pense que tout le monde dans ma situation réagit pareil.

La suite fut plus directe. Il répondit à ma question avec sincérité, ce que j'appréciais énormément. J'avais besoin de connaître l'avis de quelqu'un qui ne mâchait pas ses mots, qui ne chercherait pas vraiment à m'épargner. Ce fut le cas. Il ne comprenait vraiment pas ma manière d'être et cela impliquait de critiquer son propre focntionnement. Je me contentais de garder le silence, fronçant les sourcils pa rmoment. Je comprends mieux ce qui se trame dans sa petite tête. Qu'il le croie ou non, nous sommes assez semblables. Nos façons de penser divergent, mais nous agissons d'une manière assez similaire. Il s'inquiétait pour moi lui aussi, il cherchait à me comprendre tout comme je cherchais à le comprendre. Je voulais lui faire voir les choses autrement comme lui voulait me montrer d'autres façon de se comporter. Nous poursuivions toujours un même but, ce n'était pas si différent au fond.

-Je suis comme ça...

C'était simple comme réponse, pas vraiment approprié non plus mais c'était la première chose qui m'était venue à l'esprit. Je m'étais rarement ouvert à des étrangers directement, je préférais attendre d eme lier avec eux pour qu'il me connaissent bien, pour ne pas les effrayer. Mais Allen était différent, dans un sens, j'avais l'impression de l'avoir déjà rencontré, qu'on tissait déjà quelque chose. Même sans vouloir me parler de lui, il le faisait quand même, il m'ouvrait son coeur et son esprit. Nous partagions déjà des choses intimes, que l'on ne confie pas forcément au premier venu. Lui seul pouvait s'aider, et je ne savais pas si j'en étais capable moi même. Mais je voulais qu'il comprenne, qu'il ME comprenne.

-Tu crois que lorsque j'ai appris ma maladie j'ai bien réagit ? J'étais un enfant, bien sûr que j'en voulais au monde entier ! Je n'ai pas été toujours ainsi. Mais le temps et le recul nous permettent de changer... De voir les choses autrement.

Comme il était tourné vers moi, je changeais à mon tour ma posture. Je lui faisais face, et je souhaitais qu'il ne se détourne pas.

-Nous sommes ce que nous sommes Allen. Tu appelles ton attitude être égoïste, j'appelle cela être humain. Tu me trouves trop gentil, je pense que je suis normal. Personne n'est l'égal de personne parce que nous sommes tous uniques! Ca ne sert à rien de se comparer... juste à se rendre triste, dis-je avec douceur.

Un léger sourire éclaira mon visage à nouveau. Je ne lui faisais pas la leçon, loin de là. Je voulais vraiment le sortir de sa prison mentale, une sorte de barrière qu'il s'infligeait seul.

-Je ne te connais pas, c'est vrai, mais je n'ai pas besoin de ça pour savoir que tu es quelqu'un de bien. Le ton de ta voix, tes paroles, ta façon de bouger, l'énergie que tu dégages... ça ne trompe pas.

Puis, poussé par ce que je disais, je franchis l'interdit, sans m'en rendre compte. Je posais mes deux mains sur les épaules d'Allen. Il était plus grand que moi mais ça m'importait peu.

-Aucune attitude ou pensée n'est meilleure qu'une autre, toutes se vallent! Tu es ce que tu es et c'est très bien comme ça. Ton amie agit comme elle pense devoir agir, à ce titre-là, peux-tu vraiment lui reprocher d'être trop gentille ?

Je m'éloigner à nouveau, reculant de quelques pas. Je me rendis compte que je l'avais peut-être trop approché et qu'il devait se sentir mal à l'aise. Je secouai légèrement la tête. Je me tournais à nouveua vers l'horzon, laissant le vent nocturne rafraîchir mon visage.

-Il n'y a rien de mal à commettre des erreurs ou faire ce qui nous semble juste. Si j'ai bien appris une chose, c'est que nous n'avons qu'une vie, elle est précieuse... alors il faut la vivre comme on l'entend. Aider les autres à pouvoir appréhender leur vie autrement, est-ce si crédule que ça ? demandais-je en souriant.

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Sam 25 Juin 2016 - 16:54
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HRP : Voui j'aime bien aussi mon petit Allen qui est encore plus direct et réaliste depuis qu'il est revenu de cure ! (par contre en me relisant j'ai remarqué qu'il y avait des erreurs partout dans mon post précédent, je suis désolée T_T)

Le temps et le recul. Il était si jeune... Comment avait-il pu avoir le temps d'accepter ça ?
J'étais humain. Pas égoïste. Alors dans ce cas, qu'était-il, lui ? Car visiblement, il ne réagissait pas comme moi. Il l'avait fait, c'est en tout cas ce qu'il me disait, mais il n'empêche qu'il n'était plus comme ça. Il s'était assagi... Il l'avait accepté. Et était passé au stade supérieur. Celui de héros, en gros. Un truc dans le genre, ouais... Ce rôle si adoré dans les films.
Je souris malgré moi, un peu par ironie, lorsqu'il me dit que même sans me connaître, il me considérait comme quelqu'un de bien. Je ne dis pas être quelqu'un de mauvais : jamais il ne me viendrait à l'idée d'aller faire du mal à quelqu'un sans raison, ou que sais-je encore qu'on pourrait qualifier de "méchant". Mais toujours en était-il que je ne me considérais pas non plus comme quelqu'un de bien. J'étais plutôt quelqu'un de "neutre". Qui se contentait d'attendre que les choses se passent sans rien faire pour les changer.
Je fus pris de court quand il me saisit par les épaules et je sentis les muscles de mon corps se tendre immédiatement à ce contact. Un frisson me remonta le long de la colonne vertébrale et j'ancrai mon regard un peu perturbé dans le sien, vide. Vide, et, paradoxalement, brillant d'un éclat indescriptible.
Il se recula et je poussai un léger soupir de soulagement. Sa dernière question laissa mes pensées en suspens. Etait-ce si crédule, en soi ? N'avions-nous pas besoin de ces gens-là ? Si personne ne pensait aux autres, la vie serait bien plus compliquée, je pense... Il n'avait pas tort, pour le coup. Etait-ce donc crédule ? La question, formulée ainsi, offrait une autre réponse. Ca ne l'était plus. Ce que je trouvais fou, c'était de penser aux autres alors que ses conditions physiques auraient dû le pousser à se concentrer sur lui uniquement. Ca, c'était crédule. Mais si personne ne pensait jamais aux autres ? La race humaine n'aurait probablement pas pu prospérer si longtemps. Les médecins, les sages-femmes, les psychologues ; tous ceux qui travaillaient pour aider les autres sauvaient de nombreuses vies. Sans eux, sans Mitsuki, sans Aoi, je serais probablement mort d'un cancer du foie ou d'une autre connerie que j'aurais récupérée à cause de tout cet alcool que j'ingurgitais chaque jour.

-C'est crédule lorsque tu offres énormément alors que c'est toi qui le mérite...

Je soupirai. Il n'avait pas si tort, dans le fond, hein.

-Mais malgré tout... Oui, je le lui reproche. Je pense que c'est quelque chose qui restera et je ne pourrais rien faire contre ; je dois me contenter d'accepter ces sentiments et de continuer à l'apprécier pour toutes les autres choses qui font d'elle qui elle est. Sauf que quand elle sera partie, moi elle ne m'aura pas sauvé, et je vivrais avec sa mort jusqu'à ma fin à moi.


Je sentis une boule se former dans mon estomac. Je n'avais jamais bien pris conscience de ce que tout ça impliquait. Au début, je l'avais vu comme un monstre : qui peut survivre à tout ? Qui peut prétendre être immortel ? Pouvoir exploser avec un missile sans craindre d'y perdre la vie ? Pourtant, outre cet aspect de sa greffe qui m'effrayait tant, il y avait autre chose encore : c'était la mort qui se rapprochait à chaque fois qu'elle l'utilisait. Et lorsqu'elle ne serait plus là, moi, je serais seul. Elle aura sauvé des gens, elle aura préservé des vies, mais moi je serais anéanti, et elle ne sera plus là pour me tenir la main et me dire que tout se passera bien, comme elle l'avait fait à mon retour de cure.
Je sentis mes yeux s'humidifier malgré moi tandis que je prenais pleinement conscience de cette réalité.

-Je sais qu'une fois encore, c'est égoïste de penser comme ça. Tu vas me dire que c'est humain... Mais lorsque des gens de notre entourage sont condamnés, et lorsque ces personnes-mêmes ont accepté leur sort, ceux qui en souffrent le plus sont leur entourage. Parce que quand ces personnes ne seront plus là, nous serons seuls, et nous n'aurons que nos yeux pour pleurer. On passera notre temps à se dire qu'on n'a pas fait suffisamment attention, qu'on aurait pu éviter ça, ou repousser l'instant le plus loin possible, sauf que ce sera trop tard.


Je tapai du poing sur la barrière qui encadrait le toit, et tentai vainement d'expirer lentement pour me calmer.

-Et en même temps, c'est un cercle vicieux, parce que quoi ? Faudrait que les gens comme toi, comme elle, ne voient plus personne ? Ne se lient plus d'amitié ? Parce que quand ils partiront, eux, ils seront bien, mais toutes leurs connaissances en pâtiront ? C'est encore plus affreux. Parce que je ne peux pas imaginer vivre à votre place, à ta place, savoir que je suis condamné, mais devoir continuer pourtant à avancer, seul, parce que si je m'accroche à quelqu'un, il risquera de sombrer peut-être encore plus que moi.

Je soupirai, las de cette réalité que me frappait et que je ne voulais pas accepter.

-Tu vois, c'est pour ça que je ne crois plus en Terrae. Parce que Terrae n'empêche rien, elle ne ralentit rien non plus, elle croit nous offrir beaucoup alors qu'elle nous détruit encore plus en détruisant tous nos espoirs.


Une larme coula sur ma joue, sans que je ne m'y attende vraiment, et je l'essuyai avec rage, revenant glisser mes mains dans mes poches après avoir reculé de quelques pas, m'éloignant du bord du toit.

-J'suis vraiment qu'un con, hein ?
lâchai-je, en colère après moi-même.

Ouais. J'étais qu'un con. Parce que je venais de dire des choses blessantes, de décharger ma haine sur lui, tout ça alors qu'il n'en méritait rien.
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Merci Aa-chan ♥
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Sam 25 Juin 2016 - 18:48
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Je baissais la tête vers le sol. Je n'étais pas vexé ou quoique ce soit, mais je réfléchissais à ce qu'il venait de dire. Penser plus aux autres qu'à soi ? Etais-je vraiment comme ça ? Cela me rend t-il vraiment crédule ? Je ne comprenais... Qu'y avait-il de mal à se soucier des autres ? Je n'avais pas l'impression de passer au second plan. Mais le fait qu'il ne soit pas le seul à me le dire me turlupinait, que voulaient dire tous ces gens ?
Je relevais mon visage bien vite, animé d'un tout autre sentiment. Ce qu'il évoque... Je l'avais ressenti, mais ça il ne le savait pas. Je hochais la tête discrètement, parce que j'étais d'accord avec lui au fond. Mais comment je pourrais lui dire ? Comment pourrais-je apaiser cette rage qui sommeille en lui ? Parce que oui, depuis tout à l'heure, je sentais un certain ressentimeent, une profonde tristesse ancrée en lui qui ne demandait qu'à sortir. Au fur et à mesure que nous discutions, il se tendait de plus en plus, il montrait de plus en plus son incompréhension. Un sourire triste étira mes lèvres. Ce garçon était le plus humain de tous. Il avait une peur que je connaissais bien : l'abandon. Il craignait la tristesse, il craignait la souffrance, il n'en voulait plus dans sa vie. Comment quelqu'un pourrait-il lui reprocher cela ? J'avais mal pour lui, car j'avais eu mal aussi, de la même manière. On ne lutte pas facilement contre ça. Mais je ne voulais pas l'abandonenr, je ne voulais qu'il reste sur des idées aussi néagtives. Je voulais lutter avec lui, pour lui! Je voulais lui montrer que le monde n'était pas si sombre. Je me taisais. Il avait raison au fond. Je le savais. Comment pouvais-je répondre à ça ?
Je restai silencieux un long moment, l'écoutant sortir tout ce qu'il avait sur le coeur, se soulageait enfin de tout ce qui pesait depuis trop longtemps en lui. Il avait gardé tout ça pour lui ... Il était temps que ça sorte. Je le comprenais encore mieux maintenant. Je voyais le fond de son coeur. Il se livrait enfin un peu.
Je le sentis s'éloigner. Je le suivis d'un mouvement de tête.

-Allen...

J'hésitais à le suivre. Je fis un pas, un seul, avant de revenir à ma position initiale. Je me tournais de nouveau vers l'horizon, lui tournant ainsi le dos. Un long silence débuta. Je n'osais pas dire quelque chose et en même temps, je savais que je devais intervenir. Je le sentais. C'était le moment. Mais que dire ? Au fond de moi, une boule se formait, me vrillant l'estomac comme si j'avais le trac. Pourquoi je ressentais ça maintenant ? Je posais délicatement ma main sur mon ventre, inspirant profondément pour retrouver ma sérénité.

-Je sais ce que tu éprouves.

Les mots jaillirent sans que je puisse les retenir.

-La raison de ma venue à Terrae, c'est parce que j'ai perdu ma soeur. Elle était géniale tu sais, elle avait des goûts variés, s'excitait toujours pour un rien et c'était une remarquable étudiante. Elle se disputait tout le temps à cause de mes parents, souvent à cause de moi d'ailleurs. Comme toi, elle se disait que j'étais trop protégé, trop crédule sur le monde et qu'il fallait que je fasse mes propres expériences. Elle était comme ça, toujours à me pousser...

Je me tus un instant. Je n'avais pas raviver les souvenirs de ma soeur depuis si longtemps. Pour ne pas souffrir, je l'avais enfouie au fond de moi, la laissant me guider secrètement. J'aimais me rappeler d'elle par moment, pour me donenr de la force, pour rire un peu aussi parfois face à certains souvenirs. Pourtant, j'en parlais rarement, encore moins autant.

-Lorsqu'elle est morte, j'ai eu l'impression de perdre une partie de moi. Comme si un organe de mon corps était mort en même temps et ne pourrait jamais être remplacé. Un immense vide m'a saisi mais je n'y croyais pas, c'était comme dans un rêve. C'était irréel pour moi. Lorsque la réalité m'a rattrapé, j'étais à Terrae, sans mes parents, et j'ai réalisé alors que j'étais seul au monde.

Ma voix, jusqu'à présent posée, se fendit légèrement à ce moment-là. Je n'avais jamais confié cela à personne. Je n'avais jamais parlé de mon premier jour à Terrae, la nuit de mon arrivée. J'avais erré dans ce parc en réfléchissant longtemps, avant d'être rejoint par Aoi.

-Mais tu as raison. Ce n'est pas une raison pour ne pas nouer de lien avec les gens. Si l'on se condamne à rester seul, à quoi bon vivre finalement ? Je ne me préoccupe pas des autres car je place leur bonheur avant le mien, mais tout simplement parce qu'ils contribuent au mien également.

Je me laissais glisser en position assise, mon postérieur en appui sur mes chevilles. Je n'avais toujours pas bougé depuis tout à l'heure.

-On ne peut pas éviter les regrets, ni la souffrance, ni la tristesse... On ne peut que choisir de se laisser consummer ou de l'accepter. C'est ainsi que je vois la vie.

Je tournais ma tête vers l'arrière, bien que je n'en ai pas besoin pour le situer et observer son énergie. Mais je voulais qu'il sente que j'étais toujours bien présent avec lui, que mon regard, aussi mort soit-il, se posait toujours sur lui. Je ne l'oubliais pas, loin de là, je parlais pour lui. Allen... je ne voulais tellement pas qu'il souffre à ce point. J'aurais voulu prendre toute sa peine avec moi. Je comprenais toute cette rancoeur qu'il avait contre Terrae, et je ne savais pas quoi dire. Pas pour l'instant. Pas encore.

- Non, tu n'es pas "con" comme tu dis. Tu cherches des réponses c'est tout.

Cela aussi c'était humain, mais je préférais ne pas le répéter pour ne pas le mettre en colère. Je ne voulais pas qu'il se sente oppressé ou raviver en lui de mauvaise chose, car j'avais l'impression que ma tentative de le déculpabiliser en lui disant qu'il était humain, avait eut l'effet inverse. Je pris uen nouvelle inspiration, avant de pousser un long soupir.

-Je n'ai pas de réponses à t'apporter. Pas encore. Mais laisse-moi y réfléchir tu veux ? Et un jour, je te promets de te dire ce que j'aurai trouver, proposais-je avec douceur.


Hrp: Arfzufbuzefurburgb j'aime ce rp <3 ( même si taper ce genre de post me fait limite déprimer devant mon ordi xD )
Hrp² : Des erreurs ? J'avais même pas remarqué xD Par contre moi... elles sont remarquables!
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A l'ombre de la lune. (Pv : Matheo)

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